"Park" : JO Future

Premiers Plans – Longs métrages européens en compétition #4


Rédigé par Katia ECHIVARD - Angers, le Jeudi 26 Janvier 2017 à 08:15


Quatrième long métrage européen de la sélection officielle, "Park" de Sofia Exarchou était présenté mardi soir à Premiers Plans. Prix du meilleur film au festival de San Sebastian, cette réalisation grecque dresse le portrait d'une jeunesse athénienne fauchée par la crise.



"Park" : JO Future
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Avant la projection mardi soir, Sofia Exarchou avait pris soin de prévenir le public angevin : Park n'est pas un film documentaire. La cinéaste dit l'avoir construit autour d'une question : que se passe t-il si on livre un village olympique abandonné à des jeunes ? Une question qui se charge de sens et de symboles, quand on précise que le complexe sportif n'est autre que celui des JO d'Athènes de 2004. Dernière illusion collective de grandeur de la Grèce avant la crise.

Désaffectés, les lieux sont devenus le repère d'un groupe de garçons livrés à eux mêmes. Entre bagarres, jeux et désoeuvrement, chacun erre dans ces lieux sans vie, et sans véritable horizon, à commencer par Dimitri qui tente d'apprivoiser sa liberté, entouré d'Anna, sa petite amie et de son chien, Aris.

Symboles encore. En abandonnant les lieux olympiques, la Grèce semble avoir fait disparaître les valeurs des jeux. Là où tout était censé incarner l'esprit de cohésion, l'effort et le respect, l'anarchie et la violence ont pris le dessus. Dans ce décor désert, de nouveaux jeux apparaissent. Des jeux d'enfants, presque naïfs au début, mais qui deviennent vite sans pitié.

Park, c'est aussi le récit d'une lutte, à la fois spectre d'une discipline olympique et métaphore sociale

La liberté a ses revers. Sans repères et insouciants, ces jeunes cherchent à appartenir à quelque chose. Mais dans leur monde quasi sauvage, la futilité domine. Constat pessimiste de la situation des jeunes de banlieues portés par des personnages pervertis. Ces adolescents font vaguement penser à ceux du film 1,2,3 soleil de Bertrand Blier, où les jeux aux allures enfantines devenaient vite très adultes.


Dans Park, la cassure générationnelle est flagrante. Le scénario qui fixe son attention sur Dimitri, dévoile la difficulté de ses rapports aux adultes. La haine qu'il ressent à leur endroit monte crescendo ; il déverse sa colère sur ceux qu'il croise, souvent furtivement. Car les adultes sont presque absents. Les seuls que l'on aperçoit sont dépravés et infantilisés.

Park, c'est aussi le récit d'une lutte, à la fois spectre d'une discipline olympique et métaphore sociale : entre bagarres et contacts physiques, on se bat pour s'en sortir. Rares, les moments de quiétude s'ouvrent lorsque les corps, fatigués, sont bercés par l'eau, telle une renaissance. Portrait d'une génération perdue, Park dévoile la nouvelle réalité des enjeux qui l'attendent : il faut être plus combatif pour réussir à donner un sens à sa vie.














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