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Portrait

Pascal Rabaté jongle entre la bande dessinée et le cinéma


Rédigé par - le 2 Août 2009 à 10:01


Depuis le 20 juillet et jusqu’au 30 août, Pascal Rabaté et son équipe ont posé leurs valises à Mazé, pour le tournage des Petits ruisseaux, adapté de la bande dessinée du même nom.



Pascal Rabaté, scénariste et réalisateur du film Les petits ruisseaux, tourné principalement à Mazé
Pascal Rabaté, scénariste et réalisateur du film Les petits ruisseaux, tourné principalement à Mazé
Des Beaux Arts aux Petits ruisseaux
Ancien élève des Beaux Arts d’Angers, Pascal Rabaté se lance dans la bande dessinée il y a une vingtaine d’année. Son album Ibicus, adaptation du roman Ibycus d’Alexei Tolstoï, le pousse sur le devant de la scène en obtenant le prix du meilleur album 2000, au festival d'Angoulême.

En 2003, la Ville de Mazé créé l’exposition Traits Portraits et lui propose d’en être le premier résident. Bien accueilli par le public, cet événement lui permet d’avancer sur l’album qu’il prépare. « J’avais envie de parler des amours du troisième âge. Un sujet encore tabou, dont on parle peu. J’avais déjà le personnage de mon petit vieux, mais pas le lieu. Et là, je me suis dit, tiens, pourquoi pas à Mazé ? »

L’histoire des Petits ruisseaux prend forme et l’album sort au printemps 2006, avec un très bon accueil des lecteurs et de la presse.


Scénariste et réalisateur
Fin 2006, des producteurs contactent Pascal Rabaté pour une adaptation cinématographique de son histoire, « Les petits ruisseaux », et lui proposent d’en écrire le scénario.
A son actif, il a déjà réalisé quelques courts et un moyen métrage d’un peu plus d’une heure. Eté 2007, une fois le scénario terminé, les producteurs lui proposent la réalisation complète du long métrage. « Je leur ai répondu qu’il fallait que je réfléchisse, et quelques minutes après j’ai dit oui ! » Une fois les financements trouvés, la grande aventure commence, en avril 2009.
« C’est un rêve qui devient réalité. Je me retrouve à réaliser mon premier long métrage, avec une équipe de 30 personnes qui est extra. Même si on court après le temps, c’est vraiment enthousiasmant ! »

A travers champs, l’équipe du film tourne quelques scènes
A travers champs, l’équipe du film tourne quelques scènes
L’histoire
Le personnage principal du film, Emile (ndlr : joué par Daniel Prévost), veuf septuagénaire, coule des jours paisibles dans un village en bord de Loire et pêche régulièrement avec son ami Edmond. Mais un jour, Edmond meurt subitement, après lui avoir révélé une face cachée de sa vie amoureuse. Déboussolé, Emile décide alors de faire un dernier pèlerinage, en retournant sur les lieux de son enfance où il redécouvre des envies et des plaisirs enfouis, du temps de l’enfance, de l’adolescence.


Un art de vivre, loin de la grande ville
« Mon personnage est plus dans le contemplatif que dans l’actif : il pêche, regarde les oiseaux. Originaire de Touraine, mes parents tenaient un commerce d’articles de pêche, à Langeais. Sans doute l’explication de la présence des scènes de pêche sur les bords de Loire. »
Emile, modeste, mais pas inculte pour autant, choisi de vivre à sa vitesse, dans un petit village de la campagne angevine. Il conduit sa voiturette sans permis, une Mini Comtesse orange vif, « un point de couleur qui se déplace dans le paysage ». Pascal Rabaté est fasciné par ces voitures depuis très longtemps. « Elles sont à la fois ridicules, touchantes et modernes. Déjà en soi, elles racontent une histoire, pas forcément heureuse d’ailleurs. »


Le tournage
Les petits ruisseaux, c’est une histoire dramatique et une leçon de vie, loin de la frime. « Je choisi de retranscrire des petits moments de poésie, authentique, le plus proche possible de la réalité. Je veux garder l’effet naturel des personnages : pas de trucage sur le maquillage, les costumes. Je filme les paysages en largeur, les personnages en entier et pas seulement les visages en cadrage serré. »
Des habitants de la rue principale se sont retrouvés au cœur du projet : leur maison sert de décor pour la maison d’Emile, une autre pour celle d’Edmond. Une expérience originale.

« Nous avons reçu un très bon accueil à Mazé. Il y a un échange avec les figurants et la Mairie est très actrice du projet. Reste la météo, qui joue des siennes, mais globalement, ça se passe bien ! »
Basé presque totalement à Mazé, l’équipe du film fera une halte sur Angers après le 15 août, pour y tourner quelques scènes.

Alors, ouvrez l’œil, et vous verrez peut-être la voiturette orange d’Emile !


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