Pascal Rophé, bras armé des chefs-d’œuvre


Rédigé par - Angers, le Jeudi 27 Novembre 2014 à 06:30


Directeur musical de l’ONPL depuis un peu plus d'un an, Pascal Rophé n’est pas que le compagnon de route privilégié des grands compositeurs contemporains. Entré en musique par hasard et sur le tard, il trace depuis un sillon impeccable dans le petit monde du classique. Un passionné, au premier chef, qui dirigera samedi et dimanche, entre autres "La symphonie romantique" de Debussy et Jarrell et la soprano Véronique Gens sur du Mahler.



Pascal Rophé dirigera l'ONPL, au Centre des congrès, samedi et dimanche soir.
Pascal Rophé dirigera l'ONPL, au Centre des congrès, samedi et dimanche soir.
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« Levée de 105, j’aimerais moins fort et plus de crescendo » ; « Il faut quand même que cette fin soit plus précise que ça ! »… Dans la chaleur étouffante de la salle Pierre Dervaux, à Angers, quelques heures seulement avant le premier concert de la saison, Pascal Rophé ne laisse rien passer. « C’est un diplomate, avec un niveau d’exigence très élevé », dit de lui Malik Vrancken, directeur de production à l’Orchestre philarmonique royal de Liège (OPRL).  « Bras exact, oreille au laser », imagent à leur manière son ami et compositeur Pascal Dusapin et Jean-Luc Votano, clarinettiste solo de l’OPRL.

Pourtant, résumer Rophé à sa « technique béton » (Dusapin, encore) ou à son oreille absolue –« c’est le cas d’un tiers de la population française », balaie-t-il d’un mot- serait injuste. Et absurde. On ne devient pas un « compagnon de route » parmi les plus respectés de la musique contemporaine en étant un simple technicien.
« J’amène ce que je suis, et personne d’autre n’est moi. Il s’agit de donner le meilleur de soi-même et d’obtenir le meilleur du groupe », avance Pascal Rophé, qui se définit volontiers comme un « artisan d’art au service de chefs d’œuvre. On ne construit pas des aspirateurs ! », tranche-t-il enfin.

"Il n'a pas d'ego mal placé. C'est quelqu'un que l'on peut sans cesse réinquiéter." Pascal Dusapin


De Dervaux à Axelrod, en passant par Soustrot ou Soudant, le violoniste Jean-Louis Duchênes a vu passer quelques chefs au pupitre de l’ONPL. Il trouve en ce nouveau directeur un homme « respectueux de l’orchestre, et déterminé ». Pour sa première programmation à la tête de l’ONPL, Pascal Rophé a choisi de « poser les fondations » de sa rencontre avec les musicien et le public ligérien. « Je sais faire travailler un orchestre, quelle direction prendre », complète-t-il. Certains y verraient une pointe d’arrogance. « Il n’a aucun ego mal placé », affirme Pascal Dusapin. « C’est quelqu’un que l’on peut sans cesse réinquiéter ».

Une histoire de rencontres et de militance

Plus sûrement, Pascal Rophé a la détermination et la passion de ceux qui ont été à deux doigts de passer à côté de leur carrière. « Je suis issu d’une famille bourgeoise parisienne, d’absolus non-musiciens », s’amuse-t-il aujourd’hui. « Les seuls disques qu’il y avait à la maison étaient les discours du Général de Gaulle ». La « révélation » arrivera finalement très tard, grâce à la… flûte à bec ! « Je jouais Bach, le Prélude de « Jésus, que ma joie demeure » en boucle". A 14 ans, il débute la flûte traversière. « J’ai eu deux chances : mes parents avaient les moyens de me payer une école privée et je suis tombé sur un bon prof, qui aimait son métier », explique Pascal Rophé.

La première d’une série de rencontres qui façonneront peu à peu l’itinéraire de ce grand féru de peinture flamande. L’adolescent est doué –il effacera en quelques mois son déficit de solfège- mais se dit surtout « gros bosseur. « Je n’ai pas, un jour, décidé d’être chef d’orchestre. A 19 ans, je me lassais du côté un peu monotone de la flûte et je suis entré dans la classe d’analyse du Conservatoire de Versailles. C’est seulement là que j’ai commencé à ouvrir une partition. C’était une classe pleine de compositeurs. Moi, je n’étais pas un génie ».

Pas apte à « remplir une page blanche » de notes et de portées, donc, mais brillant lorsqu’il s’agit de comprendre totalement le texte d’une partition, « d’approcher la source ». Pascal Rophé, compagnon de route des Boulez, Mantovani, Muraro et des plus grands orchestres à travers le monde est depuis entré en militance. Bien qu’il s’en défende. L’homme se « bat pour l’orchestre, un peu obligé de mettre les mains dans le cambouis », à l’heure des budgets contraints. « Si tout le monde est réceptif, il emmènera cet orchestre très haut », prédit Jean-Luc Votano. Au plus près des chefs-d’œuvre.

Fausse note...
 
Impitoyable musicien ! Lorsqu’un vieux de la vieille de ce qui était encore l’OPPL de Pierre Dervaux vit débarquer un jeune Parisien tout frais moulu du Conservatoire de Versailles pour diriger le « Peer Gynt » d’Edvard Grieg, l’accueil se fit sans cérémonie : « Encore un p’tit chef… » Pascal Rophé venait toucher son premier « cacheton professionnel"




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