Patrick Barbier, un baroque en mode majeur


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le 27/12/2012 - 08:48 / modifié le 27/12/2012 - 08:48


Depuis plus de 30 ans, Patrick Barbier consacre son temps à la musique en général, au baroque en particulier. Une passion dévorante qui a vu ce professeur de l’Université catholique de l’Ouest devenir l’une des références nationales.



Patrick Barbier est délégué général à la vie étudiante et de la vie culturelle au sein de l’UCO.
Patrick Barbier est délégué général à la vie étudiante et de la vie culturelle au sein de l’UCO.
Opéra San Carlo de Naples, 1988. Sur scène, chanteurs et musiciens donnent « Orphée et Eurydice » de Gluck. Dans la salle, un jeune trentenaire à l’oreille avertie vibre un peu plus que ses voisins mélomanes. « J’ai vécu un choc émotionnel, une sorte de syndrome de Stendhal », se rappelle Patrick Barbier, œil pétillant, bonhommie naturelle, bien installé dans les salons du rectorat de l’Université catholique de l’Ouest.

A l’époque, l’homme a déjà derrière lui un parcours universitaire sans fausse note, mais pas sans altération. Elève appliqué du collège-lycée Stanislas de Nantes, l’adolescent, pianiste depuis l’âge de 8 ans, cultive sa différence : « Mes camarades de classe écoutaient les Stones, moi j’écoutais l’opéra ! ».


« J’ai pris le virus de l’italien »

Bac B en poche, il fait route avec trois camarades et son prof de philo vers la Grèce, via l’Italie, où une simple question va changer le cours de sa vie. « Un homme nous a demandé en italien si nous avions une liste des terrains de camping… J’ai pris le virus de l’italien pour ne plus le lâcher », rigole-t-il encore aujourd’hui. Exit l’inscription universitaire en espagnol et anglais, c’est la langue de Dante, qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam, que le jeune homme compte apprivoiser. Et apprivoise sans coup férir jusqu’au… doctorat !

Outre un don certain pour les langues – Patrick Barbier donne aujourd’hui ses conférences indifféremment en français, en anglais, en espagnol, en italien ou en allemand – la trajectoire de l’universitaire dévoile le caractère passionné de l’homme. De l’italianiste talentueux – il donne ses premiers cours à la Catho en 1976 – au musicologue, spécialiste reconnu du baroque et des castrats, il y a un monde qui porte la marque d’une rencontre, celle de son directeur de thèse, Dominique Fernandez : « Le seul homme à accepter qu’une thèse d’italien porte sur la musique, en l’occurrence la vie du compositeur italien Gaspare Spontini à Paris ».

« Avoir du mal à dire non ».

Nous sommes en 1983, le virage musical est entériné mais ne préfigure en rien ce qui va suivre : depuis 30 ans, Patrick Barbier a écrit dix livres – le dernier en date, « Naples en fête » est sorti il y a peu chez Grasset – enseigné à des milliers d’étudiants, donné des centaines de conférences. Il est de l’aventure de la Folle Journée depuis 1995, intervient régulièrement sur France Culture, France Inter ou France Musique, participe à l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, préside le centre d’études sur Farinelli, à Bologne.

Tout ça en plus de son « vrai » métier : directeur de la vie étudiante et culturelle de la Catho. « Etre passionné, c’est aussi avoir du mal à dire non, c’est consacrer une partie de ses vacances aux travaux de recherche », souligne Patrick Barbier. L’autre partie, ce sont les voyages en famille, sa seconde passion : « Pas de vacances sans passer une frontière ! »

Une ouverture au monde, un partage avec les autres que l’on retrouve dans ses cours, ses conférences ou ses livres, largement plébiscités. Patrick Barbier est un chercheur pointu, mais c’est aussi un passeur, qui aime se situer « du bon côté de la vulgarisation ». Le baroque est « fantastique, irrégulier, en dehors des convenances, chaotique » et Barbier en offre une lecture très empirique, donnant à voir notamment l’univers des castrats, faute de pouvoir les écouter. Un type boulimique, méditerranéen, gourmand, plein d’aspérités. Baroque, en somme.

Bio-Express

Patrick Barbier à l’âge de 2 ans.
Patrick Barbier à l’âge de 2 ans.
1956. Naissance à Nantes (44).

1973. Bac B (économique) après une scolarité au lycée Stanislas de Nantes.

1976. Commence à enseigner l’italien à l’Université catholique de l’Ouest (UCO). Il deviendra permanent en 1980 et professeur en 1996.

1980. Mariage avec Marie-Liesse, avec laquelle il a deux enfants : Pierre-Emmanuel en 1988 et Coralie en 1990.

1983. Rencontre avec Dominique Fernandez qui l’oriente, durant son doctorat d’italien, vers la musicologie.

1987. Parution de « Vie quotidienne à l’opéra au temps de Rossini et de Balzac », son premier livre. Neuf autres suivront jusqu’à « Naples en fête », son dernier ouvrage paru en octobre 2012. Il obtient, en 2010, avec « Pauline Viardot », la mention spéciale du Prix des Muses.

1995. Début de la Folle Journée.

2001. Ouverture du département Musicologie au sein de l’Institut des arts, lettres et histoire de l’UCO.

Milieu des années 2000. Il devient le délégué général à la vie étudiante, puis à la vie culturelle au sein de l’UCO.


















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