Patrick Everaert, invité de l’Artothèque


Rédigé par Catherine NEDELEC - Angers, le Vendredi 18 Novembre 2011 à 21:31


Durant un mois, l’Artothèque d’Angers expose les œuvres de l’artiste Patrick Everaert. Ses photos énigmatiques fascinent, interpellent au plus profond de soi. Une démarche artistique à découvrir.



Patrick Everaert et Joëlle Lebailly, Directrice de l’Artothèque
Patrick Everaert et Joëlle Lebailly, Directrice de l’Artothèque
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Contrairement aux apparences, Patrick Everaert n’est pas photographe. Mais ce sont bien des photos qu’il utilise, des fragments d’images trouvées dans des magazines, des livres ou sur la toile, illustrations purement factuelles qui n’ont pas de vocation artistique. Depuis plus de 20 ans, il récolte, compile, collectionne en somme, ces images qui, un jour au l’autre, serviront de support à sa création.

Parmi cette abondance d’images soustraites à l’information ou à la publicité, Patrick Everaert choisi, se fiant à son instinct, celles qui deviendront son message. Commence alors une série de manipulations successives d’assemblage et de superposition de photos autoritaires ou divertissantes. « Je les enlève de leur contexte », dit-il, « je fragilise le sens qu’elles peuvent produire, les amenant à un point d’équilibre d’où elles peuvent basculer dans un sens ou un autre ».

Cela peut prendre du temps, plus de dix ans parfois, « l’image complémentaire vient à n’importe quel moment », provoquant la multiplicité des sens. « Si l’image m’interroge, je la travaille encore. Elle devient enfin un support à investir ou non ; cela dépend de l’interprétation, du vécu de chacun ». Et pour cause. Son champ d’investigation est la réflexion sur la condition humaine, « dont il faut explorer tous les recoins. La réflexion à ce sujet nous confronte à des situations difficiles telles la mort, l’abandon ou l’isolement ».

Patrick Everaert présente des œuvres énigmatiques. On se sent projeté dans des images fantasmatiques, des images stratifiées amenant différents niveaux de lecture et dont l’aspect parfois cotonneux apporte une dimension silencieuse. Dans ce cas, l’absence de verbe suscite encore davantage l’envie d’investir l’image. L’œuvre de Patrick Everaert ne peut laisser indifférent, parce que marquée de certains thèmes « qui ressortent à mon corps défendant », images provoquant la confrontation avec des peurs primales, guidant vers une interprétation personnelle, une réflexion propre à chacun.

Jusqu’au 17décembre, du mardi au samedi de 14 h à 18 h
75 rue Bressigny


LES TAGS : exposition, photos










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