Patrick Haudecoeur, co-auteur, metteur en scène et interprète d’un délicieux vaudeville


Rédigé par - Angers, le Mercredi 23 Février 2011 à 12:48


Vendredi soir, le Grand Théâtre d’Angers a fait salle comble en accueillant la pièce « Thé à la menthe ou t’es citron ? », co-écrite et mise en scène par Patrick Haudecoeur. Il y tient également le rôle d’un jeune premier attachant, au milieu d’une troupe de sept comédiens.



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Pièce écrite conjointement par Danielle Navarro et Patrick Haudecoeur, « Thé à la menthe ou t’es citron » a été jouée il y a une vingtaine d’années, par une troupe de jeunes comédiens amateurs, dont Patrick Haudecoeur lui-même. Après avoir connu un beau succès dans les années 90, elle revient aujourd’hui, interprétée par des comédiens de talent qui transmettent une belle joie de vivre aux spectateurs.

Homme aux multiples casquettes, puisque co-auteur et comédien dans ce spectacle, Patrick Haudecoeur en est également le metteur en scène. Cette comédie de boulevard au fil conducteur classique, la femme, l’amant dans le placard, et le mari qui revient de voyage, révèle toutefois sa particularité dès les premières minutes.

Dans un décor en chantier, cheminée dessinée sur le mur, pots de peinture sur les côtés, le rideau se lève sur une scène où deux personnages prennent le thé. Au bout de quelques minutes, un nouveau personnage surgit depuis la salle, au milieu du public, et les rejoint sur scène. On comprend alors qu’il s’agit de Clara, le metteur en scène à l’accent suisse, et que l’on assiste en fait à la répétition d’une pièce de théâtre, à quelques jours seulement de la première. Et il reste encore du travail pour être à la hauteur, le spectateur n’est pas au bout de ses surprises et découvre ainsi les coulisses d’une répétition de théâtre.

Jean-Luc Porraz et Isabelle Spade
Jean-Luc Porraz et Isabelle Spade
Le rôle principal est tenu par le fils du producteur, Julien, un jeune homme maladroit, qui commence par renverser involontairement un verre de thé sur sa partenaire. Chaque comédien de cette troupe attachante a sa particularité. Richard, qui interprète le mari, propose des gags à gogo et se prend pour le meilleur, alors qu’il n’est même pas fichu de connaître son texte. La costumière, un brin nunuche, prend les mesures du tour de tête de Julien en pleine répétition. Le technicien, à l’allure de motard, interpelle la régie pour obtenir de la lumière dans les loges, avec la complicité de Nanard, voix off en régie. Victor, qui interprète le valet, se prend pour la tête d’affiche du spectacle. Quant à Sofia, dans le rôle de la femme infidèle, elle adopte un accent anglais mondain et prend les autres de haut en sachant se faire entendre.

Évidemment, rien ne se passe comme prévu. Le jeune premier fait sauter les plombs en allumant l’électrophone. La costumière crée une toge pour ce dernier, afin de répondre à la demande de Clara, le metteur en scène, de choisir un style romantique. Et la costumière de lui rétorquer : « Bah, tu m’avais demandé le style Rome Antique ! ». Les jeux de mots fusent et se répondent, à l’image par exemple de cette joute de proverbes entre les comédiens, et Julien de conclure naïvement par ce dernier : « Qui vole un œuf, fait de la peine aux poules ! ».

Patrick Haudecoeur, co-auteur, metteur en scène et interprète d’un délicieux vaudeville
Puis, la répétition se termine, les lumières s’éteignent, le rideau se ferme, accompagné par une musique de cirque. Le public complice prend part entière dans le spectacle. Lorsque le rideau s'ouvre de nouveau, c’est pour dévoiler un décor de style, avec mobilier et cheminée, tout autre chose que celui de la répétition.

Emmené de main de maître par un Patrick Haudecoeur énergique, drôle et touchant, tout ce petit monde est entraîné dans une douce folie où le public rit de bon cœur. Une vraie douceur au cœur de l’hiver !

Une heure trente plus tard, dans le hall du Grand Théâtre, Estelle et Hélène se remémore ce bon moment, sourire aux lèvres. « C’est vraiment un bon théâtre de boulevard, sympathique. On a eu de bonnes surprises. Ça finit bien la semaine ! »











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