Pays de la Loire : la droite s'oppose au démembrement de la région


Rédigé par - Angers, le 08/05/2014 - 08:04 / modifié le 08/05/2014 - 10:05


Le débat autour de la réforme territoriale est lancé. Pas opposés à un rapprochement avec des voisins, les principaux élus de droite des Pays de la Loire ont défendu à leur tour mercredi l'unité de la région. Et la nécessité d'un référendum pour demander leur avis aux Ligériens. Ils ont mis aussi un (gros) bémol sur le projet de suppression des Conseils généraux...



Théâtre d'Ancenis, mercredi. Aux côtés du sénateur et président du Conseil  général de Vendée, Bruno Retailleau (à gauche), Christophe Béchu et Christian Gillet ont défendu l'unité de la région et... leur département.
Théâtre d'Ancenis, mercredi. Aux côtés du sénateur et président du Conseil général de Vendée, Bruno Retailleau (à gauche), Christophe Béchu et Christian Gillet ont défendu l'unité de la région et... leur département.
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Au moins, ils ne se fâcheront pas sur ce point-là. A Nantes, mardi prochain, les responsables des principales collectivités locales des Pays de la Loire battants pavillon à droite, défendront tout comme le socialiste Jacques Auxiette, leur opposition au démembrement de la région.

Rappelons-le, le président du Conseil régional a convoqué une session extraordinaire pour débattre du sensible sujet de la réforme territoriale (lire notre article). Sensible, mais désormais prioritaire, depuis que Manuel Valls, le Premier ministre, puis François Hollande, le Président de la République, en ont dit et répété l'urgence. Objectifs fixés par ces derniers ? "Diviser par deux" le nombre des régions au plus tard au 1er janvier 2017, supprimer les départements "à l'horizon 2021" et refondre la carte des intercommunalités d'ici à 2018.

Au théâtre d'Ancenis (Loire-Atlantique) mercredi, à mi-chemin de leurs territoires respectifs, les responsables UMP, UDI et autres étiquetés de droite des principaux exécutifs locaux des Pays de la Loire, se sont retrouvés autour de Bruno Retailleau, le sénateur et président du Conseil général de Vendée, et de Christophe Béchu, le sénateur-maire d'Angers, pour dire tout le mal qu'il pensait de la méthode choisie pour conduire le débat.

Une méthode qui mêle "gribouillages" et "tripatouillages", selon l'expression de Bruno Retailleau. "Gribouillage" car, rappelle-t-il, François Hollande s'était lui-même opposé à la suppression des Conseils généraux en début d'année. "Tripatouillage" car il ne voit pas autre chose qu'un calcul politique dans le report du calendrier électoral suggéré mardi par le président de la République, pour mener à bien cette réforme.

"Franchement, trop, c'est trop. On ne peut pas sur une question aussi grave, continuer à pratiquer un simple jeu politicien" explique l'élu vendéen. Comme ses collègues, il plaide pour le maintien des élections cantonales et régionales en 2015, quitte à en provoquer de nouvelles un ou deux ans plus tard, une fois la réforme aboutie. Faisable ?

"Qui va assumer le financement de la solidarité ?"

L'ensemble des élus de droite réunis pour la photo à Ancenis mercredi.
L'ensemble des élus de droite réunis pour la photo à Ancenis mercredi.
Passons la question du calendrier, pour en venir au fond. En soit, les maires, présidents de Conseil généraux et sénateurs réunis hier estiment que la création d'une grande région Ouest "est une option à étudier sérieusement". Ils n'ont pas caché non plus oralement - y compris Christian Gillet, le nouveau patron du Maine-et-Loire - leur préférence pour un rapprochement avec la Bretagne. Bruno Retailleau se chargeant de dire publiquement son hostilité à un regroupement de la Vendée avec la région Poitou-Charentes.

Mais tous y mettent deux conditions. La première, que les cinq départements actuels de la région restent donc ensemble, quel que soit le scénario retenu : "Nous devons calquer la réalité administrative sur la réalité économique et non pas l'inverse. Aujourd'hui, les Pays-de-la-Loire sont une réalité économique : les territoires qui la composent, échangent et travaillent ensemble, créant collectivement de la croissance et des emplois", souligne le manifeste qu'ils ont co-signé. La deuxième, que le devenir de la région soit soumis à référendum. "A l'heure où la fracture civique s'élargit dangereusement (...), ce référendum serait un acte fort, digne d'une grande démocratie moderne" souligne ce même manifeste.

Surtout, reste un préalable sur lequel Christophe Béchu et Christian Gillet n'ont pas manqué d'intervenir : la question de la répartition des compétences au sein du futur puzzle territorial régional. Qui fera quoi ? "On ne nous dit pas qui exercera les compétences des départements. Or, ils assument 65% de leurs dépenses pour le compte de l'Etat" a insisté le maire d'Angers, aux côté de son successeur au Conseil général de Maine-et-Loire. "Qui va assumer le financement de la solidarité ?" appuie François Zocchetto, le sénateur-maire de Laval.

"Si on nous dit qu'on peut le faire sans les conseils généraux, pourquoi pas ? On réfléchira" ajoute Jean-Marie Geveaux, le patron de la Sarthe, sans véritable conviction. Le manifeste est d'ailleurs clair. Il plaide pour le "maintien des Conseils généraux dans les territoires ruraux". Sans préciser cependant lesquels.




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur




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16.Posté par Barreau le 29/05/2014 10:04 | Alerter
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Interrogé par le journal Le Maine Libre, l'économiste à l’Université du Maine, Jean-Pascal Gayant met les pieds dans le plat. Il craint que la Sarthe soit complètement laissée pour compte dans la future composition des territoires:

Les maires de Brest, Saint-Nazaire, Rennes et Nantes, ont signé un appel pour la fusion des régions Bretagne et Pays de la Loire. Cela vous choque ?

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15.Posté par barreau le 19/05/2014 11:59 | Alerter
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Dans une interview à Ouest France, Monsieur Gilet affirme que, "côté coeur", il serait pour un rapprochement du Maine et Loire avec la Bretagne.
http://www.ouest-france.fr/c-gillet-le-maine-et-loire-avec-la-bretagne-2530911

b[Que vient faire le "côté coeur" dans cette affaire ? serait-il devenu fou ?
Qu'il se contente d'examiner dans quelle entité l'avenir de son département sera le plus favorable en tenant compte des particularités géo-historiques (et là, j'ai quelques doutes avec la Bretagne)....

14.Posté par angevin le 13/05/2014 13:11 | Alerter
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il faut de vraies régions, de par leurs compétences et leurs finances, assises sur de vrais territoires cohérents tant par la géo-histoire que par le potentiel économique et métropolitain.
il faut reproduire en 2014 ce qui a été fait avec grande sagesse et intelligence par nos pères Constituants de 1790 pour « départir » (c’est le mot exact) les anciennes provinces d’Ancien Régime : il faut suivre la même méthode conciliant le principe géo-historique (qui donne l’identité) et le principe de ra...

13.Posté par angèle le 12/05/2014 18:16 | Alerter
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cela ne serait pas la première fois que les élus seraient en léger décalage...
Les arguments des élus sur cette question sont plats, on nous parle de relations économiques et c'est tout. quant au grand public, la réponse aux sondages faits par exemple dans Courrier de l'Ouest se fait d'un clic, sans explication des tenants et aboutissants : seul l'affectif parle. Il n'y a aucun argument, aucune explication, aucune présentation des problématiques liées à une fusion des régions Bretagne-PDL ou d...

12.Posté par Camille le 12/05/2014 18:08 | Alerter
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Tous ces hommes politiques font des calculs politiciens à courte échéance. L'UMP Maine-Anjou-Vendée (car l'UMP est quasi inexistant dans le 44) veut garder ses départements et espèrent remporter la Région en 2015 ou 2016.

Les élus socialistes des mêmes départements (Auxiette, Garot etc etc) veulent une fusion avec la Bretagne qui vote à gauche, c'est leur dernière bouée de sauvetage pour conserver leur poste.

Ceux de Loire-Atlantique se taisent. La Bretagne leur convient très bien, elle est à ...

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