Peggy Lavergne, l’éthique tranquille du Bioparc


Rédigé par Yves BOITEAU - Angers le Lundi 8 Août 2016 à 08:00


Depuis plus de 10 ans, Peggy Lavergne coordonne les projets Nature que le Bioparc de Doué-la-Fontaine soutient dans le monde entier. En veillant tant à leur visibilité auprès du public, ici, qu’à la qualité de leur impact, là-bas, pour faire vivre l’éthique de conservation du zoo.



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Ce jeudi de juillet, une intemporelle sérénité semble baigner le camp des girafes du Bioparc de Doué-la-Fontaine, ses falaises de falun et les terrasses du restaurant qui les surplombent. L’effet communicatif, du haut de ses deux mois, de l’insouciance de Karami, le dernier né des pensionnaires ? Ou de l’indolence apparente de ses parents, Lazia et Sacha, le doyen du camp ? Il y a moins bucolique : nuages obligent, les visiteurs se font rares cette fin d’après-midi dans les allées du parc zoologique. Et ce n’est pas la chaleur qui va précipiter ceux qui sont là vers les bars… Pas de quoi perturber Peggy Lavergne. On ne supervise pas les projets Nature et la communication scientifique du Bioparc depuis plus de dix ans, sans avoir intégré avec philosophie la météo-dépendance des lieux.

C’est peut-être aussi le premier mot qu’inspire l’écoute de cette femme de 39 ans, au regard désarmant, dont le parcours professionnel a épousé pour ainsi dire la réorientation stratégique du parc. « L’histoire a débuté en 2002 par un stage de fin d’études dans le cadre de mon DESS de communication scientifique. Je n’étais pas du tout attirée par les parcs zoologiques, mais j’avais passé un coup de fil à Doué et étais tombée directement sur Pierre (Gay, le directeur du Bioparc, ndlr). Il était en pleine préparation d’un Forum international sur la conservation des espèces, il a entendu «communication scientifique » : ça a été une belle rencontre. »

Plongée « dans le vif du sujet », la jeune Guingampaise d’origine, seconde durant deux mois le directeur du zoo de Doué dans l’organisation de cette rencontre qui verra à Angers des dizaines de responsables de programmes de conservation d’espèces animales, chercheurs, scientifiques, éthologues, échanger autour de leurs travaux et appeler à la mobilisation générale en faveur de la préservation de la biodiversité. « En quelques semaines, j’ai été témoin direct de cette prise de conscience collective quant à l’évolution du rôle des responsables de parcs. J’ai aussi très vite compris qu’à Doué, on était « particulier ».

Particulier ? Entendre «pionnier». « Dans le lien qui engage désormais la plupart des parcs en Europe dans la conservation des espèces, oui, Pierre a été vraiment un précurseur. La meilleure preuve, c’est que le forum a été repris ensuite par l’association européenne des zoos et aquariums (EAZA). Il a réussi à faire comprendre qu’avec peu de moyens, on avait le potentiel pour faire bouger les choses », appuie Peggy Lavergne.
 
« La relation avec les acteurs sur le terrain des projets est exceptionnelle. La valorisation au Bioparc de leur travail est une vraie reconnaissance, un soutien. Et entre nous, il y a un véritable échange et c’est ce qui me plaît dans notre manière de fonctionner. »

Convaincue, son DESS en poche, la stagiaire revient à Doué, après quelques semaines de congés, signer son premier CDD d’un an. Avec pour feuille de route, un autre défi. Pour ses 40 ans, le Bioparc a décidé de se lancer dans le soutien à 40 projets de conservation et de les valoriser en son sein. « Pierre avait tout dans sa tête mais rien n’avait été écrit. Ma première mission a été de définir la ligne directrice de nos envies de soutien, en se posant toutes les questions nécessaires: quels projets ? Pourquoi ? Et pour raconter quelle histoire à nos visiteurs ?»

Colossal, le travail s’exerce à double niveau: en lien direct avec les partenaires du parc, au Niger (girafes), à Madagascar (forêt tropicale), au Pérou (manchot de Humboldt), en Indonésie (Tigre de Sumatra)… ; à l’intérieur du zoo, pour repenser les aménagements et la communication à destination du public. « L’exemple le plus marquant de cette recherche de cohérence, c’est peut-être la Grande Volière. Parce qu’on en avait marre de voir les perroquets assis sur des branches mais aussi parce qu’en Amérique du Sud, les programmes de conservation fonctionnent bien et qu’il est beaucoup plus simple de raconter ce que l’on fait dans cet espace. »

A commencer par les soigneurs « qui sont formés pour cela, voyagent sur les projets et sont les mieux à même d’en parler », toute l’équipe du parc zoologique douessin est engagée à son niveau pour partager les projets avec le public. Et rendre visible l’engagement écologique du parc. « La relation avec les acteurs sur le terrain des projets est elle aussi exceptionnelle. La valorisation ici de leur travail est une vraie reconnaissance, un soutien. Et entre nous, il y a un véritable échange et c’est ce qui me plaît dans notre manière de fonctionner. »
"Comment peut-on mieux vendre le Bioparc en mettant en avant ses spécificités ? Ne serait-ce qu’au niveau local, on a encore un gros boulot devant nous. 

Si elle ne devait retenir qu’un coup de cœur ? Spontanément, Peggy Lavergne cite l’équipe de Madagascar – « un pays toujours compliqué » –, engagée dans la gestion de la forêt tropicale de Farankaraina au nord-est de l’île. « Ils sont passés de trois à dix personnes aujourd’hui, autour d’un coordinateur qui bosse à 100 à l’heure avec une implication forte des villageois, un suivi d’espèces efficaces, une vraie valorisation des travaux… C’est très structuré. »

De la médiation scientifique à la communication, on comprend en l’écoutant qu’au Bioparc, la frontière est devenue totalement poreuse. Quatorze ans après et depuis quelques mois, Peggy Lavergne supervise désormais les deux. Et se tourne vers l’avenir. « Oui, je pense que notre image est très bonne mais est-ce qu’elle fait venir les gens ? Et comment peut-on mieux vendre le Bioparc en mettant en avant ses spécificités ? Ne serait-ce qu’au niveau local, on a encore un gros boulot devant nous. » Ne vous y trompez pas, c’est dit aussi avec sérénité. 

Bio express

11 juillet 1977. Naissance à Guingamp (Côtes d’Armor)
1999-2000. Maîtrise en sciences de l’environnement en poche, elle met à profit une année sabbatique pour travailler dans la vulgarisation scientifique.
2001-2002. DESS de communication scientifique à Grenoble. Stage de fin d’études au zoo de Doué.
Juin 2002. Premier Forum de Conservation internationale des espèces d’Angers.
2006. Premier voyage scientifique pour le Bioparc : le Niger, «une claque »
2012. Naissance le 2 décembre de Lise, son premier enfant.
2015. Devient responsable communication du Bioparc de Doué, en complément de la coordination des programmes de conservation. 





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