Peut-on vraiment sauver le Gaumont Variétés ?


Rédigé par - Angers, le 15/10/2013 - 07:13 / modifié le 15/10/2013 - 17:03


Après le Palace, le Pélican, le Français et plus près de nous, l’Ariel et le Colisée, Angers, comme beaucoup d’autres villes de France, perd progressivement ses salles de cinéma de centre-ville, pas assez rentables, au profit de complexes cinématographiques placés en périphérie. Les Variétés n’échappent pas à la règle.



Le hall du cinéma les Variétés, un peu désert, à moins d'une semaine de la fermeture
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En période de campagne pour les municipales, l’affaire de la fermeture du Gaumont Variétés, donne du grain à moudre aux candidats et à ceux qui les soutiennent. De Frédéric Béatse (PS) à Christophe Béchu (UMP), en passant par Jean Luc Rotureau (Gauche), Laurent Gérault (UDI) ou Gaétan Dirand (FN), chacun s’étonne et (ou) reproche aux élus en place de ne pas avoir su maintenir ce complexe cinématographique en place. Mais ces agitations médiatico-politiques, à cent lieues de la réalité économique des exploitants de salles de cinéma, sauveront-elles les Variétés ?

« Le cinéma Gaumont Variétés a affiché une baisse de 35 % de ses entrées en cinq ans », a justifié la semaine passée la direction du groupe Gaumont, ajoutant « qu’il n’est pas possible de l’adapter aux normes qualitatives nécessaires, ni à la réglementation sur l’accessibilité aux handicapés entrant en vigueur en 2015 ».

Baisse des fréquentations et coût de remise en état très élevé, pour l’exploitant le calcul a été vite fait. Même si, comme le précisait Gérard Pilet, adjoint à la culture sous Jean Monnier dans les colonnes du Courrier de l’Ouest, « la ville avait pris des engagements en 1999 avec l’exploitant pour maintenir les Variétés en place ».

Mais les temps ont changé. Devenu trop cher, même si la plupart des spectateurs profitent de places réduites (étudiants, comité d’entreprises, etc… ), le cinéma voit sa fréquentation baisser d’année en année. Selon le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée), la fréquentation aurait baissée de 9.9 % entre janvier 2012 et janvier 2013, (5.5% en moyenne à septembre).

Et pourtant, en 2011 la fréquentation était repartie à la hausse avec une augmentation de près de 4.5%. Mais depuis la crise est passée par là et se payer une séance de cinéma en famille relève de la sortie exceptionnelle. D’autant que les exploitants de salle, à l’exemple de Gaumont, ne sont pas des philanthropes. Ils construisent des salles censées leur apporter du profit. Et pas seulement pour le plaisir des spectateurs.

Une salle culturelle "multi-usages" ?

A Angers, seuls les 400 coups s’en sortent à peu près, mais dans un autre registre. Celui du cinéma d’art et d’essai. Claude-Eric Poiroux, son exploitant, bien connu pour être celui qui dirige depuis près de 26 ans le Festival Premiers Plans, ayant choisi de promouvoir le cinéma sous son angle artistique plutôt que commercial, aux antipodes de grands groupes cinématographiques tels Gaumont.

Mais peut-être que ces complexes, dont l’objectif est avant tout la rentabilité n’ont plus leur place en centre-ville à l’instar des supermarchés de la distribution alimentaire. Dans ce cas, plus que tenter de sauver le Gaumont tel qu’il est aujourd’hui, c'est-à-dire un complexe vieillissant fait de grandes salles aux sièges défoncés et inaccessibles aux personnes à mobilité réduite, ne serait-il pas judicieux de revenir vers le cinéma de quartier, une sorte de « cinéma Paradiso », comme l’aiment les passionnés des salles obscures ?

« Les élus d’Angers vont très vite proposer une nouvelle offre à cet emplacement, il existe de multiples possibilités et nous allons les proposer en accord avec les acteurs existants », déclarait cette semaine Monique Ramognino, l'adjointe à la culture à Angers. Dans l'interview qu'il a accordée samedi dernier à Ouest-France, Frédéric Béatse, le maire de la ville, s'est montré plus précis : "L’idée est d’en faire un lieu destiné à des spectacles culturels : musique, théâtre et cinéma. Gaumont, c’est 120 000 spectateurs en moyenne. On peut imaginer une salle de spectacles vivants qui fonctionnerait quotidiennement et accessible financièrement à tous. Une sorte de lieu de passage multi-usages."

A voir. En période électorale qui plus est, impossible pour le candidat-maire d'Angers de ne pas montrer qu'il réagit. D'autant que la fermeture des Variétés ne laisse personne indifférent. Une page Facebook « Non à la fermeture du Ciné Gaumont Variétés à Angers » , dont les auteurs se déclarent apolitiques, a été ouverte le 8 octobre dernier. Forte de plus de 4000 « j’aime » en moins de 5 jours, cette page tant à prouver que les angevins sont attachés au cinéma du boulevard Foch.

En attendant, la fermeture du Gaumont Variétés est engagée et les projecteurs s’éteindront définitivement dimanche prochain, 20 octobre. Avec lui, en dehors de l’animation commerciale du boulevard Foch qui risque elle-aussi d’en prendre un sérieux coup, c’est une partie des souvenirs de bon nombre d’Angevins qui partiront.




Yannick Sourisseau
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6.Posté par IVC le 30/10/2013 08:11 | Alerter
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Pour la complète information de chacun : depuis 1990, la baguette et le litre de carburant ont vu leur prix doubler, quand celui de la place de cinéma a été multiplié par 4...

5.Posté par Guille Christian le 22/10/2013 21:40 | Alerter
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Il est clair que l'ensemble des moyennes et grandes villes françaises ne font que se copier entre elles pour avoir la faveur des sondages sur le thème "Où fait-il bon vivre en France ?". Supprimer les véhicules dans les centres ville, favoriser les transports en commun (en fait, pour "sauver" des entreprises comme Alstom, qui fabriquent justement les rames de tramway...), en passant par les soi-disant normes en tous genres. Rappelons-nous qu'avant le tram, dès 20h, nous pouvions stationner gr...

4.Posté par Jean-François le 17/10/2013 07:10 | Alerter
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C'est l'ensemble de l'activité commerciale du centre-ville qu'il faudrait songer à sauver. C'était d'ailleurs ce à quoi s'était engagée l'équipe Antonini-Béatse lors du lancement du tramway puis lors des élections de 2008. Ils prétendaient d'ailleurs que leur tracé était plus apte à revitaliser le centre-ville que celui défendu par Christophe Béchu... On voit ce qu'il en est aujourd'hui !

3.Posté par hollywood le 16/10/2013 17:09 | Alerter
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Fervent pratiquant des salles de cinéma... Gaumont n'est pas là pour vous faire plaisir!! SI ce n'est pas rentable, ils se barrent! Et les élus n'y peuvent rien! ET puis un multiplexe suffit. Alors si des amoureux du cinéma veulent reprendre le Variété pour y faire de belles choses, pourquoi pas! Mais les usines à pop corn et à sous-culture.... y'en a déjà assez.

2.Posté par The-blues le 16/10/2013 08:01 | Alerter
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Proposer une nouvelle offre à cet emplacement ? très vite ?
depuis le temps que l'Ariel est fermé, rien n'est jamais venu le remplacer et là d'un coup, il va y avoir des propositions très vite.
un peu difficile de croire à cette promesse électorale.

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