Phil Devaïl, chœurs à l’ouvrage


Rédigé par - Angers, le Mardi 22 Avril 2014 à 09:49


Trois ans après « La note est salée », le chanteur et musicien angevin Phil Devaïl est de retour avec « Maluya Rocco ». Un deuxième album entre afro-rock, blues, funk et chanson, énergisant et plein d'humanité. Comme son auteur.



Phil Devaïl
Phil Devaïl
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Avis aux cloisonnés ! On peut craquer complètement pour Danyèl Waro, le chantre du renouveau du maloya, et continuer à rugir de plaisir en écoutant The Clash. Pourquoi, au passage, faudrait-il s'en étonner ? A bien y réfléchir, pas difficile d'identifier tout ce qui relie l'héritier réunionnais du chant des esclaves et la bande à Joe Strummer : le blues, l'esprit de révolte, l'énergie, les chœurs, l'ouverture au monde... Ajoutez-y l'amour, voici la nourriture terrestre de Philippe Devaud, alias Phil Devaïl, chanteur, guitariste et comédien, né à Cholet et citoyen de Briollay où il nous reçoit par un superbe matin de printemps.

Rendez-vous a été pris à L'Arrêt Public, un bistrot de copains juché face à la Sarthe, mi-guinguette, mi-resto, où il fêtera la sortie de son disque le 25 avril. Le soleil tape sur la terrasse. Et sur le cuir que porte l'artiste, une remarquable tête de mort nous sourit aussi.

Phil Devaïl aime le maloya et le punk-rock, on vous l'a dit. Et si son album s'intitule « Maluya Rocco », c'est donc tout sauf un hasard. « J'ai toujours été attiré par les trucs dansants et par l'expérience de transe. Un accord, deux accords et puis l'énergie qui monte. Il y a ça dans le punk-rock, il y a ça aussi dans le maloya. »

Des amis de 20 ans

L'idée de « transe » le renvoie aussi à la musique malienne et à 2002, année où il a accompagné Lo'Jo dans l'organisation du « mémorable » Festival au Désert. Mettons un peu d'ordre. Chronologiquement, dans le parcours de Phil Devaïl, ce fut le rock puis le punk-rock avant le reste. Tickets, Karma Koma, Yukunkun, Kids in America... Des groupes à guitares où Phil joue... de la batterie.

A Cholet, il y a aussi Jamais Trop d'Art, une épatante association, brasseuse artistique et repère de potes fidèles depuis vingt ans. Un jardin. « A Cholet, on s'est toujours démené pour faire avec ce qu'on n'avait pas. J'y ai gardé plein d'amis, ma famille, j'y retourne régulièrement. »

C'est avec Jamais Trop d'Art que Phil Devaud a mis un pied dans le spectacle de rue. Il a tourné avec la Cie Jo Bithume, joue depuis six ans un VRP ringard dans le spectacle « Magic Cooker 13 » et un artiste de cirque pas beaucoup plus en réussite dans « Stromboli Magic Magic ». Mais la musique domine.

Depuis 2006, il accompagne sur scène Jean-Pierre Niobé chez qui il a enregistré son premier album, « La Note est salée ». Niobé, qui lui a fait découvrir le maloya, « le jeu des percussions comme un écho aux pulsations du cœur », « le travail sur les voix : un mec qui chante un truc, les autres qui soutiennent. »

Douze chansons sous la main, l'envie de remettre ça est revenue naturellement il y a quelques mois. Octobre, direction Cholet évidemment. Enfin pas tout à fait, Tiffauges en Vendée où Jeannick Launay, un autre ami de 20 ans, lui a ouvert les portes de son home-studio.

« On a fait ça en quatre jours avec les musiciens de Jean-Pierre. Je voulais une ambiance de groupe, enregistrer en live tant qu'à faire, et puis boire, manger, parler. Vivre quoi ! » Sept titres sont sortis de cette mise au vert, un autre d'une journée d'enregistrement complémentaire et Phil a finit le travail, seul. Heureux. Impatient, surtout, de jouer ce disque sur scène pour en faire partager toute l'énergie. Aux punks comme aux autres.

En concert à l’Arrêt Public de Briollay, le 25 avril à 21 heures.

[CHRONIQUE]

Phil Devaïl, chœurs à l’ouvrage
« Maluya Rocco » : la sincérité, ça paye !

Lassées des maquillages sonores, des TV crochets et des productions aseptisées, vos oreilles vous réclament de l'authentique ? Ce disque sans colorant, ni conservateur, est fait pour vous. Enregistré « en famille » et en live, le deuxième album de Phil Devaïl respire la sincérité. La sienne, tressée de mots qui chantent le déracinement, la mélancolie – « Tout est fatigué/dans mon pauvre corps/pas levé le pied/redoublé d'efforts » – autant que la joie de vivre: « J'ai mis le tonnerre/dans son ciboulot/et soufflé de l'air sur mon arbrisseau ». Celle de ses musiciens ensuite, généreuse « bande à Niobé » dont l'esprit de corps et l'énergie s'accrochent sans résistance aux tympans. De la belle ouvrage et un pur plaisir.

15 euros et disponible en ligne : ici


 



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