Pierre Etaix, roi du burlesque poétique

Festival Premiers Plans 2011


Rédigé par - Angers, le 24/01/2011 - 20:45 / modifié le 04/06/2012 - 00:26


Dimanche matin, au Centre des congrès d’Angers, les angevins ont pu voir une version du film Yoyo, de Pierre Etaix, restaurée en numérique par la fondation Groupama Gan et la fondation Technicolor en 2010.



Après la projection de son film Yoyo, Pierre Etaix a partagé ses souvenirs de tournage avec le public
Après la projection de son film Yoyo, Pierre Etaix a partagé ses souvenirs de tournage avec le public
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Le film Yoyo débute en 1920, dans une grande propriété où un milliardaire, interprété par Pierre Etaix, entouré de domestiques, s’ennuie. L’arrivée d’un cirque, qu’il accueille dans son parc pour se divertir, va changer radicalement sa vie. L’écuyère n’est autre que la femme qu’il aime et pensait avoir perdu à jamais. Quant au petit clown prénommé Yoyo, il s’avère être le fils qu’ils ont eu ensemble.

Dimanche matin, ce film, tourné en 1965, a enchanté les spectateurs du grand auditorium du centre de congrès, qui ont accueilli le réalisateur Pierre Etaix sous une salve d'applaudissements à l’issue de la projection.
« Je suis ravie de l’accueil fait à ce cinéma (ndlr : le registre burlesque) pas tout jeune et heureux de voir qu’aujourd’hui encore on peut s’y attacher. », lance Pierre Etaix en arrivant sur scène.

Naissance d’un gag
La caractéristique de ce film est d’enchaîner les gags tout en finesse et en poésie. La question se pose évidemment : comment naît un gag ? « L’idée du nègre torchère par exemple. Je trouvais ça drôle d’imaginer l’homme partir et le bras, en trompe l’œil fixé au mur, rester. C’est toujours une observation dans la vie qui amène le gag. Plus la situation est simple et plus elle s’impose au comique. C’est une équation à résoudre à chaque fois. », explique le réalisateur.
Les hommages à Fellini, Chaplin sont également présents sous forme de gag, notamment lorsque le personnage d’Hitler se transforme en Charlot, après avoir enfilé un chapeau melon et une canne.

Un éléphant attachant
Il admet que certaines choses sont plus difficiles à tourner, mais « il y a tant d’amour mis dans ce film, de plaisir à le faire, que ça compense largement ». Pierre Etaix avoue d’ailleurs s’être beaucoup attaché à l’éléphant, sur le dos duquel le clown Yoyo se promène dans le parc. « Un peu comme on s’attache à un chien, sauf que c’est plus encombrant », ajoute-t-il pince sans rire. Pour l’anecdote, cet éléphant, aujourd’hui décédé, a été taxidermisé et est exposé au muséum du jardin des Plantes à Paris.

Importance du son et du noir et blanc
« Dans un film, le son n’est pas le reflet de la réalité mais ce qui permet de rêver. C’est pourquoi il doit être exagéré pour être vraiment entendu, d’où le choix de faire grincer les portes » de manière très forte, au début du film où il n’y a pas de paroles. Le noir et blanc quant à lui permet d’interpréter l’image et fait travailler l’imagination.

En conclusion, le réalisateur de 82 ans a expliqué pour il aime tant le cirque et le music hall, « parce qu’il y a un échange direct avec le public. », ce à quoi il attache une importance tout particulière.

A noter
Pour ceux qui n’auraient pu assister à cette séance, le film Yoyo est repris jeudi 27, à 10h30 au cinéma Les Variétés.



















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