Pierre Gattaz, président du Medef : "Faire le pari de l'entreprise"


Rédigé par Rédaction Angers Mag Info - Angers, le 11/10/2013 - 07:00 / modifié le 11/10/2013 - 14:53


Le président national du Medef, Pierre Gattaz était en Anjou, ce jeudi. L'occasion pour lui de rencontrer les chefs d'entreprise du territoire et de leur fixer un cap pour 2018 : créer un million d'emplois, relancer la croissance, faire confiance à l'entreprise… Sous conditions gouvernementales.



Pierre Gattaz, président national du Medef, était à Angers, ce jeudi.
Pierre Gattaz, président national du Medef, était à Angers, ce jeudi.
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Successeur de Laurence Parisot à la tête du Medef depuis juillet dernier, Pierre Gattaz était de passage à Angers ce jeudi pour rencontrer les chefs d'entreprise et quelques élus du territoire. L'occasion pour lui de prendre le pouls de l'économie angevine mais aussi de booster le moral des troupes. "L'Anjou a de nombreuses qualités avec des sociétés qui se bougent et qui mènent leur combat au quotidien", a-t-il déclaré avant d'énoncer ses objectifs pour les 5 ans à venir.

Depuis les dernières universités d'été du Medef, le syndicat des patrons s'est fixé un cap : "2020, faire gagner la France" ou encore une "vision ambitieuse et innovante de la France en 2020".

Écornant la politique économique du gouvernement en place, Pierre Gattaz en appelle à de profondes réformes fiscales, sociales et juridiques pour "retrouver un chômage à moins de 7 %, résorber la dette, dynamiser un commerce extérieur positif et repositionner la sphère publique à un niveau cohérent – avec le reste de l'Europe –, tout en maintenant la qualité des services publiques".

Un million d'emplois en 5 ans

Concrètement, d'ici à 2018, l'Etat et son gouvernement "devront prendre conscience des difficultés actuelles à entreprendre, ajoute-t-il. Il faut absolument faire le pari de l'entreprise. Elle doit être repositionnée au centre des préoccupations économiques, car c'est elle qui créé de l'emploi et augmente le pouvoir d'achat, c'est celle qui relance la croissance… Mais aujourd'hui, avec la pression fiscale qui pèse sur les entreprises, l'accumulation des normes, la législation du travail qui, chaque année, s'étoffe et s'alourdit toujours plus, les entreprises peinent à créer de l'emploi. Elles ont peur d'embaucher".

Pourtant, selon lui, les leviers sont là. Notamment dans le tourisme, les filières innovantes ou encore à l'égard des pays émergents, "tout est à faire", avance-t-il. Et en appliquant quelques règles simples – en allégeant la TVA et la CSG –, nous réussirons à créer un million d'emplois d'ici 5 ans. C'est du moins notre objectif." Et c'est ce qu'il appelle simplement : "le pragmatisme économique".

Droit dans ses bottes, sans scrupules et le verbe haut, le patron du Medef, également président du directoire de l'entreprise Radiall (multinationale spécialisée dans les télécommunications), a donc énuméré ses mesures phares et ses réformes à tout-va pour relancer l'économie française.

En premier lieu, baisse de la dette publique avec "le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, voire deux fonctionnaires sur trois", réforme de l'hôpital public "avec plus de médecine ambulatoire", ouverture des commerces le dimanche et surtout baisse des charges patronales, car "lorsque vous payez 100 euros net un salarié, il en coûte 182 euros à l'entreprise", détaille-t-il encore.

Actuellement en tournée nationale, Pierre Gattaz compte prêcher la bonne parole auprès des entreprises françaises. "L'objectif de cette initiative est de présenter d'ici un an maximum la vision des entreprises et des entrepreneurs pour retrouver une France ambitieuse, porteuse d'espoir et d'enthousiasme, conclut-il. Mais ce projet ne se réalisera que s'il est largement partagé". Pas sûr que du côté de l'Elysée et de Matignon, on partage très exactement cette vision – patronale – de l'entreprise.



















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