Polisse : une « île aux enfants » aux allures sinistres...


Rédigé par Option Cinéma Lycée Renoir - Angers, le Vendredi 4 Novembre 2011 à 21:15


Tous les jours, les policiers de la Brigade de Protection des Mineurs combattent les crimes concernant les moins de dix-huit ans. Cela ne les empêche pas de se raconter leurs vies personnelles, de s'entraider et de partager des fous rires le temps d'une pause déjeuner ou d'une soirée. La présence de Mélissa, photographe embauchée pour suivre la brigade, ouvre la porte sur leur quotidien.



Les policiers (Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Jérémie Elkaïm, Emmanuelle Bercot et Joey Starr) interrogent un père maltraitant sous l'œil de Mélissa (Maïwenn).
Les policiers (Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, Jérémie Elkaïm, Emmanuelle Bercot et Joey Starr) interrogent un père maltraitant sous l'œil de Mélissa (Maïwenn).
la rédaction vous conseille
Le film nous transporte à Paris, dans le 19ème arrondissement, où se tiennent les différents interrogatoires des multiples suspects dont la brigade a la charge : viols, pickpockets, incestes, mariage et travail forcé... Il débute par des images de jouets pour enfants sur la chanson de "L'île aux enfants" de Casimir, qui se terminent par une petite fille racontant les actes de son père lorsqu'ils sont seuls. Cet amalgame saute aux yeux et c'est ce qui se poursuit tout au long du film. Les actes des adultes sont les problèmes majeurs des enfants, à part quelques exceptions comme une fille acceptant de pratiquer une fellation pour qu'on lui rende son portable.

« Polisse » peut avoir des aspects de série policière, cela ne gêne pas car toutes les histoires sont alternées avec brio. Ce film touche à de nombreux aspects de la vie, comme être une femme arabe et flic, l'amour défendu entre deux collègues, et la renaissance après un traumatisme, sans être dérangeant.

Mais la chasse aux sorcières que peut faire ressortir le film est la paranoïa alarmante donnée lors d'une scène, où Fred (Joey Starr) apprend à sa fillette les gestes pour se laver le corps afin de ne pas la toucher. Le personnage de la réalisatrice, Melissa, auquel le spectateur s'identifie immédiatement étant la nouvelle du groupe, a sa propre histoire qui prend de l'importance, laissant un goût amer malgré le repos qu'elle peut apporter.

Ce film naturaliste (tourné constamment avec trois caméras) aux couleurs froides a obtenu le prix du jury au dernier Festival de Cannes. Il est le troisième de la réalisatrice Maïwenn après « Pardonnez-moi » et « Le bal des actrices », des films plus personnels. La cinéaste nous offre avec « Polisse » une grosse claque et des scènes émouvantes qui sont à la limite du supportable : lorsqu’une mère doit se séparer de son enfant, car elle ne peut se permettre de le laisser vivre dans la misère avec elle. On pleure, on rit, on se sent lié aux personnages plus vrais que nature qu'elle a créés avec l'aide d’Emmanuelle Bercot et on en apprend plus sur leur profession et sur l'impact néfaste que celle-ci a sur leurs vies privées.

Film poignant, joué par des acteurs, qu'ils soient adultes ou enfants, attachants. A voir avec un cœur d'enfant et un cerveau de grand.

Tiffany.


LES TAGS : cinéma, maïwenn, polisse










Angers Mag