Portrait de campagne : Claude Eas, le novice qui a dit "oui"


Rédigé par Cédric SOULIE et Justine MONTAUBAN - Angers, le 10/03/2014 - 07:20 / modifié le 11/03/2014 - 16:17


En cas de victoire de Jean-Luc Rotureau le 30 mars prochain, il deviendra son premier adjoint. Un espoir sans faille pour Claude Eas, qui pousse ce Choletais d’origine à battre pour la première fois campagne. Un campagne de "projets et non d’égo".



Claude Eas, futur premier adjoint de Jean-Luc Rotureau si celui-ci venait à être élu.
Claude Eas, futur premier adjoint de Jean-Luc Rotureau si celui-ci venait à être élu.
Il n’a pas réfléchi trop longtemps. Quand Jean-Luc Rotureau l’appelle sur son portable, fin novembre 2013, et bien que totalement novice en politique, Claude Eas accepte immédiatement le rendez-vous. Le dissident du PS, ex-adjoint à l’urbanisme du maire PS, Frédéric Béatse, a décidé de monter sa liste en vue de sa candidature aux élections municipales de mars 2014. « Au départ, je pensais qu’il voulait connaître mon expertise sur les parcs expo ou encore l’événementiel, explique Claude Eas. Mais à la fin de notre entretien, je n’ai pas hésité une seconde : j’ai dit oui tout de suite ».

L’engagement de cet ancien cadre du Centre des congrès et du Parc-expo d’Angers – « contraint de partir à l’arrivée de Laurent Le Sager » (ndlr : l'ex-directeur de cabinet de Jean Monnier, aujourd'hui directeur général des services du Conseil Général de Maine-et-Loire) – a donc commencé simplement. Une rencontre entre « deux hommes de conviction », qui se connaissent de longue date. « J’ai connu Jean-Luc lorsqu'il était adjoint aux sports. Nous avons eu, par le passé, l’occasion de travailler ensemble sur différents événements », indique cet originaire de Saint-Macaire-en-Mauges qui semble encore tout ému d’avoir été choisi. « Il est vrai que j’ai été tout de suite enthousiasmé par sa proposition, poursuit-il. J’ai adhéré à 100 % à ses idées et surtout à ses projets pour Angers et pour les Angevins ».

Un nouveau challenge pour ce célibataire sans enfant, âgé de 54 ans, dans lequel il s'est investi d’arrache-pied. A la tête du cabinet conseil, Neelson Accompagnement, spécialisé dans la réalisation de parcs expo et d’événements culturels, ce citoyen engagé, jamais encarté à quelque parti politique que ce soit, ne cache pas sa sensibilité de centre gauche. Son seul souci : « Je suis incapable de vous donner mon modèle politique actuel. Aucun homme, aucune femme à l’échelle national, ne trouve grâce durablement à mes yeux ».

Résigné alors ? Pas une minute, pas une seconde dans sa volonté d’œuvrer au plan local. « J’habite Angers depuis les années 1980 et j’aime ma ville, lâche-t-il. Et c’est bien pour cette raison que je porte la candidature de Jean-Luc, une candidature de projets et non politique au sens politicienne ».

« On s’en fout, on ne fait pas de politique ! »

Sensible, attentif et proche des gens, ce fan de Françoise Hardy et de Julien Doré, amoureux de patrimoine et de peinture, notamment celle du XIXe siècle « Gustave Courbet, Paul Sérusier et toute l’école bretonne », sera en charge, en cas de victoire, de la culture, du tourisme, de l’événementiel et « tout ce qui touche de près ou de loin au rayonnement de notre ville ».

Sans se poser de questions sur l’échéance du premier tour « et du deuxième ! », Claude Eas ne cache pas ses envies et ses souhaits de voir grandir et exister Angers hors les frontières du Maine-et-Loire. « Il nous faut un festival d’envergure nationale, c’est pour cette raison que nous souhaitons monter un grand rendez-vous autour de la danse, annonce-t-il convaincu. Toutes les danses quelles soient contemporaines, folkloriques, ethniques… Ce rendez-vous estival nous permettra de faire rayonner la ville à l’échelle nationale ». Car, selon lui, la culture n’a rien d’accessoire, « elle doit s’imposer comme un réel vecteur de développement économique, avec des flux touristiques et des créations d’emplois à la clé ».

Convaincu que Jean-Luc Rotureau peut créer la surprise, Claude Eas regarde devant lui, enchaîne réunion publique et porte-à-porte dans une campagne électorale « très enthousiaste ». Toutefois, il semble surpris, presque meurtri par un certain manque de considération de quelques habitants totalement déconnectés des enjeux locaux et du monde politique. « Lorsque vous frappez à une porte et que les gens vous la claque au nez et vous criant : « On s’en fout, on ne fait pas de politique ! », vous réalisez malheureusement et tristement qu’un fossé s’est creusé entre les hommes politiques et nos concitoyens », raconte-il.

La faute à qui ? Le chef d'entreprise pointe les partis politiques, de gauche comme de droite, « qui n’hésitent pas à confisquer le débat et mettre en danger la démocratie. » Localement, il évoque la fameuse passation de pouvoir entre Béatse et Antonini en janvier 2012. Un épisode fâcheux qui selon lui aurait – bien – mérité des primaires à gauche, mais sur lequel il ne s'attarde pas. Car d’ici le 30 mars, la bataille est tout autre : "conquérir Angers et ses Angevins pour des projets et sans égo !"


















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