"Pour créer son entreprise, il faut sans cesse se remettre en cause"


Rédigé par Mathilde BLANCHARD, directrice de l'agence de voyages Sibylline Escapades - Angers, le 17/10/2016 - 08:15 / modifié le 17/10/2016 - 20:13


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Jusqu'à vendredi, la Maison de la création et de la transmission d'entreprises du Maine-et-Loire organise une semaine d'événements et de témoignages autour de la création d'entreprises. C'est donc tout naturellement que nous avons confié notre [Tribune du Lundi] à l'une de ces jeunes créatrices, Mathilde Blanchard. A 23 ans, elle est la directrice de l'Agence de voyages Sibylline Escapade.



Mathilde Blanchard a créé sa propre agence de voyages, Sibylline Escapades, le 10 août dernier.
Mathilde Blanchard a créé sa propre agence de voyages, Sibylline Escapades, le 10 août dernier.
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"Pour créer sa propre entreprise, je pense qu'il faut être organisée, parce que l'on touche à tout, mais il faut aussi sans arrêt se remettre en question, parce qu'à l'arrivée, l’entreprise que l'on créée ne ressemble pas point par point au projet que l'on avait à l'origine. L'autre élément important, c'est une grande ténacité : il y a des hauts, des bas, et le grand saut dans l'univers de l'entrepreneuriat n'est pas forcément simple.

De mon côté, quand j'ai annoncé à ma famille ou à mes amis que j'allais créer ma propre entreprise, personne n'a vraiment été surpris : j'avais ça en moi depuis un long moment, bien avant le BTS Animation et tourisme local que j'ai effectué à Nantes. Depuis l'âge de 15 ans, j'organise avec un ami, jeune créateur, des défilés de mode ou de l'événementiel. A la suite de mon BTS, j'ai pris un an, en tant que bénévole pour organiser un show mode, puis j'ai ensuite travaillé deux ans dans des petites structures d'événementiel –des types de structures que j’avais déjà fréquentés en alternance, pendant mon BTS-  privées ou publiques, avec dans l'idée de mettre de l'argent de côté pour me lancer.

Dans ma tête, j'ai développé mon projet durant mes années études : avec une amie nous étions parties sur l'organisation de demandes en mariage surprise, mais une rapide étude de marché nous a montré que c'était difficilement réalisable : les gens se marient beaucoup moins et ont souvent moins de budget pour le faire. Nous avons ensuite pris des chemins différents, mais cette idée de surprise me trottait toujours dans la tête. J'ai pensé à créer une agence de voyage, qui organise des séjours surprises, à l'échelon régional. Quelque chose qui casse un peu les codes du forfait touriste. J'ai écrit les idées que j'avais dans le tête puis suis venue les présenter à la CCI, avec un suivi par le dispositif jeunes entrepreneurs. La suite a été assez rapide car j'avais déjà beaucoup d'éléments et à partir de février 2016, je me suis consacrée 24 h/24 à mon projet.

Mon objectif désormais est que Sibylline Escapade tourne bien économiquement ; je reste très terre à terre et ne rêve pas de grandeur, mais aimerai avoir une équipe autour de moi

Ce suivi a été mon repère et m'a reboosté dans le parcours de création : les premiers mois n'ont pas été simples car je travaillais seule chez moi, jusqu'à ce que je sollicite, au mois de mai, un espace de travail à WeForge. Ça a été fondamental pour l'entraide, la synergie et le dynamisme que cela transmet.

La difficulté, de mon côté, concernait l'obtention de la garantie financière obligatoire pour obtenir la licence d'agence de voyages. Mon jeune âge n'a pas aidé, quand il a fallu contacter les quelques organismes qui se répartissent le marché de cette garantie financière spécifique. Ça a été une période un peu compliquée, jusqu'à ce que l'Association professionnelle de solidarité du tourisme (APST) me fasse confiance et qu'une licence me soit accordée par Atout France, le 10 août.

Sibylline Escapade est une Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) qui propose donc des séjours surprises à des particuliers ou à des entreprises. Deux autres concurrents le font en France, mais pas avec un ancrage local. Il est fondamental pour moi, car je me fais fort de rencontrer et connaître l'ensemble des quelque 200 prestataires qui m'accompagnent. L'idée est celle de l'authenticité et de l'originalité : sortir des sentiers battus pour que les Ligériens redécouvrent leur région.
La CCI continue de m'accompagner sur la post-création, à raison d'une dizaine d'heures consacrées notamment à la gestion de la trésorerie. L'APST me suit également pendant trois ans, avec de nombreuses formations et une connaissance précise du modèle économique des agences de voyage : s'il y a, à un moment donné, une faiblesse quelque part, l'association saura me le dire. En dehors de cela, j'ai été une des premières à bénéficier de la bourse Entreprendre d'Angers Loire Métropole, qui m'a permis de couvrir les frais de comptable et d'avocat : Initiative Anjou, la plateforme d'initiative locale du Maine-et-Loire, a également consenti un prêt d'honneur et j'ai obtenu une bourse par le biais de la Prime régionale à la création d'entreprises par les jeunes (PRCE).

Mon objectif désormais est que Sibylline Escapade tourne bien économiquement ; je reste très terre à terre et ne rêve pas de grandeur, mais aimerai avoir une équipe autour de moi. Je suis très favorable au système d'apprentissage par alternance, dont j'ai bénéficié."

Le programme complet de la semaine de la création et de la reprise d'entreprises, c'est par ici : www.maineetloire.cci.fr








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