Pour la Confédération paysanne, "la colère gronde"


Rédigé par - Angers, le 23/07/2015 - 23:05 / modifié le 23/07/2015 - 23:05


A l'heure où l'agriculture et la quasi-totalité de ses filières vivent une situation de crise aigue, nous avions donné il y a quelques jours la parole, dans notre #Tribune du Lundi, à un représentant des Jeunes agriculteurs du Maine-et-Loire. Autre syndicat, autre son de cloche, avec la prise de position commune des représentants régionaux de la Confédération paysanne...



En janvier 2013, la manifestation des agriculteurs réunis sous l'étendard de la Confédération paysanne parlait déjà de "sauver l'élevage".
En janvier 2013, la manifestation des agriculteurs réunis sous l'étendard de la Confédération paysanne parlait déjà de "sauver l'élevage".
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"Les actions menées par les paysans ces dernières semaines sont le signe du ras le bol, de la fatigue aussi bien physique que morale, mais surtout de l’absence de lisibilité de beaucoup d’exploitations. Ce sont d’abord des femmes et des hommes qui ne trouvent plus de sens à leur métier.

Oui, la colère des éleveurs est justifiée. Oui, de nombreuses fermes sont menacées de disparition à court terme. Oui, nombre de familles ne sont plus capables de se rémunérer, avec les conséquences humaines dramatiques qui en découlent.

Bloquer les grandes villes, s’attaquer aux transformateurs et aux distributeurs en déversant multitudes de déchets sont sans doute des actions qui donnent l’impression de ne pas rester à mourir sans réagir. Néanmoins, penser que la pression sur la grande distribution et qu’un énième plan d’urgence et de désendettement de l’agriculture française sortira les éleveurs de la crise est bien naïf !

Certes, la concentration de la grande distribution est mortifère pour l’agriculture française comme pour beaucoup de PME avec qui elle travaille. Le double discours est bien connu. On met en valeur les paysans du coin dans la communication, et pour le reste, on reste intraitable en profitant du rapport de force pour négocier comme des loups, sous couvert de préserver le pouvoir d’achat du consommateur. Les bonnes intentions ne durent jamais et les distributeurs sont rattrapés par la guerre des prix qu’ils ont eux-mêmes initiés. Le citoyen doit aussi connaître le vrai prix de son alimentation. De la viande, du lait, des fruits et légumes moins chers qu’il y a 20 ans, ça n’est pas normal !

Au micro, le président de la Confédération paysanne lors de la manifestation de janvier 2013. Il co-signe cette tribune avec les président des autres fédérations des Pays de la Loire.
Au micro, le président de la Confédération paysanne lors de la manifestation de janvier 2013. Il co-signe cette tribune avec les président des autres fédérations des Pays de la Loire.
Mais il ne faut pas se tromper de cible : nous subissons d’abord et avant tout les conséquences d’une politique ultra libérale, qui a supprimé les instruments de gestion des marchés. De nombreux responsables prônent le « manger français » en nous expliquant que pour la viande et le lait, c’est l’exportation qui va nous sauver !! La disparition de 35000 exploitations laitières sur les 60000 existantes est bien dans les cartons, et tout le monde pense que ça concerne le voisin mais, un jour, c’est votre tour !!!

Quels gâchis, avec une Europe où le chômage est devenu un véritable fléau, comment peut-on se permettre de perdre encore des emplois dans un secteur aussi majeur que l’agriculture ?
L’Europe peut réactiver des mesures de stockage temporaire, à la seule condition de réfléchir au moyen terme. On n’éteint pas un incendie avec deux verres d’eau !!
La dernière PAC n’a pas assez réorienté les aides vers les secteurs qui génèrent le plus d’emploi. Une révision immédiate s’impose et les leviers possibles sont nombreux et peuvent être efficaces rapidement.

Le rééquilibrage du rapport de force entre les différents acteurs est incontournable, avec notamment des organisations de producteurs par grands bassins de productions pour éviter l’échec cuisant des dispositifs actuels qui laissent chacun en relation directe avec son transformateur au travers d’un contrat qui stipule des volumes mais jamais de prix.

Et pour terminer, nous producteurs, sommes-nous prêts à garder la tête froide, et à ne pas nous laisser bercer par les sirènes de l’agroalimentaire, en adaptant notre production à la demande pour éviter le naufrage actuel ? Saurons-nous garder la maîtrise technique et financière de nos fermes pour éviter d’être pieds et poings liés avec des partenaires qui organisent et favorisent la concentration ? Si nous voulons vivre de notre métier, transmettre nos outils aux générations futures, nous avons besoin d’une PAC qui ait un sens, d’organisations pour discuter sereinement dans chaque filière mais, surtout, d’un Etat qui accepte de faire parfois le gendarme pour éviter de faire le pompier quand le feu fait rage." 




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par barreau le 24/07/2015 16:34 | Alerter
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tout à fait en phase avec cet article. Dommage qu'on ait des ultra-libéraux au pouvoir qui seront remplacés aux prochaines élections par d'autres ultra-libéraux...
les seuls qui pourraient arrêter ce jeu de massacre sont les consommateurs en se transformant en "consomm'acteurs" mais la grande majorité de nos concitoyens a-t-elle compris que les enjeux qui se trament derrière ce problème d'alimentation sont des enjeux de choix de société ?








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