Premiers Plans, "25 ans, ça commence à faire !"


Rédigé par - Angers, le 18/01/2013 - 08:15 / modifié le 18/01/2013 - 08:43


La 25e édition de Premiers Plans s'ouvre ce vendredi soir au Centre des Congrès d'Angers. Plus de 65 000 spectateurs y sont attendus durant dix jours autour des rétrospectives, hommages, expos et rencontres multiples qui composent le programme. Autour surtout de cinéastes et de films inconnus dont le destin se joue peut-être en partie à Angers. Fondateur et délégué-général de Premiers-Plans, Claude-Eric Poiroux, répond à nos questions.



Claude-Eric Poiroux, fondateur, Délégué général et Directeur artistique du Festival Premiers Plans d'Angers
Claude-Eric Poiroux, fondateur, Délégué général et Directeur artistique du Festival Premiers Plans d'Angers
la rédaction vous conseille
Angers Mag : "25 ans, ça inspire quoi au fondateur de Premiers Plans ?"

Claude-Eric Poiroux : "Disons que je ne suis pas très marqué par les anniversaires. Mais on est toujours content de voir que quelque-chose qui se lance arrive à tenir 25 ans. Un quart de siècle, ça commence à faire. Ça renvoie surtout aux incertitudes, aux fragilités du début. Quand on a démarré le festival, je n'ignorais pas l'idée que ça pouvait marcher et durer mais miser sur les premiers films d'auteurs, c'était aussi un grand risque vis à vis du public. La pertinence s'est vérifiée, le festival marche bien. Ce sont donc 25 années agréables à regarder."

Angers Mag : "La solidité du festival ne fait plus de doute aujourd'hui ?"

Claude-Eric Poiroux : "Je suis exploitant par ailleurs, je m'appuie donc toujours sur des réalités. Si on était tout seul dans notre coin en train de faire un festival ignoré, on pourrait s'inquiéter. Là, je pense qu'on a créé une demande, on a un public et il y a véritablement quelque-chose de singulier qui se passe à Angers durant le festival, qui je crois marque non seulement la ville mais au delà. Maintenant, le cinéma n'est pas non plus la préoccupation première des gens, mais il n'en jamais en dehors de la vie que ce soit pour se divertir, pour réfléchir, pour avoir d'autres horizons. Le cinéma à sa place dans la vie des gens."

Angers-Mag : "Est-ce que la situation est plus facile aujourd'hui pour le jeune cinéma européen ? Et est-ce que l'idée d'une réunion de ses jeunes acteurs a toujours autant de sens ?"

Claude-Eric Poiroux : "Les questions appellent une réponse nuancée. Évidemment que le cinéma se renouvelle, il ne fait que ça. On a la certitude d'avoir été un tremplin pour des tas de gens qui comptent pour le cinéma. Arnaud Desplechin, c'est quelqu'un dont on attend le prochain film. Maintenant, est-ce que c'est plus facile ? Le numérique a fait évoluer les choses, comme en son temps la technique a contribué à faire naitre la Nouvelle Vague, et a sans doute facilité l'accès au moyen d'expression qu'est le cinéma. On a plus de films à voir, le choix s'est élargi. C'est vrai aussi pour le festival : le visionnage des candidatures (près de 2500) mobilise 8 à 9 personnes durant trois mois. Est-ce qu'on fabrique autant d’œuvres indispensables ? Il y a peut-être une illusion derrière ça. Le cinéma, ça reste difficile."

Angers-Mag : "Quels réalisateurs, hors Arnaud Desplechin, ont marqué l'histoire de Premiers Plans, selon vous ?"

Claude-Eric Poiroux : "Joachim Trier (Grand Prix du jury avec Oslo en 2012) est un vrai cinéaste. Je me souvient de Fatih Akin, ce jeune cinéaste qui arrivait d'Hambourg, qui était plus que surpris d'être invité à l'étranger pour présenter son premier film. Aujourd'hui, il tourne où il veut et est présenté à Cannes. Je pense aussi à Nuri Bilge Ceylan, qui est venu deux années de suite. Je me souviens de lui et de ses petites lunettes, quelqu'un d'un peu effacé comme ça. Il y a Matteo Garonne, l'italien, Xavier Beauvois qui a présenté à Angers, Nord, et était complètement inconnu. D'accord, ils passent aussi ailleurs, mais nous sommes bien le seul festival en Europe à ne présenter que des premiers ou deuxièmes films. Et c'est bien cette concentration qui produit quelque-chose à l'arrivée."

Angers-Mag : "Un mot sur l'hommage à Claude Miller ?"

Claude-Eric Poiroux : "C'est forcément particulier. Il a été mon président pendant presque 20 ans à Europa Cinémas (le réseau de salles que dirige Claude-Eric Poiroux), quelqu'un de très proche et que j'ai beaucoup apprécié. Claude était dans l'intériorité et son cinéma est un peu à son image. Pour moi, il mérite d'être revisité. Nous sommes les premiers à le faire mais je sens qu'il y a une ferveur autour car c'est un cinéma qui n'a jamais fait dans l’esbroufe, très personnel. C'était pour moi naturel de lui rendre cet hommage."




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















Angers Mag











Angers Mag : #Angers REPORT'CITÉ trace sa route @Angers @MinistereCC @KeolisAngers https://t.co/5jrXBWmmjE https://t.co/dULolkaDWK
Mercredi 21 Juin - 12:33
Angers Mag : #Angers Ouest eMedia Presse (@angersmaginfo) a été placée en liquidation judiciaire https://t.co/vMG2O392Qi https://t.co/N9IyhvEjS3
Mercredi 21 Juin - 12:23
Angers Mag : « En Indonésie, le tourisme engendre des transformations profondes » #Angers https://t.co/gJQfDIqgwP https://t.co/bn8ODsUAFu
Jeudi 15 Juin - 10:03
Angers Mag : JoeyStarr, les différents visages de l'éloquence: Sur la scène du Festival d'Anjou le 15... https://t.co/9fZW6XZ2i2 https://t.co/bB4ZKtREuR
Mercredi 14 Juin - 12:03