Premiers Plans, 28e édition en vue


Rédigé par - Angers, le Jeudi 14 Janvier 2016 à 08:13


A huit jours de l'ouverture, les organisateurs du festival Premiers Plans ont livré lundi les dernières informations touchant au programme de la 28e édition. Jean Rochefort et Abderrahmane Sissako, notamment, s'ajoutent au casting déjà réjouissant que réunira l'événement cinématographique angevin. Clap sur l'essentiel.



Claude-Eric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans (au second plan), a livré lundi les dernières précisions sur le programme aux côtés de l'adjoint à la culture d'Angers, Alain Fouquet.
Claude-Eric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans (au second plan), a livré lundi les dernières précisions sur le programme aux côtés de l'adjoint à la culture d'Angers, Alain Fouquet.
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L'affiche
« Vol au-dessus d’un nid de coucou » -  Jack Nicholson
A bien y réfléchir, on se demande comment le visage illuminé de Jack Nicholson dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou » aurait pu ne pas vampiriser l’affiche du 28e Festival Premiers Plans d’Angers. Evident ? Oui, parce que son réalisateur, Milos Forman, fait l’objet d’une rétrospective durant le festival. Et quel film (1976) plus emblématique que celui-ci, récompensé par les 5 Oscars les plus prestigieux et par le César du meilleur film étranger (1977) ? A quelques semaines près – le « Vol » de Forman est sorti dans les salles en novembre 1975 -l’affiche célèbre donc le 40e anniversaire de l’un des monuments du 7e art.

Oui, encore, parce que le rendez-vous européen incontournable des premiers films s’intéresse cette année à la figure des rebelles au cinéma. Et que Jack Nicholson en campe un foutu spécimen, immergé qu’il est dans la peau de Randle McMurphy, simulant la folie -et intégrant un hôpital psychiatrique- pour échapper aux travaux forcés. Il n'échappera pourtant pas à la poigne autoritaire de la Nurse Ratched.

L'affiche de cette 28e édition.
L'affiche de cette 28e édition.
Oui, enfin, car le roman (1962) du génial Ken Kesey -dans lequel Forman a vu une allégorie du joug totalitaire imposé par le pouvoir soviétique dans "sa" Tchécoslovaquie- dénonce avec force la restriction des libertés individuelles par la société.
Une affiche comme un état d'urgence ?
 
La compétition
Premiers plans, addition de talents… mais aussi de chiffres qui peuvent donner le vertige : près de 4000 films, dont 1700 premières œuvres diffusées en compétition officielle, depuis la création du festival. Sur cette seule édition 2016, les équipes ont reçu quelque 2300 films, nécessitant 3 mois de visionnage… pour une sélection de 80 films, répartis dans les 6 catégories de la compétition officielle : premiers longs métrages européens, premiers longs métrages français, premiers courts métrages européens, premiers courts métrages français, films d’école européens, plans animés européens.

Qu’on ne s’y trompe pas : ce sont bien les lendemains du cinéma européen qui se découvrent chaque année à Premiers Plans. Des films qui témoignent d’une époque, « prennent le pouls d’une génération », image Arnaud Gourmelen, le responsable sélection et programmation du festival, mais aussi des (r)évolutions en cours sur les formes du 7e art. "C'est un festival qui prend un risque en présentant chaque année de jeunes cinéastes dont on ne connait que le premier film ou le premier court-métrage, rappelle Claude-Eric Poiroux, le délégué général de Premiers Plans, Ces films, forcément, ne sont pas parfaits, mais parce qu'ils ne sont pas formatés, ils ont toujours des choses singulières à révéler."

Révélateur patenté de pépites cinématographique, Premiers Plans mène aussi un travail de défrichage avec ces jeunes réalisateurs, notamment lors de Ateliers d’Angers. Deux de ses résidents –Rachel Lang pour « Baden Baden » et Guillaume Senez pour « Keeper »- briguent ainsi en 2016 le Grand Prix du jury. Une récompense qui avait échu, en 2015, à « Toto et ses sœurs » du réalisateur roumain Alexander Nanau.

Quels scénarios !
C’est l’une des « marques de fabrique » de Premiers Plans : mais cette année, les lectures de scénario (qui retrouveront la salle GAN du Centre des Congrès) résonneront de manière tout à fait singulière. C’est notamment cet exercice («La Sentinelle ») qui a révélé le talent du président du jury, Arnaud Desplechin, aux yeux du grand public, lors de la première édition de ces lectures, en 1991.

Récentes lauréates du Prix spécial du scénario sopadin du jury, Annarita Zambrano et Delphine Agut viendront présenter « Après la guerre » (lu par Marilyne Canto). Les deux autres lectures de long-métrage mettront en lumière des noms déjà entendus à Premiers Plans : Léa Mysius et Paul Guilhaume, lauréats du Prix du public à un scénario de court métrage, en 2015, pour « L’Île Jaune », présenteront à la lecture leur 1er long, « Ava » (lu par Laetitia Dosch). Le 3e long lu est l’œuvre de la scénariste des « Combattants » de Thomas Cailley, Claude le Pape –associée ici à Hubert Charuel- qui signe « Bloody Milk », l’histoire d’un agriculteur contraint d’abattre ses vaches à cause d’une épidémie (lu par Swann Arlaud).

Les lectures, ce sont aussi 3 courts métrages lus en public par des comédiens coachés par Claire Burger, révélée à Angers en 2009.

Les rétrospectives
Alain Cavalier, Milos Forman, Andreï Zviaguintsev, l’Islande…
Dans le petit monde du cinéma, en tout cas celui défendu à Premiers Plans, on ne célèbre pas une carrière sur la base du nombre de statuettes posées sur l’étagère, mais sur l’exigence et la qualité d’une matière première : les films. Reste que cette 28e édition sera marquée, côté Rétro, du sceau des récompenses : Lion (Venise), Ours (Berlin), Grand Prix (Cannes), César ou Oscar jalonnent la carrière des trois cinéastes mis en lumière sur les bords de Maine.

Vincent Lindon viendra présenter lui-même "Pater" d'Alain Cavalier le jeudi 28.
Vincent Lindon viendra présenter lui-même "Pater" d'Alain Cavalier le jeudi 28.
Le premier d’entre eux, Milos Forman, offre au festival son affiche 2016. En 50 ans de carrière, le réalisateur américain d’origine tchécoslovaque a ciselé quelques pépites au 7e art, depuis « L’As de Pique » en 1963 : « Au feu les pompiers » (1967), « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975), « Amadeus » (1984), « Larry Flynt » (1996) ou Les Fantômes de Goya » (2006)… et c’est l’un des ses scénaristes les plus fidèles, Jean-Claude Carrière, qui viendra à Angers parler de ce demi-siècle de grand écran.

Deux grands noms du cinéma français, Vincent Lindon –inoubliable dans « Pater » (2011)- et Jean Rochefort ("Un étrange voyage"/1979) accompagneront le réalisateur Alain Cavalier dans la rétrospective qui lui est consacrée. Artiste radical dans la manière dont il a évolué, le cinéaste trace depuis ses débuts un sillon singulier, en marge de l’industrie cinématographique. La preuve en image avec « La Chamade » (1968), « Martin et Léa » (1979), « Thérèse » (1986), « Le Filmeur » (2004) ou le plus récent « Le Caravage » (2015).

Douze ans, quatre films et quatre coups de poing, Angers accueillera également le réalisateur russe et rare, Andreï Zviaguintsev : « Le Retour », « Le Banissement », « Elena » et « Leviathan » viennent de sortir dans un même coffret DVD (Pyramide Video). A noter également, pour cette 28e édition, un hommage à la cinéaste belge Chantal Akerman, figure tutélaire du « cinéma moderne » récemment disparue, et un focus sur le cinéma islandais, pays d’origine de la réalisatrice française Solveig Anspach, elle aussi disparue à l’été 2015.

Autre figure du cinéma à l'honneur, Michaël Lonsdale  fera cette année le lien entre Premiers Plans et le Quai. Le festival présentera sept des films qui ont marqué sa carrière ("Snobs !" de Jean-Pierre Mocky attendu de nouveau lui aussi, "Baisers volés" de François Truffaut, "Au nom de la rose" de Jean-Jacques Annaud...). De son côté, le Quai accueillera l'acteur pour des lectures de lettres poèmes de Charles Péguy ('Entre ciel et terre") et un concert-lecture aux côtés du musicien angevin Titi Robin.

Ancré dans le réel
Fil conducteur, dénominateur commun, affaire temps présent... appelez-ça comme vous voulez, toujours est-il que la question des migrations apparaît, sous une forme ou une autre, dans nombre des films sélectionnés par les équipes de Premiers Plans pour la compétition. Et comme "le cinéma ne peut pas être détaché de la vie", selon les mots du président du festival, Jérôme Clément, la 28e édition présentera, en plus d'une thématique "Rebelles", une thématique "Migrants d'aujourd'hui". 7 films sont ainsi réunis dans cette sélection, dont "Hope" (notre photo), récompensé en 2015 par le prix du public dans la catégorie long-métrage français, et "Heremakono" d'Abderrahmane Sissako. César 2015 du meilleur réalisateur, le cinéaste mauritanien, fidèle lui-aussi d'Angers, viendra présider le 26 janvier une table-ronde autour du traitement de la question des migrants par le 7er Art.

Retrouvez l'ensemble de la sélection, des rétrospectives, rencontres et événements du festival sur le site : www.premiersplans.org

La bande-annonce de la 28e édition de Premiers Plans, signée Loïc Barché.




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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