Premiers Plans Angers : le sous-titrage, de la lettre à l’esprit…

[Dossier] Premiers Plans, scène sans frontières 4/5


Rédigé par - Angers, le Jeudi 22 Janvier 2015 à 07:26


Métier méconnu du cinéma, la traduction audiovisuelle n’en recèle pas moins l’une des clés essentielles de l’internationalisation du 7e art, à Premiers Plans notamment : comment apprécier un film –si esthétique soit-il- sans en comprendre le sens ? Décryptage.



"Les lendemains", de Bénédicte Pagnot, sous-titré en anglais, et en chinois. Crédit photo : Mathilde Prodhomme.
"Les lendemains", de Bénédicte Pagnot, sous-titré en anglais, et en chinois. Crédit photo : Mathilde Prodhomme.
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Il y a bien sûr les noms –parfois prestigieux- des cinéastes découverts à Premiers Plans, depuis 1989. Mais ce qui constitue l’ADN de la grand-messe du cinéma angevin, c’est son étonnant cosmopolitisme : chaque année, les équipes réunis autour du programmateur Arnaud Gourmelen visionnent des premiers films venus de près de 30 pays européens.

Une richesse, en même temps qu’un défi, celui du sous-titrage et/ou du doublage. « La grande majorité des films que nous recevons ne sont pas sous-titrés », précise Arnaud Gourmelen. Tout au bout de la chaîne de production –« parfois même au-delà », souligne Jean-François Cornu, 30 ans de métier- le traducteur audiovisuel ou adaptateur est celui sans qui le public angevin, à l’instar de tous les cinéphiles du monde, ne pourrait entrer de plain-pied dans le cinéma anglais, turc, danois ou estonien.

Oui, un mauvais sous-titrage peut « flinguer » un film, et la chose est d’autant plus vrai lors des festivals, où « le temps de traduction est réduit », souligne Jean-François Cornu, qui a fait ses premières armes au festival nantais des 3 continents.

Sans compter qu’on ne s’improvise pas traducteur audiovisuel en un clap. « En sous-titrage, la contrainte porte sur le fait que l’on passe de la langue orale à la langue écrite ». Elémentaire ?  Peut-être, mais pas sans incidence. « L’anglais est par exemple plus concis que le français dans la longueur des mots : on estime qu’il y a 10 ou 15 % de signes en plus en langue française, or, à l’image, nous sommes contraints de faire l’inverse ! », poursuit l’adaptateur.
En théorie, un film de cinéma, c’est 24 images par seconde et le traducteur table en moyenne sur « deux images par lettre ». Sauf que lorsque vous vous retrouvez seul devant votre logiciel de montage, avec le débit mitraillette de Woody Allen, les choses se compliquent !

En théorie, un film de cinéma, c’est 24 images par seconde et le traducteur table en moyenne sur « deux images par lettre ». Sauf que lorsque vous vous retrouvez seul devant votre logiciel de montage, avec le débit mitraillette de Woody Allen, les choses se compliquent !

Il faut alors aller au-delà de la simple technique, pour « contourner les difficultés, et privilégier l’esprit à la lettre ». Pour que l’adaptation ne soit pas une trahison. « La spécificité du sous-titrage, c’est que l’on s’appuie énormément sur les éléments visuels. La traduction, c’est prendre en compte le rapport entre le texte, l’image et le son », complète Jean-François Cornu, à qui il paraît « rédhibitoire de ne pas être cinéphile pour faire ce métier. C’est une forme de traduction tellement particulière que si l’on n’est pas sensible au montage, au rythme d’un film, c’est impossible… »
 
« Le doublage et le sous-titrage, histoire et esthétique », Jean-François Cornu, PUR, 23 €.
 

Les trois temps du sous-titrage
 
L’ère numérique a changé les conditions de travail des adaptateurs, pas l’essence du métier. Le rituel est immuable :
  1. Le repérage, une « une étape capitale pour identifier l’emplacement des futurs sous-titres. La durée de chaque réplique conditionne le nombre de caractères.
  2. La traduction, « en moyenne, un film d’1h30, c’est 900 sous-titres »
  3. La simulation, « pour vérifier que les sous-titres sont bien calés, et corriger les dernières erreurs. »




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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