Premiers Plans : Une grande promenade avec Agnès Varda


Rédigé par - Angers, le 20/01/2013 - 10:24 / modifié le 20/01/2013 - 15:44


Quand elle ne tourne pas un film la réalisatrice et plasticienne française Agnès Varda, promène son petit caméscope pour capter des instants de vie, ses rencontres, les villes qu’elle traverse, ses amis, sa famille son univers, comme d’autres pourraient le faire avec un stylo sur un cahier. Dans le cadre du Festival Premiers Plan elle présente, « Agnès de ci de là Varda », toutes ses notes vidéo, sous forme d’épisodes. A suivre …



Agnès Varda et Claude-Eric Poiroux lors de la présentation des deux premiers épisodes, ce samedi au cinéma les Variétés à Angers
Agnès Varda et Claude-Eric Poiroux lors de la présentation des deux premiers épisodes, ce samedi au cinéma les Variétés à Angers
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De Paris, à Berlin, en passant par Boston, Porto ou même Nantes, à pied, en métro, en voiture, en avion ou en bateau, la réalisatrice Agnès Varda dont les cinéphiles connaissent et apprécient l’œuvre cinématographique, ne se sépare pas de sa petite caméra qui lui permet de capter tous les frémissements et bouillonnements dans ce qui l’entoure.

Elle filme tout : les ours de Berlin – il y en partout dans la ville- lors du Festival de Berlin, saluant au passage l’œuvre du réalisateur germanique Fassebinder en passant sur la Potsdamer Platz, ses rencontres portugaises avec le cinéaste centenaire Manoel de Oliveira, lequel imite Charlie Chaplin (Charlot) devant sa caméra, ou encore Michel Piccoli, Anouk Aimée, lors d’un hommage au cinéaste Jacques Demy, à Nantes.

« C’est une grande balade, je papillonne et je prends tout ce qui m’intéresse », déclare la cinéaste devant le public venu nombreux dans la salle des Variétés pour discuter avec elle. « J’aime montrer ces images, ça va parfois un peu vite. Dites, vous ne trouvez pas que ça va vite », dit-elle pour démontrer que la vie est ainsi, elle défile aussi vite, trop vite parfois.

Un peu nostalgique, Agnès Varda, pas tout à fait, car ces petits bouts de films, savamment montés, même si on les croirait tout droit sortis du caméscope sont là pour rappeler que la vie avance à grands pas, mais qu’elle repart à chaque fois à l’exemple de cet arbre particulièrement vivace dont on voit l’ébranchage au début de chaque épisode et qu’elle montre couvert de branches et de feuilles lors de son retour de voyage.

« C’est parfois mal filmé », avoue la réalisatrice, « mais ce sont des choses que j’attrape au vol. C’est comme un jeu ». D’ailleurs, comme elle l’est certainement dans la vie, Agnès Varda traite certaines scènes avec beaucoup d’humour. Et le public, conquis, rit de situations parfois cocasses que la réalisatrice a pris visiblement plaisir à filmer.

Elle n’hésite pas à partager son kaléidoscope de la vie. « Il s’agit pour moi de transmettre ce que je vie, l’amitié avec mes proches, la famille, les amis du cinéma. Je ne suis pas là pour transmettre des doctrines, mais pour partager avec vous mes rencontres ». Des rencontres simples, des visages de montres sacrés du cinéma, devenus simples individus du monde, devant l'objectif d'Agnès Varda.

Le public apprécie ce long voyage, en plusieurs épisodes, distillés pendant la semaine du Festival. Un moyen de voir cette immense réalisatrice sous un autre angle, plus proche d’un public qu’elle n’hésite pas à filmer. Hier après-midi, à Angers, elle n’avait pas amené sa caméra. Bizarre… Mais peut-être la sortira-t-elle lors des prochains épisodes ?





Yannick Sourisseau
Web Journaliste suivant plus particulièrement les technologies digitales Formateur technologies de... En savoir plus sur cet auteur















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