Premiers Plans : de la cinquième au Septième Art


Rédigé par Sébastien ROCHARD - Angers, le Jeudi 16 Janvier 2014 à 07:39


Comme chaque année depuis 2010, quelque 300 collégiens du département* participent au dispositif « Une journée particulière », financé par le Conseil général dans le cadre du festival de cinéma d'Angers. L’occasion pour chacun de découvrir ce qui se passe derrière et avant la toile...



La lumière, la caméra, la direction d'acteurs, le tournage…
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A l’heure de tourner le dos au Septième Art, en 2011, Ettore Scola arguait ne pas vouloir devenir « comme ces vieilles dames qui continuent à mettre du rouge et des talons aiguille pour rester avec les jeunes ». Et le réalisateur italien de conclure : « L’idée d’enseignement ne me plaît pas. Il me suffit de pouvoir être considéré comme un exemple par quelques-uns. » Qu’il se rassure, depuis 2010, son œuvre nourrit – sans rouge ni talons aiguille – les vocations des plus jeunes, dans le Maine-et-Loire, à travers l’un des ses films les plus remarquables : « Une journée particulière ».

En cette froide après-midi d’automne, les élèves de la cinquième 5 du collège François-Rabelais d’Angers sont réunis pour le traditionnel et hebdomadaire Itinéraire de découverte (IDD) «cinéma». Mais aujourd’hui, on rentre dans le vif du sujet. Dans quelques jours, l’un sera réalisateur, l’autre machiniste, un troisième électricien : tous seront acteurs d’un plan séquence de leur cru, tourné dans des conditions professionnelles dans les studios Bodinier, à Angers. C’est cela, le dispositif «Une journée particulière».

« Les élèves filment ce qu’ils ont écrit, avec les forces et les faiblesses. Ce qui est intéressant, c’est le processus », exprime Christine Foucault, professeur de français à Belle-Beille, qui anime avec Amélie Jacquemin, professeur d’histoire, l’IDD cinéma. Dans la classe, on n’en est pas encore là. Walid doute même que lui et ses camarades puissent parvenir jusqu’à cette journée de tournage.

«Il faut imaginer une histoire, écrire un scénario et créer le storyboard ? On n’aura jamais le temps», interroge le jeune homme. S’est il seulement rendu compte qu’à 13 ans, il sait précisément ce qu’est un scénario et à quoi ressemble un storyboard ? Car c’est aussi cela, « Une journée particulière » : une entrée de plain-pied dans l’univers du 7e art, sans avoir l’air d’y toucher. «La classe est très hétérogène, les collégiens viennent d’univers très différents, souligne Christine Foucault. Certains, peu à l’aise dans le champ scolaire, se découvrent des qualités dans les métiers du cinéma».

« Journal du cinéphile »

Tous ne seront pas réalisateurs ou comédiens, mais l’an passé, l’un d’entre eux avait montré, en studio, de l’intérêt pour le métier d’électricien... qui est aussi un métier de cinéma. Durant deux heures, prenant appui sur un texte de Roland Barthes, puis sur le travail réalisé par Jean-Pierre Jeunet pour «Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain», Christine et Amélie captent l’attention de leurs élèves et préparent le terrain pour l’écriture d’un scénario consacré cette année au thème de «La Métamorphose».

L’an passé, c’est le « travail » qui était au goût du jour, et une grande partie du collège s’était pris au jeu : un storyboard avec des gros cubes de construction, un travelling bricolé par l’homme d’entretien sur son chariot de ménage..., c’était système D, mais « un investissement de tous les instants des élèves, et un très grand souvenir pour tous, témoigne Christine Foucault. Nous avons choisi à François-Rabelais, à travers l’IDD, d’aller au-delà du dispositif “Une Journée particulière”. En plus de l’intérêt pour nos matières respectives – il y a dans le scénario une économie d’écriture que l’on retrouve dans l’écriture théâtrale – l’aventure a soudé le groupe comme jamais. Et littéralement bluffé les parents ».

Pour Mattéo, c’est une révélation. En classe, il a découvert le praxinoscope, Méliès, Dr Jekyll et Mr Hyde, Frankenstein. Son « Journal du cinéphile » se noircit de critiques et commentaires au rythme des films qu’il découvre. Dans tous les établissements concernés par le dispositif, des fondus de pellicules attendent avec impatience la fameuse journée de tournage. Ils y seront encadrés par des professionnels (réalisation, lumière et son, direction d’acteurs, décor, machinerie), « parfois surpris par l’intuition des collégiens », souligne Emmanuelle Gibault, en charge du jeune public pour le festival. Et curieux de découvrir ces premiers plans...

* Les collèges qui participent à « Une journée particulière » : Georges-Pompidou, à Champtoceaux, Montaigne, Chevreul et François-Rabelais à Angers, Notre-Dame du Bretonnet à Cholet, Clément-Janequin, à Avrillé, Benjamin Delessert, à Saumur, Vallée du Lys, à Vihiers, Maryse-Bastié, à Ingrandes, Camille-Claudel, au Louroux-Béconnais.












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