Premiers Plans : l'essentiel de la 29e édition...


Rédigé par La Rédaction - Angers, le Mardi 17 Janvier 2017 à 07:45


La 29e édition du Festival Premiers Plans s'ouvrira vendredi 20 janvier, avec un programme aussi dense que qualitatif. Impossible d'être exhaustif : aussi, pour vous préparer au mieux à ce rendez-vous incontournable du 7e Art, la rédaction vous propose un premier condensé d'informations sur le sujet... avant une série de cinq focus sur le festival.



L'enfant, des frères Dardenne, a servi de photo de base à Benjamin Baltimore pour composer l'affiche de cette 29 édition de Premiers Plans, dont le jury sera présidé par Lambert Wilson. Crédit photo : A. Fabian
L'enfant, des frères Dardenne, a servi de photo de base à Benjamin Baltimore pour composer l'affiche de cette 29 édition de Premiers Plans, dont le jury sera présidé par Lambert Wilson. Crédit photo : A. Fabian
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L'Affiche : "L'enfant" des frères Dardenne
 
En 2015, l'inénarrable duo Depardieu/Dewaere fuyait à vélo la fourche et le courroux d'un paysan, dans Les Valseuses de Bertrand Blier. L'affiche de la 29e édition du festival Premiers Plans garde cette idée de mouvement et de vitesse, mais troque les vélos contre un scooter. Plein cadre, on retrouve "le profil parfait", selon le délégué général de l'événement, Claude-Eric Poiroux, de l'un des acteurs fétiches de Jean-Pierre et Luc Dardenne : Jérémie Renier.
Les deux cinéastes belges, invités d'honneur du festival, récolte avec L'Enfant (2005) -le film dont est tirée l'affiche- leur deuxième Palme d'Or à Cannes, après Rosetta, en 1999. Une récompense qui vient soutenir un cinéma novateur, personnel, témoin de l'injustice sociale et des hommes en marge. Bruno, le personnage campé par Jérémie Renier, est de ceux-là, dont le couple qu'il forme avec Sonia (Déborah François) ne vit que des allocations de cette dernière et d'expédients... qui le mèneront en prison.
Portrait d'une déchéance, L'Enfant est aussi et avant tout une exploration d'un thème qui leur est cher, celui de la filiation, traité à partir de l'acte le plus atroce qui soit : la vente de son nourrisson.
Quel avenir quand on a ce passé ? Voilà la question posée par les frères Dardenne, et par l'affiche de ce 29e festival Premiers Plans, qui regarde toujours devant sans oublier ce qu'il a été et ce qu'il est.

"Compte tes blessures" de Morgan Simon, avec Kevin Azaïs, est un des films en compétition. Crédit photo : Rezo Films
"Compte tes blessures" de Morgan Simon, avec Kevin Azaïs, est un des films en compétition. Crédit photo : Rezo Films
La compétition : 80 découvertes européennes
 
Premiers longs métrages européens, premiers longs métrages français, premiers courts métrages européens, premiers courts métrages français, films d'écoles européens, plans animés européens... S'il y a bien quelques chose d'immuable, à Premiers Plans, c'est la liste des six catégories de la compétition officielle de l'événement -pour 80 films au total-et la récompense suprême, le Grand Prix du Jury, qui avait échu, en 2016, à Guillaume Senez -un ancien des Ateliers d'Angers- pour Keeper.

Premiers Plans, défricheur de talents ? Indéniable, et le cru 2017 devrait confirmer la règle : parmi les réalisateurs sélectionnés pour les longs métrages français, deux ont une histoire avec le festival : Julia Ducournau, dont le court métrage Junior avait été triplement récompensé en 2012, et Morgan Simon, ancien résident des Ateliers d'Angers, sur le projet qu'il présente aujourd'hui, "Compte tes blessures".
Côté premiers longs métrages européens, la sélection (8 films) opérée par les programmateurs de Premiers Plans compte une plus grande palette de genres que d'habitude. "Les jeunes réalisateurs tentent de raconter des histoires autrement", explique le responsable de la programmation, Arnaud Gourmelen. Au programme, donc, un polar espagnol et un film de super-héros italien, entre autres...

Lecture de scénario
 
C'est l'une des marques de fabrique du festival Premiers Plans, et le succès public qu'elles remportent chaque année ne font que conforter les équipes du festival dans leur choix : les lectures de scénario avec des comédiens professionnels sont reconduites cette année au Centre des Congrès, avec trois propositions de long-métrages dont les réalisateurs ne sont pas inconnus à Angers. Yann Delattre a reçu en 2016 le prix du public pour son court-métrage, Jeunesse des Loups-Garous. Un comédien lira le scénario de son premier "long", L'Année du chien ; même chose pour Pearl, d'Elsa Amiel, primé en 2008 pour son court-métrage, Faccia d'Angelo. Enfin, Emma Benestan, résidente des Ateliers d'Angers en 2015, présentera Petit sauvage, son projet de long-métrage, mené avec Marion Desseigne Ravel.

Toujours dans le cadre de ces lectures, 4 scénarios de courts métrages -dont l'un a déjà été tourné- seront lus par des comédiens Talents Adami Cannes 2016, dirigés par la réalisatrice Claire Burger.

Le président du jury
 
Difficile de loger ici la filmographie de celui qui préside la 29e édition du festival Premiers Plans : avec plus de 80 films au compteur, le comédien Lambert Wilson a roulé sa bosse dans la profession, de films d'auteurs au blockbusters américains, de l'intensité du rôle de l'Abbé Pierre (Hiver 54) à la légèreté de Palais Royal. Il succède ainsi à Arnaud Desplechin, président en 2016, et entend conforter par là même "sa fidélité" à un festival qui l'a vu, par deux fois, lire des scénarios : en 2000 pour L’Ogre de Ménilmontant, d’Emmanuel Ortner et surtout en 2005, pour lire le scénario jamais tourné de L’Agence Magic, de François Truffaut.

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La réalisatrice Andrea Arnold fera l'objet d'une rétrospective où sera notamment présenté son dernier film, "American Honey". Crédit photo : Robbie Ryan
La réalisatrice Andrea Arnold fera l'objet d'une rétrospective où sera notamment présenté son dernier film, "American Honey". Crédit photo : Robbie Ryan
Les rétrospectives
 
Un clin d'œil à l'édition précédente et un large focus sur une même "famille" de cinéma... c'est, entre autres, le programme des rétrospectives proposées par cette 29e édition de Premiers Plans.
 
Coppola, Haneke, Loach, Kusturica... ils ne sont que quelques-uns, les réalisateurs à avoir inscrit deux fois leur nom au palmarès du Festival de Cannes, mais seuls deux frères y sont parvenus : Jean-Pierre et Luc Dardenne. Les cinéastes belges, primés sur la Croisette pour Rosetta (1999) puis L'enfant (2005) sont les prestigieux invités de cette 29e édition, où seront présentés une quinzaine de leurs films qui révèlent chacun d'eux la constance de leur mise en scène : caméra à l'épaule, épure, gros plan, environnement sonore imposant... Révélateurs patentés d'acteurs -Olivier Gourmet et Jérémie Renier (La Promesse, 1996), Emilie Dequenne (Rosetta, 1999)...- ils seront présents à Angers avec certains d'entre eux.

On reste dans la même veine cinématographique, avec deux autres rétrospectives consacrées au réalisateur roumain, Cristian Mungiu et à la Britannique Andrea Arnold. Eux aussi sont multi-récompensés à Cannes -la Palme d'Or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours (2007) pour le premier ; trois prix du jury (Red Road en 2006, Fish Tank en 2009 et American Honey en 2016) pour la seconde- mais c'est avant tout "leur style, leur sujet, leur rapport au monde qui les rapprochent des frères Dardenne", explique Claude-Eric Poiroux.
 
Le clin d'œil (discret) à la précédente édition interviendra avec la diffusion de Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), du président du jury 2016, Arnaud Desplechin, avec une certaine Emmanuelle Devos. La comédienne fera l'objet d'une rétrospective durant la 29e édition, au travers, notamment, des films de Noémie Lvovsky (Dis-moi oui, dis-moi non, 1990), Toni Marshall (Tontaine et Tonton, 2000) Jacques Audiard (Sur mes lèvres, 2001) ou encore Martin Provost (Violette, 2013).
Emmanuelle Devos est présente à Angers, où elle donnera également au Quai le spectacle de Yasmina Reza, Bella Figura.

Cinéma et pouvoirs
 

En ces temps électifs, en France comme à l'international, le festival a décidé de consacrer une rétrospective aux nombreux œuvres du 7e art qui mettent en scène l'individu dans sa relation aux pouvoirs, souvent dominateurs, parfois menaçants. Un choix de 16 films qui ne se cantonnent pas au pouvoir politique, mais également au pouvoir religieux : ce sera le cas de Amen (2002) de Costa-Gavras (qui est présent), Osama (2004) de Siddiq Barmak (lui aussi présent)  ou d'Habemus Papam (2011) de Nanni Moretti.
Sur le plan politique, Le Dictateur (Charlie Chaplin, 1940), The Navigators (Ken Loach, 2001) ou L'exercice de l'Etat (Pierre Schoeller, 2011) étaient incontournables...
 
Deux autres rétrospectives thématiques seront consacrées à l'Altro Cinema, des Sergio Leone, Mario Bava ou Dario Argento, ainsi qu'à l'histoire du cinéma d'animation polonais, depuis la fin des années 50 jusqu'à ces derniers mois.

Lien vers le supplément Angers Mag consacré au festival.












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