Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran

[Dossier] Premiers Plans, scène sans frontières 2/5


Rédigé par Rédaction Angers Mag - Angers, le Mardi 20 Janvier 2015 à 07:55


Depuis sa création, le festival de cinéma Premiers Plans est une fenêtre ouverte sur l’Europe et ses évolutions politique, sociologique et ulturelle. La preuve en cinq films programmés en compétition, souvenirs de fidèles du festival.



Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran
la rédaction vous conseille
Bertrand Guyomar, journaliste au Courrier de l’Ouest
« La petite Vera » de Vassili Pitchoul (1989)
 
« Ce film, projeté à la première édition en janvier 1989, est celui qui me vient d’emblée à l’esprit. Je me souviens en avoir discuté à peine levé de mon siège – dans l’ancienne grande salle des 400 Coups, où avait lieu la compétition – avec Gérard Pilet, alors président du Festival. On était littéralement groggy.

En matière de cinéma russe, j’en étais resté à Quand passent les cigognes (N.D.L.R. : de Mikhaïl Kalatozov, Palme d'or 1958) ! C’est l’histoire d’une ado qui vit dans une HLM crasseux de Russie et qui fait les 400 coups parce qu’elle en a marre de l’ambiance familiale. Alors elle s’émancipe, y compris sur le plan amoureux… il y a d’ailleurs des scènes assez crues.

La forme est proche du documentaire et on sent bien qu’on n’est pas loin de la réalité d’un pays en pleine Perestroïka. Et franchement, même si on sent un vent de liberté dans tout ça, c’est pas la joie pour les Russes « de base » !... Le film avait eu le Prix du Jury, présidé par Theo Angelopoulos. Pas mal pour un coup d’essai ! »

 

Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran
Pascale Marchand, conseillère municipal déléguée au spectacle vivant
« Strass » de Vincent Lannoo (2002)
 
« J’ai découvert ce film belge en 2002, quand il a reçu le Grand prix du jury que présidait cette année-là Nathalie Baye. C’est l’un des plus décalés qu’il m’a été donné de voir. Il s’inscrit à mon sens dans la lignée de C’est arrivé près de chez vous, que j’avais vu à sa sortie dix ans plus tôt et qui a marqué l’histoire du cinéma. Strass est un faux documentaire, tourné caméra à l’épaule, qui plonge le spectateur dans une ambiance de reality show avant l’heure.

Pendant une heure et demie, le spectateur suit une équipe de tournage venue réaliser un reportage dans une école de théâtre qui prône la « pédagogie ouverte ». On y découvre en particulier un professeur dont on entrevoit très rapidement les limites de ses compétences. Strass est un film très drôle, parfois déroutant sur les coulisses d’un établissement d’enseignement artistique.

Ayant moi-même fait du théâtre pendant une quinzaine d’années, je me suis vraiment amusée de cette vision satirique de certaines formes de pédagogie pratiquées. »

Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran
Anne-Juliette Jolivet, programmatrice des 400 Coups cinémas
« L’Etrangère » de Feo Aladag (2011)
 
« Parmi les premiers longs métrages, celui-ci m’a particulièrement intéressée. C’est un fil(m) tendu entre deux capitales européennes, Istanbul et Berlin. Entre deux pays, deux histoires, avec les difficultés inhérentes à ces différences et aussi les points de jonction, de compréhension. L’Etrangère est étonnant par la manière dont il traite le sujet du mariage forcé avec humanité, sans dramatisation mais avec ténacité. 

De nombreux autres sujets tels que la famille, le couple, la tradition, la place de l’individu dans une communauté sont finement et justement traités. L’actrice qui incarne le rôle principal est bouleversante. Une mise en scène sans fioritures, sèche, précise.

A la fin de la projection, après un long moment de silence, une grande partie au public s’est levée lentement, comme engourdie, mais aussi dynamisée par ce drame. En 2011, beaucoup de festivaliers ont comme moi été séduits et bouleversés par ce film : ils lui ont avec décerné le Prix du Public ».

 

Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran
Louis Mathieu, président de Cinéma Parlant
« Tornando a casa » de Vincenzo Marra (2002)
 
« Un film dur, âpre, qui persiste obstinément dans la mémoire : des pêcheurs napolitains au travail, face à une mer qui ne se laisse pas faire, traversant la limite des eaux territoriales pour ramener davantage de poisson, et des immigrants voulant franchir dans l'autre sens cette étendue mouvante séparant l'Afrique de l'Europe.

Un retour à ce néoréalisme qui a fait l'honneur de l'Italie, dans la lignée de La terre tremble de Lucino Visconti (1948), avec une caméra documentaire, mais sur une réalité de notre époque : la pauvreté existe en Europe.

Elle existe ailleurs aussi, les deux ne s’opposent pas, il peut y avoir des gestes magnifiques de solidarité dans cette nuit glacée aux eaux froides. Loin de certains discours, les barrières s'effacent, il n'y a plus qu'une seule condition humaine, et c'est la puissance du cinéma de rendre sensible la fragilité mais aussi le prix de chaque vie, par-delà toute différence ».

Premiers Plans : quand l'Europe s'écrit sur Grand Ecran
Gérard Pilet, co-fondateur du festival Premiers Plans
« Joli village, jolie flamme » de Srdjan Dragojevic (1997)
 
« J’ai découvert ce long métrage bosniaque (Prix du Public 1997) avec intérêt et une curiosité guidée par trois émotions personnelles. En Avril 1996, j’avais participé à Sarajevo à la réouverture d’un cinéma, symbole de renaissance dans une ville martyre. J’y avais rencontré Francis Bueb, le fondateur du centre culturel André Malraux, un monument.

J’avais aussi résidé quelques jours à Prstina au Kosovo où je retrouvais un de mes fils qui, dans l’équipe de Bernard Kouchner, participait à la réorganisation administrative et urbaine de la ville. Enfin, 1997 était l’année de négociation de Paix après la guerre des Balkans où nous Européens étions restés congelés. A l’écran, ce film exprime l’absurdité de cette guerre fratricide qui brise, artificiellement, l’amitié de deux amis.

De plans d’un hôpital serein à ceux violents dans un tunnel, lieu d’enfer et de combats inhumains, ces  deux frères de vie s’affrontent, se côtoient chacun dans sa vérité, d’amitié perdue ? »
 












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