Premiers Plans rend hommage à l’ami Patrice Chéreau


Rédigé par Tristan LOUISE. Photos : Sandrine Jousseaume - Angers, le Mardi 21 Janvier 2014 à 07:46


Pour sa 26e édition, le festival rend hommage à l’homme de théâtre et au cinéaste, natif de Lézigné, décédé en octobre dernier. Philippe Coutant, son complice, Claude-Eric Poiroux et Jérôme Clément, se souviennent de lui.



"L'homme blessé" de Patrice Chéreau sera projeté ce mardi après-midi à 17h au Variétés en présence du comédien Jean-Hugues Anglade.
"L'homme blessé" de Patrice Chéreau sera projeté ce mardi après-midi à 17h au Variétés en présence du comédien Jean-Hugues Anglade.
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Il reste un regard. C’était il y a une dizaine d’années. Patrice Chéreau était venu présenter Son frère, aux 400 Coups. Dans la cour d’un hôtel du centre-ville d’Angers, il évoquait son œuvre tout en nous transperçant de ses yeux que l’on sentait exigeants, curieux, insatiables. « Il allait toujours à l’essentiel, raconte Philippe Coutant, ex-administrateur du théâtre Nanterre-Amandiers. Ce n’était pas un homme facile, mais lorsque l’on avait acquis sa confiance, il demeurait fidèle ».

Philippe Coutant est un témoin privilégié de cette fidélité : « Le dernier spectacle que j’ai programmé au Grand T de Nantes, c’est “Rêves d’automne” de Jon Fosse par Patrice. Et il était venu y faire une masterclass lorsqu’il tournait “Son frère” au Croisic. On se croisait souvent, et, à chaque fois, c’était comme si c’était hier. En vieillissant, Patrice était plus calme, acceptait plus les gens. Il avait fait un grand travail sur lui-même pour gagner en sérénité ».

Chéreau le grand travailleur, le perfectionniste visionnaire et novateur, adepte de relations franches et directes, « sans salamalecs ». Et discret, comme seuls savent l’être les gens distingués. « Il déjeunait régulièrement dans un restaurant, Le Hangar, près de chez lui, à Paris, à deux pas de mon bureau, se souvient Claude-Eric Poiroux, délégué général du festival Premiers Plans. J’ai gardé le souvenir d’un moment très émouvant. Je déjeunais avec Youssef Chahine. Patrice Chéreau était derrière nous, nous avait vus, j’en suis sûr, mais avait attendu que nous ayons fini. Ils se sont ensuite tombés dans les bras. Patrice Chéreau avait été Napoléon dans “Adieu Bonaparte” de Youssef Chahine, vingt ans auparavant. Ils ne s’étaient jamais revus ».

Une vie heureuse au théâtre

Membre du comité de parrainage du festival, Patrice Chéreau aurait pu en être président du jury. « Il est venu deux ou trois fois quelques jours regarder des films, poursuit Claude-Eric Poiroux. C’était un homme curieux de tout et particulièrement des premières œuvres ».

L’histoire de Chéreau avec le Septième Art est pourtant chaotique. Si sa contribution au théâtre et à l’opéra ne souffre aujourd’hui d’aucun bémol, sa place dans le monde du grand écran est plus fragile. « En France, on n’accepte jamais que des artistes fassent autre chose que ce pour laquelle ils réussissent, regrette Claude-Eric Poiroux. Son cinéma a été sous-estimé. Ce n’est certes pas un cinéma traditionnel, mais Chéreau ne l’était pas. Il était peiné de cette indifférence. Avant l’été dernier, il me disait sa tristesse d’avoir trois scénarios en recherche de production et pestait contre la lenteur des décideurs. Il préparait “Electra”, avec le résultat que l’on connaît. Toute la vie de Chéreau au théâtre a été heureuse ».

Un ami, de toujours, puisqu’ils se sont connus à l’âge de 10 ans, en sixième, au lycée Montaigne, à Paris, confirme cette passion : « Il pouvait dire que le cinéma l’énervait, que les chanteurs d’opéra étaient trop pénibles et qu’il voulait tout arrêter… mais il a toujours eu un regard compréhensif et doux pour le théâtre ». Jérôme Clément, président du festival Premiers Plans, aura été un compagnon de route artistique des plus fidèles, mettant Arte, dont il fut président, au service de son ami d’enfance : « C’était parfois contre l’avis de mes collaborateurs, mais je suis fier de lui avoir dit un jour : “Quoi que tu fasses, je te suis !” Dès ses premières mises en scène, j’étais sûr de ne pas me tromper sur son talent. Un talent fou ! ».

Enfin, comme un symbole, Philippe Coutant avait abordé un jeune homme « qui rasait les murs » du théâtre Nanterre-Amandiers, en octobre 1976, auteur de « La Dispute » de Marivaux. « Je suis allé voir trois fois cette pièce. Je lui ai dit que je trouvais cela formidable. Sans savoir que j’allais travailler huit ans à ses côtés ».

La dispute... Entre les anciens et les modernes, sur les planches de Chéreau, sûrement. Entre Patrice et ceux qu’il estimait, jamais.

La rétro Chéreau se poursuit

Les dix longs métrages de Patrice Chéreau sont projetés pendant le festival. Parmi eux, La Reine Margot, Ceux qui m’aiment prendront le train, le troublant Intimité ou encore le très émouvant Son frère. Des proches artistiques ou tout court sont attendus pendant dix jours.

Ce mardi, Jean-Hugue Anglade est attendu au cinéma Les Variétés pour échanger autour de L'homme blessé (17h) et pour présenter Persécution (20h).












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