Présidentielles, Christophe Béchu appelle les élus municipaux à un "choix clair"


Rédigé par - Angers, le 24/04/2017 - 21:32 / modifié le 26/04/2017 - 13:37


Discret au soir du 1er tour de l'élection présidentielle, le maire d'Angers, Christophe Béchu, a réservé son expression au conseil municipal d'Angers lundi. Parlant d' "un rendez-vous crucial pour les Angevins" le 7 mai, il a appelé ses pairs à faire "un choix clair" contre le Front National. Sa minorité, aussi.



Christophe Béchu (ici lors du 2e tour de... la primaire) estime que Front National fait peser "une menace sur le vivre ensemble" (crédit photo : Mario Fournier).
Christophe Béchu (ici lors du 2e tour de... la primaire) estime que Front National fait peser "une menace sur le vivre ensemble" (crédit photo : Mario Fournier).
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Solennel. La minute de silence observée à la mémoire de Xavier Jugele, le policier tué jeudi 20 avril sur les Champs Elysées, a donné le ton du début du conseil municipal d'Angers lundi soir. Silencieux dimanche soir lors de la soirée électorale - il s'était contenté d'un message sur Twitter pour indiquer qu'il voterait pour Emmanuel Macron-, Christophe Béchu, a pris le temps de livrer ses réflexions. Entre gravité et discernement.

"Pour la deuxième fois, un candidat du Front National sera présent au 2e tour. Pour la 1ere fois, un candidat qui n'appartient pas à l'une des grandes familles politiques, y sera aussi, a posé le maire d'Angers. Je voterai évidemment pour Emmanuel Macron, même s'il n'était pas le candidat que je soutenais, parce que je considère que le Front National, au delà du respect que nous devons à ceux qui ont fait ce choix, porte des idées dangereuses pour notre idéal démocratique, pour la construction européenne et constitue une menace pour le vivre ensemble."

Grave encore. Pour constater que "les primaires citoyennes n'ont pas abouti à réconcilier les Français avec les partis, les institutions et ceux qui les représentent. Aucun des candidats désigné dans ce cadre renouvelé (François Fillon et Benoît Hamon, NDLR) n'ont été élus. Ça en dit long sur l'essoufflement des partis et de notre système." Recherche de discernement enfin. Pour affirmer que, sans changement, "il n'y a aucune raison que dans 5 ans, 10 ans, le poids des populismes ne recule." Qu'un premier écueil consisterait à "s'habituer là-aussi" à "laisser la peur de l'autre s'imposer"." Et qu'un second, tout aussi délicat, réside précisément dans l'effet contre-productif que peut induire -chez les électeurs du FN et tous les désenchantés- le sentiment d' "unanimisme" généré par les appels au Front Républicain.

Et le maire d'Angers, pointant "un rendez-vous crucial pour les Angevins" de conclure par un appel à l'ensemble du conseil : "Le choix de chacun doit être clair." 

Dans les rangs de la minorité, Frédéric Béatse puis Alain Pagano ont, tout à tour, pris la parole pour appeler à faire barrage eux-aussi au Front National. Le premier rappelant les mots que Jean-Claude Antonini, l'ancien maire d'Angers, avait lui même prononcés au lendemain du 1er tour de l'élection présidentielle de 2002 (qui avait vu Jean-Marie Le Pen se qualifier pour le 2e tour). Et chacun d'appeler "au delà des émotions, à tirer les conséquences des messages des urnes". Au risque de donner, là aussi, chez les désenchantés de la politique le sentiment d'un air déjà entendu. 




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur















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