Présidentielles : l'appel au "choix clair" ne tombe pas sous le Sens


Rédigé par - Angers, le 26/04/2017 - 08:13 / modifié le 26/04/2017 - 13:49


Comment l'appel au "choix clair" du maire d'Angers contre le Front National est-il reçu au sein de son équipe municipale ? En choisissant, comme son mouvement Sens Commun, de ne pas rendre public son vote, Roch Brancour son adjoint à l'urbanisme, montre a tout le moins que cet appel ne suscite pas l'adhésion de tous. Au risque de troubler certains membres de la majorité.



Sens Commun a renvoyé ses membres à leur liberté de conscience : Maxence Henry (à gauche) ne votera pas pour Marine Le Pen. Roch Brancour (à droite) refuse de rendre public son vote.
Sens Commun a renvoyé ses membres à leur liberté de conscience : Maxence Henry (à gauche) ne votera pas pour Marine Le Pen. Roch Brancour (à droite) refuse de rendre public son vote.
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Au lendemain de l'appel "au choix clair" lancé par Christophe Béchu lundi soir à l'adresse de son conseil municipal, les regards se sont tournés inévitablement vers la branche "conservatrice" de son équipe. Où, c'est désormais une certitude, cet appel ne rencontre pas une adhésion unanime. 

Dans un communiqué qu'il a rendu public mardi matin et transmis à ses collègues élus, Roch Brancour, l'adjoint à l'urbanisme d'Angers, par ailleurs vice-président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire a choisi de suivre la ligne de conduite de Sens Commun, son mouvement politique -affilié aux Républicains- né de la mobilisation contre le mariage pour tous. A savoir, ne donner aucune consigne de vote et laisser chacun à sa liberté de conscience. 

"Comment choisir entre le chaos porté par Marine Le Pen et le pourrissement politique d'Emmanuel Macron ?" avait estimé dès dimanche soir le président de Sens commun, Christophe Billan, dans un entretien à l'hebdomadaire Famille chrétienne. "Ils représentent tous les deux une impasse pour notre pays" dit autrement aujourd'hui Roch Brancour, avant que de développer ses critiques à l'endroit de chacun des deux candidats.

"Face à des problèmes réels, qu'elle est parfois trop seule à pointer, Marine Le Pen propose de mauvaises solutions : son étatisme et le retour au franc précipiteraient la chute du pays sur le plan économique et social ; l'instauration de la préférence nationale aggraverait la division dont souffre déjà notre communauté nationale et contreviendrait à la vocation profonde de la France" précise dans un premier temps l'élu angevin. 

"Dans le brouillard qui lui tenait lieu de projet, Emmanuel Macron n'a pu masquer des orientations politiques tout aussi mortifères pour notre avenir. Sur le marché du travail, la dette ou les comptes sociaux, son ambition réformatrice de façade s'est déjà brisée sur son désir de ne fâcher personne.  Sur la politique internationale de la France comme sur la refondation nécessaire de l'Union Européenne aucune vision nouvelle mais un dogmatisme qui bride nos espoirs de renouveau. Enfin sur l'éducation, la famille ou la rupture nécessaire avec ce multiculturalisme qui détruit la cohésion nationale, Emmanuel Macron poursuivra l'entreprise de déconstruction à l'œuvre depuis des années" réserve-t-il dans un deuxième temps au candidat du mouvement En Marche.
"Peut-être n'est-il pas lui-même à l'aise à l'égard de son mouvement, mais c'est un signal perturbant" - Bernard Dupré, adjoint aux transports (MoDem)

"Il est dans la ligne de Sens Commun, et tout le monde a le droit à l'expression. Je la respecte mais j'y suis opposé et je ne suis pas sûr qu'elle ne mette pas un certain nombre de gens mal à l'aise, car elle place en creux Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur un même plan. Et je trouve qu'il critique beaucoup plus durement le premier. Peut-être n'est-il pas lui-même à l'aise à l'égard de son mouvement, mais c'est un signal perturbant" estime Bernard Dupré, l'adjoint centriste (MoDem) aux transports de l'équipe Béchu, qui votera sans réserve Emmanuel Macron.

Mal à l'aise ? Dans l'entourage de Christophe Béchu où l'on précise que son appel du conseil n'était "surtout pas une injonction" mais d'abord "une prise de position personnelle" et un "encouragement vis à vis des élus", on relativise : "L'équipe va du centre gauche à la branche conservatrice des Républicains. Est-ce que tout le monde va voter Emmanuel Macron, je n'en suis pas convaincu. Des votes blancs, c'est possible. Des votes pour Marine Le Pen, j'en doute" confie un proche.

Adjoint aux personnes âgées et lui aussi membre de Sens Commun, Maxence Henry a choisi de son côté de lever finalement une ambiguïté. "Même si je considère, par ailleurs, que mon vote ne regarde que moi, comme élu et candidat aux élections législatives (sur la 2e circonscription, NDLR), je ne peux me défausser quand à mon choix pour le second tour... Je ne dirai donc qu’une seule chose : mon vote n’ira pas à Marine Le Pen  dont le programme est la garantie d’un chaos tant politique que social." Ça ne nous dit pas s'il votera blanc. Et ça ne nous dit pas non plus ce que Roch Brancour aurait fait s'il avait été lui aussi en piste pour la députation...




Journaliste, rédacteur en Chef d'Angers Mag En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par Lochard le 26/04/2017 12:29 (depuis mobile) | Alerter
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Voilà ce que l''on appelle "FRANC DU COLLIER " Quand on pense que la place qu''il occupe dans la direction de notre ville !

2.Posté par Lambda le 27/04/2017 08:44 (depuis mobile) | Alerter
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Quelle honte pour notre ville !















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