"Primaire, primaire, vous avez dit primaire..."

#Tribune du Lundi


Rédigé par André LARDEUX, ancien sénateur et président du Conseil général de Maine-et-Loire - Angers, le 14/11/2016 - 07:45 / modifié le 14/11/2016 - 10:50


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. A quelques jours du premier tour des primaires de droite à l'élection présidentielle (les 20 et 27 novembre), nous avons confié cet espace à l'ancien président RPR du Conseil général, André Lardeux. Désormais retiré de la vie politique, il porte un regard distancié sur l'actualité de sa famille d'antan.



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Observateur très détaché de la primaire de la droite, celle-ci me laisse dans une grande perplexité. Je pense, pour paraphraser Balzac, que si elle n'existait pas, il ne faudrait pas l'inventer. C'est le type même de la fausse bonne idée qui montre hélas une fois de  plus que la droite ne parvient pas à s'affranchir de l'emprise intellectuelle de la gauche. Le recours à cette procédure est très loin d'une attitude gaullienne. Elle consacre la mainmise des partis sur le jeu politique puisque ce sont eux qui décident qui est admis à concourir. Ce n'est pas conforme à l'esprit des institutions voulues par le Général de Gaulle. Symptômatiquement, il n'y a pas de candidat explicitement gaulliste parmi les 7.

C'est la conséquence désastreuse du quiquennat et de l'inversion du calendrier électoral. Cela transforme le président élu en 1er ministre se mêlant de tout et de n'importe quoi, encore que cette dérive de l'interventionnisme présidentiel a commencé dès 1974.
La droite aurait dû être attentive à ce que cela n'a pas si bien réussi que cela à la gauche: en 2007, elle a été battue; en 2012, sa victoire est en trompe-l'oeil; en témoigne la façon dont s'achève le présent quinquennat.

La primaire fait que l'élection présidentielle n'est plus la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple concrétisée par la mise en perspective d'objectifs majeurs pour l'avenir du pays. Ce n'est plus qu'une litanie ou un catalogue de moyens plus ou moins nombreux pour satisfaire tous les "segments" de l'opinion ! Ces promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent sont difficiles à tenir et provoquent de grandes déceptions : l'élection présidentielle ne doit pas être un concours Lépine de réformes fiscales,territoriales, sociétales ou autres.
La primaire, c'est le type même de la fausse bonne idée qui montre hélas une fois de  plus que la droite ne parvient pas à s'affranchir de l'emprise intellectuelle de la gauche

André Lardeux.
André Lardeux.
Pour la primaire, 7 candidats se bousculent au portillon; pourquoi ceux-là et pas d'autres ? Cet échantillon va d'un chrétien-démocrate version CSU bavaroise à une candidate de gauche égarée à droite en passant par un homme du centre et 4 libéraux à des degrés divers plus ou moins tentés par un tropisme autoritaire. Le risque est d'étaler au grand jour des oppositions de personnes plutôt que des oppositions d'idées, d'exposer des divisions et de développer des haines inexpiables ; car l'objectif est de "démolir" son voisin lequel répond de façon virulente. Il sera difficile de recoller les morceaux après le 28 novembre, d'autant que les supporters de certains ont déclaré n'accepter le verdict que s'il leur convient.

Ces divers courants se retrouvent en Anjou de façon feutrée, car cela n'a pas bouleversé le paysage ni mobilisé les foules; le train-train a continué. Si l'on s'en tient aux grands élus (députés,sénateurs et président du CD) ,les options sont celles de la modération angevine : trois soutiennent le candidat du centre, trois des candidats libéraux tandis qu'un septième préfère regarder ailleurs.
C'est plus rassurant que de voir les gens s'écharper; mais cela laisse l'impression qu'il n'y a pas de vrai engagement et de vrai risque pris pour défendre un projet. Il faut un peu plus d'audace pour arrêter le déclin politique du pays et empêcher le divorce de plus en plus évident entre la nomenklatura politico-médiatique et le peuple comme on peut le voir ces derniers temps.

En effet redresser la barre du navire FRANCE est tout à fait possible, mais il faudra un temps beaucoup plus long qu'un quinquennat et "du sang, de la sueur et des larmes" à condition que l'on dise la vérité aux citoyens, que les efforts soient équitablement répartis et que la volonté du peuple soit respectée quand celui-ci s'exprime. Si l'on pense qu'il se trompe, ce qui arrive, il faut que les élus aient le courage de le lui dire et d'en tirer pour eux la conclusion qui s'impose, à savoir la démission quand la réponse à une proposition n'est pas celle espérée. La procédure de la primaire telle qu'on l'observe ne constitue pas une réponse appropriée à ce défi.









1.Posté par Jean Yves Fouché le 14/11/2016 11:20 (depuis mobile) | Alerter
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Monsieur le Sénateur,
Les primaires de la droite n'ont rien à voir avec celles de la gauche en 2011. Nous avons en François FILLON un candidat avec un vrai programme de redressement de la France. Qui plus est, il est solide, expérimenté et la visio















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