Produit en Anjou : "On ressent le besoin de faire valoir cette identité"


Rédigé par - Angers, le 07/11/2015 - 08:28 / modifié le 08/11/2015 - 22:51


La marque Produit en Anjou a fêté son premier anniversaire jeudi soir à Terra Botanica, en présence de ses partenaires et des représentants des quelques 50 entreprises déjà adhérentes. L'occasion de faire le point sur les objectifs de cette démarché initiée par le Conseil départemental de Maine-et-Loire, avec Henri Mercier, le directeur de l'association.



Produit en Anjou : "On ressent le besoin de faire valoir cette identité"
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Pouvez-nous rappeler l'objet et le sens de la marque "Produit en Anjou" ?

"Ce n'est pas un Signe d'identification de la qualité ou de l'origine (SIQO) comme les AOC, les AOP ou le Label Rouge. C'est une marque d'appartenance territoriale qui a été créée par le Département de Maine-et-Loire il y a quatre ans sur la supplication d'un horticulteur de Maine-et-Loire, les fleurs Froger. Ce dernier était allé voir Christophe Béchu, alors président du Conseil général, pour lui faire part des difficultés du secteur face à la concurrence, et lui suggérer un dispositif pour valoriser les productions locales. Dans le même temps, un groupe de chefs d'entreprises, à l'image de ce qui s'était fait en Bretagne avec la marque Produit en Bretagne, avait créé un projet "Produit en Anjou"."

Comment êtes-vous organisé ?

" Le projet est porté, d'une part, par un Groupement d'intérêt public qui regroupe les trois chambres consulaires (1), le Comité d'Expansion, Végépolys et que préside Gilles Grimaud, l'un des vice-président du Conseil départemental. Ce GIP s'occupe de toute la partie institutionnelle, de la gestion des licences etc... Et d'autre part, une association regroupe, elle, les bénéficiaires de la marque et s'occupe de la promotion. Elle est présidée par Joël Blandin, l'ancien président de la Chambre de commerce de Maine-et-Loire."

Quel est votre propre rôle ?

"Je suis directeur bénévole de l'association, Arnaud Tézé dirigeant de son côté le Groupement d'Intérêt Public. Il y a un an, libre, j'ai été sollicité pour remettre un peu d'ordre et fédérer le monde économique autour de ce projet. J'ai commencé par la CCI pour organiser des petits déjeuners d'information entre Angers, Cholet et Saumur au printemps, en réunissant environ 200 entreprises. Ce qui a permis de constituer un fichier d'une centaine de sociétés qu'on est allé visiter. Et puis, d'avril à juin, on a rentré plusieurs dizaines d'entre elles en comité d'agrément."
"Il y a un engagement moral du chef d'entreprise à privilégier l'Anjou, pour ses clients, ses fournisseurs, ses emplois..."
Quels sont les critères d'agrément ?

"La valeur ajoutée de l'entreprise doit être acquise pour plus de 50% dans le Maine-et-Loire, c'est la première chose. Les composants du produits ou du service doivent provenir de l'Anjou, tant que c'est possible. Prenons l'exemple des chocolats, on n'est pas prêt de trouver des fèves de cacao en Anjou en dépit du radoucissement des températures... Maintenant, nous avons refusé des dossiers en constatant qu'ils n'intégraient pas des composants qui étaient pourtant produits dans le département. Et troisièmement, il y a un engagement moral du chef d'entreprise de privilégier l'Anjou, pour ses clients, ses fournisseurs, ses emplois etc... On est bien dans la promotion de nos savoir-faire, le développement du territoire et le soutien à notre activité et nos emplois."

Combien d'entreprises fédérez-vous aujourd'hui ?

"A ce jour, nous avons accepté 51 dossiers et environ 60 produits associés."

Vous venez de fêter votre premier anniversaire alors que le projet est lancé depuis plus de quatre ans, curieux non ?

"Oui, mais l'association est en réalité active depuis un an. Le problème est qu'en dépit de toutes ses qualités, Arnaud Tézé n'incarnait pas complètement cette association. En allant visiter les entreprises avec ma propre casquette de chef d'entreprise, on parle de production, de chiffre d'affaires, on se tutoie, on peut parler un même langage : c'est à dire prendre conscience que travailler localement, souvent, ce n'est pas plus cher, c'est pratique, ça va vite et ça nous revient. Pourquoi ? Parce que quand je paye mes impôts ici en Anjou, que je sois consommateur ou chef d'entreprise, ça va me revenir d'une manière indirecte. Enfin, l'idée est bien de pouvoir valoriser la diversité des entreprises de la province de l'Anjou qu'elle emploie une ou des milliers de personnes."
"Ce sentiment d'appartenance à l'Anjou existe, en dépit de toutes les diversités intérieures de celle-ci et de tout ce que l'on peut entendre."
Je vous prends au mot, vous parlez de "Province de l'Anjou". Est-ce qu'une entreprise qui se trouve dans des départements voisins mais sur le territoire de l'ancienne province d'Anjou et réalise plus de 50% de sa valeur ajoutée sur le Maine-et-Loire, peut prétendre à la marque "Produit en Anjou" ?

Produit en Anjou : "On ressent le besoin de faire valoir cette identité"
"Vous avez raison, il n'y a pas un Anjou mais des Anjou, et c'était au passage l'objet d'une des conférences de notre premier anniversaire jeudi soir avec Elisabeth Verry, la directrice des Archives Départementales. Mais notre problématique actuelle, pour des raisons pratiques et administratives, c'est de travailler avec le département de Maine-et-Loire : l'Anjou aujourd'hui, il est là. Maintenant, ça pourra venir et on s'aperçoit que beaucoup de chefs d'entreprise ont envie d'un Anjou plus vaste. On sent chez eux le besoin de faire valoir cette identité régionale."

On rejoint une problématique politique dont on parle régulièrement : cette idée que les Angevins ont du mal à se vendre et seraient trop modestes pour vendre leurs savoir-faire. Croyez-vous au changement d'attitude et, si oui, pourquoi ?

"Oui, j'y crois. Car ce sentiment d'appartenance à l'Anjou existe, en dépit de toutes les diversités intérieures de celle-ci et de tout ce que l'on peut entendre. Beaucoup de ceux qui ne sont pas dans le business évoquent les différences entre les Mauges, le Saumurois, Angers, le Segréen... Les chefs d'entreprises y font beaucoup moins référence. Mais qu'importe, c'est très bien que plusieurs cultures composent la réalité de l'Anjou. C'est vrai pour la France, à l'échelle nationale et pour l'Europe, à l'échelle européenne aussi. Lors d'un petit-déjeuner d'information à Terra Botanica, Jakez Bernard qui préside la marque "Produit en Bretagne" nous a dit : "Allez-y ! C'est bien l'Anjou". "Produit en Bretagne" aujourd'hui, c'est 365 entreprises mais sur cinq départements. On est quand même déjà à plus d'une cinquantaine, il y a vraiment de l'espoir."

Vous savez bien les réserves et les tensions que suscitent l'utilisation du mot Anjou pour les productions agricoles ou agro-alimentaires. Comment composez-vous avec ?

"La marque couvre quelques produits agro-alimentaires avec des chocolats, des salaisons, des vergers, mais simplement on s'est engagé à ne pas aller sur les SIQO, les signes de qualité. On a invité à nos débats l'INAO de façon à prendre de bonnes résolutions, on ne cherche pas la polémique. Les vins d'Anjou sont en AOC, c'est très bien, c'est leur problème et on ne va pas aller les voir. Mais on contribue à la santé économique de l'Anjou dont vont pouvoir profiter toutes les entreprises, y compris agricoles. Voilà, il y a des débats qui sont parfois animés et on essaye de trouver un consensus. Il n'y a pas de concurrence."

Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?

"Je ne veux pas parler en quantité. Je voudrais simplement que Produit en Anjou fasse partie du quotidien des gens d'Angers, de Segré, de Saumur, de Cholet, des habitants de l'Anjou. Et qu'au delà de ça, on puisse faire passer, dans les départements voisins, en région parisienne, l'idée qu'il y a ici des produits de qualité, sympas, méconnus. On gratte, on gratte et on bosse pour cela."

(1) Chambre de commerce et d'industrie de Maine-et-Loire, Chambre d'Agriculture et Chambre des Métiers




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1.Posté par barreau le 08/11/2015 19:09 | Alerter
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l'autre jour dans plusieurs jardineries, j'ai vu des végétaux estampillés "produit en Vendée" (qui n'est pas un département de grande production horticole), alors que je n'ai vu aucun "produit en Anjou" dans un département leader en matière végétale... Cela ne choque pas ce monsieur ???

Nous sommes envahis de produits estampillés "produit en Bretagne" dans les rayons des supermarchés mais je ne vois jamais de produits alimentaires estampillés "produit en Anjou". Pourquoi ?
cela reste confident...

2.Posté par barreau le 08/11/2015 19:18 | Alerter
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"produit en Anjou en Bretagne" telle pourrait être la devise des angevins qui se "bretonisent" un peu plus chaque jour...
On peut compter sur le sentiment d'appartenance des angevins pour leur territoire...il suffit de voir tout ceux qui ont choisis d'immatriculer leur voiture avec des plaques bretonnes pour s'apercevoir que l'Anjou n'est pas tendance ni mode comme la Bretagne (le fameux mythe ou toute merde estampillée Breizh est considérée comme géniale...)

3.Posté par JM le 09/11/2015 16:23 | Alerter
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"Produit en Anjou" est une initiative qui fait chaud au cœur.
Il faudra du temps pour que notre label puisse prendre toute sa place auprès des acteurs économiques en capacité de prétendre au label à travers divers produits et services, mais aussi et surtout auprès de son principal public. Les angevins ne sont pas familiarisés à la valorisation de leur "pays" et de ses nombreux terroirs pourtant riches d'une très grande diversité. Ce temps nécessaire ne joue pas contre nous, bien au contraire ...

4.Posté par barreau le 10/11/2015 20:41 | Alerter
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Prendre "produit en bretagne" comme notre modèle est très inquiétant :








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