Qu'est-ce-que t'écoutes pour les vacances ? Opus 3

Episode 3 - Yoann Monnier (FNAC)


Rédigé par Cyrille GUERIN - Angers, le Samedi 26 Juillet 2014 à 08:01


Crème solaire ou dépilatoire, un caleçon de bain à palmiers acheté à la braderie de 2004, l'intégrale de La Recherche, des grilles de Sudoku. Et un discman, pour les puristes, ou un lecteur numérique pour les plus chics. Au moment de boucler ses valises pour la plage de Trifouilly-les-Termes, c'est toujours le même refrain : quel disque chosisir? Avec quel son vais-je frimer au camping? Du Bruno Mars qui passe bien ou du Tom Vek plus soutenu? Cornélien. Les doigts sur le clavier, les orteils dans la bassine, la rédaction d'Angers Mag vole à votre secours. Chaque weekend, une figure locale vous livre sa play-list estivale idéale. Troisième épisode avec Yoann Monnier, vendeur-guide-gourou à la Fnac d'Angers. Décoiffant!



Yoann Monnier, vendeur ès zics à la Fnac d'Angers
Yoann Monnier, vendeur ès zics à la Fnac d'Angers
la rédaction vous conseille
Peut-on s'adonner au Ed banging pendant le set d'un combo belge en arborant la chevelure de Bruce Willis dans la série des "Die Hard" ? Peut-on raisonnablement se balader au Hellfest flanqué d'un t-shirt Britney ? Peut-on franchement causer métal qui tâche un stylo Hanna Montana à la main ?

Autre motif de tarabiscotage : comment dilapider une partie de son salaire en houblon sans être d'équerre et sans prendre ne serait-ce que le millième d'un kilo ? Autre question : est-il possible de dire son amour pour une sous-daube featuring mémé Basinger et lâcher avoir été illuminé par "Barry LYndon" (un comble quand on sait que ce Kubrick comporte une scène uniquement éclairée à la bougie) ?

A toutes ces interrogations, Yoann Monnier, vendeur ès zics à la Fnac angevine, semble avoir trouvé la réponse, et le bon compromis. Oui, on peut, comme lui être tatoué aux avant-bras tel un rockeur, un pur, un vrai, et un beau jour d'avril 2011, au détour d'une petite vignette critique, déclarer sa flamme au dernier Britney Spears.

Ou de manière moins officielle, reconnaître pouvoir pleurer à l'écoute du "Bal perdu" de Bourvil. En bon paroissien estampillé Fnac, Yoann sait prêcher sa bonne parole et nous vendre ses coups de coeur comme peu savent le faire.
Parmi ses recommandations de l'année, par exemple, je me suis converti direct aux trois nénettes de Tiger Bell qui, sans révolutionner le rock, réussissent le meilleur enregistrement des Yeah Yeah Yeahs depuis "Fever to tell" de... 2003. Corporate oblige, Yoann se gardera bien de basher les albums qu'il honnit devant les aficionados d'un artiste forrrrrmidable (Aznavour ou Stromae? On garde le secret intact).

Toujours est-il que le jeune homme, arrivé il y a une dizaine d'année dans l'enseigne de la rue Lenepveu, dépareille quelque peu dans les travées du rayon qu'il occupe, avec ses deux autres collègues, et qu'il semble envisager comme un terrain de jeu. Une cour de récréation. Pur produit de la culture fanzine, il a su en outre transmuter son gagne-pain pour s'en amuser encore plus. En faire un véritable plaisir.

Ainsi depuis deux ans et demi, Yoann, sous le pseudo de Robyo (contraction de Robin, le comparse de Batman, et Yoann), a créé sur la Toile un blog puis un Facebook. Inspiré de la Discothèque Idéale de Philippe Manoeuvre, il a tout simplement baptisé sa délirante idée, génératrice de douleurs zygomatiques, "La Discothèque Idéale détournée" (DID).

Le principe, tout bête mais limite génial : faire se rencontrer deux artistes, opposés si posible, redessiner une pochette d'album et inventer une histoire, une mythologie (ma préférée : Lemmy Winehouse, où le crossover hilarant entre Lemmy de Motörhead et Amy Winehouse).


Epaulé dans sa tâche par Meurie, préposée aux couleurs, le vendeur, un temps passé par un Espace culturel Leclerc, poste régulièrement ses trouvailles. A ce jour, la DID compte 123 abonnés. Une sorte de sérendipité (succès inattendu) qui devrait aboutir prochainement sur un second ouvrage physique : le premier sorti au printemps 2013 est désormais introuvable.

Oui, Yoann Monnier est un vendeur humain engageant, surprenant, qui sait allier les contraires avec malice. Et qui donner envie de balancer son appli Deezer dans les douves du château du Roi René.

Sur le Web, il a l'algorythme dans la peau. Il était cohérent de demander à ce petit menu-fretinin qui, le jour de France-Allemagne, diffusait du Rammstein à la Fnac, ce qu'il allait écouter cet été. Du Britney ? Nein. "Pour moi, l'été sera rock'n'roll", email-t-il. Et de prévenir : "Branchez vos guitares, moi j'accorde ma basse". Pour une bande-son garantie sans Black Keys, c'est par là.

1) Radio Moscow : "Rancho Teham Airport" (Alive Records)

"Faites-vous pousser les cheveux et sortez vos pattes d'eph', car voici le 4e album du trio psyché-rock américain ! Les trois petits hippies connaissent leur rock 70's sur le bout des doigts et digèrent plutôt bien leurs influences. Notons aussi que la pochette (...) est toujours aussi cool, donc indispensable en vynile".


2) Royal Blood : "Little Monster" :

"Dans le genre "duo de rock avec guitare/batterie" (là, c'est une basse qui tabasse mais bon !), ces Anglais rejoignent la famille des Eagles Of Death Metal, Black Box Revolution et autres Bass Drum Of Death qui assurent. Les Black Keys ayant atteint une cote de popularité inversement proportionnelle à leur rock attitude, les Royal Blood peuvent prendre la relève".


3) Herzog : "Mad Men" (Exit Stencil Recordings)

i["Troisième album des Américains, qui attirera l'attention des amateurs de sons 90's aux influences Pavement, Foo Fighters et autres Weezer. A noter que le chevelu poilu qui fume son clope sur sa belle moto, ne fait pas partie du groupe. [Ce dernier] ressemble plutôt à une bande de geeks fans de W.O.W. Rock 90's, je vous dis".]i


4) Appletop : "Headstrong" (Modulor)

"Ces mecs jouent de l'indie-rock, très bon, aux mélodies accrocheuses et ils prouvent qu'en France, on est capable de faire du rock. J'ai bien dit du rock, pas comme les BB Brunes. Il y a encore de l'espoir".


5) Phaze 1 : "A Thousand Finge and Claws" (Worm Hole Death)

i["Deuxième album pour les frères Potvin (Lyzanxia; One-Way Mirror), en compagnie de Dirk Verbeuren (Soilwork). [Il] s'adresse aux oreilles averties. guitare et batterie vous accueillent dans un monde apocalyptique, sombre. Le trio ne mâche pas le travail et l'écoute de l'album relève de l'expéreince. Soyez prêts! "]i


Vos oreilles sont ébouriffées et vos cheveux complètement sourds ? C'est normal. Si vous voulez en savoir plus sur les activités électroniquo-lo de Yoann, cliquez sur ces deux liens : discothequedetournee.blogspot.com et discothequedouble.blogspot.com. Sans oublier le Facebook de La Discothèque Idéale Détournée.
Attention, talent ! comme on dit dans la franchise verte...












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