Quand Sofiane Boufal retrouve son premier coach


Rédigé par Cyril SIMON - Angers, le 14/08/2014 - 08:43 / modifié le 15/08/2014 - 10:31


Décisif mardi face à Nîmes et grand espoir d'Angers SCO, Sofiane Boufal a découvert le football à l'Intrépide d'Angers. Pour Angers Mag, il a accepté de revenir sur ses premiers pas en compagnie de Gilles Latté, l'ancien président du club, aujourd'hui délégué aux sports et aux loisirs de la ville, qui a vu grandir le "P'tit So" des débutants jusqu'aux benjamins. Souvenirs, photos à l'appui.



La pelouse de Salpinte et le logo de l'Intrépide en toile de fond pour cette jolie rencontre.
La pelouse de Salpinte et le logo de l'Intrépide en toile de fond pour cette jolie rencontre.
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Salpinte, c'est ici que tout commence. Sofiane Boufal habite à l'époque en face du stade, rue Gabriel et Jean Alix. A force de s'incruster aux entraînement des débutants, alors même qu'il est trop jeune, Gilles Latté va voir sa mère et la "supplie" de l'inscrire. Des débuts en fanfare pour ce mordu de ballon, qui fera ses gammes au club jusqu'à l'âge de onze ans.

Un samedi d'août, 18h. C'est l'heure des retrouvailles. Dix ans ou presque que le jeune milieu de terrain d'Angers SCO et son ancien coach ne s'était pas revus. Le nouveau délégué aux sports et loisirs de la ville, adjoint au quartier de la Roseraie, n'est pas venu les mains vides. Il a emporté sur son ordinateur portable quelques photos de cette époque rouge et blanche (voir ci-dessous).

Avec un maillot toujours trop grand pour lui, Sofiane était la mascotte de l'équipe. Le plus petit, et le plus motivé de tous, Sofiane respirait le football : "Il avait tout compris tout de suite. J'en n'ai pas vu deux comme lui. Il avait déjà trois poumons, et une technique largement au-dessus du lot".

"Un gosse qui aime tant son sport"

Mais s'il était si attachant, c'était aussi pour son caractère bien trempé : "Il ne supportait pas que tout ne soit pas parfait". Parfois, il se mettait en pétard, jetait son maillot, "sans jamais être violent contre ses coéquipiers". "Cela nécessitait une approche pédagogique particulière", explique Gilles Latté, "mais c'est impossible d'en vouloir à un gosse qui aime tant son sport".

Les souvenirs remontent. Un tournoi de fin d'année à la Rochelle notamment. Comme à son habitude, il veut tout faire sur le terrain. Cette fois, c'est un penalty : "Sofiane prend le ballon, mais je lui dis que c'est un autre qui tirera. Alors, il est parti bouder toute la journée au bord du terrain. On l'a laissé faire, les joueurs sont allés en finale. Et il est revenu à ce moment-là, tout penaud, nous demander s'il pouvait rejouer.

Comble de l'histoire, il marquera le pénalty gagnant"
. Tous deux éclatent de rire. Ou encore le coup des "grosses chaussettes" que Sofiane mettait aux entraînements pour dissimuler ses entorses à la cheville.

"J'avais peur que son gabarit l'handicape trop"

Haut comme trois pommes, le meneur de jeu de l'Intrep' est rapidement convoité lors des compétitions régionales. Gilles Latté le préserve le plus possible, estimant qu'il est encore un peu tôt pour le lancer dans le grand bain, et surtout parce qu'il craint que son gabarit l'handicape trop. Le SCO réussit finalement à le recruter en 2004 en benjamins.

S'en suit un parcours sans faute, hormis un passage en U19 compliqué : "Monsieur Guyon, le coach des U17, a tout fait pour me garder, je l'en remercie encore. Ensuite, j'ai eu la chance de prendre 10 centimètres en un été, et ça été un déclic. J'ai commencé à jouer en CFA2 grâce au coach Moulin (à l'époque entraîneur de la réserve NDLR)" raconte Sofiane. Il signe un contrat professionnel en juin 2013... Le tout sous l'oeil attentif de Gilles Latté : « Je me tenais au courant toutes ces années. Tu ne le voyais pas forcément" confie-t-il. Ce qui a fait la différence par rapport aux dizaines d'autres ados espoirs du ballon rond ? Son mental : "Il avait la rage de jouer et de gagner des trucs depuis tout petit".

Perfectionniste, l'ancien président de l'Intrépide continue tout de même à déceler les failles de son poulain : "Ton jeu de tête, c'est pas encore ça, et ta frappe de balle aussi". Sofiane l'écoute sagement. Gilles Latté tient aussi à rendre hommage à sa mère, car il sait à quelle point la stabilité familiale est primordiale : "Elle a toujours su te donner les repères nécessaires, alors même qu'elle avait d'autres choses à faire à côté. Et elle était très dévouée. Je me souviens des gros sandwichs qu'elle te faisait pour les tournois. On en rigolait toujours".

"Ne pas brider les jeunes"

Dans un quartier où le taux de chômage des 18-25 ans dépasse les 20%, Sofiane Boufal fait figure d'exception. Il en a conscience, tout comme Gilles Latté : "La crise économique se ressent ici plus qu'ailleurs. Mon engagement auprès de la Mairie est tourné vers le social. Les chantiers de rénovation urbaine sont sur le point de s'achever, il faut désormais réaliser un véritable projet de vivre-ensemble. Le contexte de grande précarité complique les choses, mais on se doit de partager les espaces et les moments".

Et cela passe notamment par la vie associative : "La crise économique a affaibli les associations sportives et culturelles. En ces temps de chômage massif, les gens s'auto-excluent en quelque sorte et revoient leur priorités. C'est totalement compréhensible. On l'observe chez les parents bénévoles. Il sont de moins en moins nombreux, or ils sont indispensable à la survie d'un club, notamment pour transporter les enfants le week-end.".

Du destin d'exception de Sofiane - réservé à une infime minorité - l'adjoint de la Roseraie tire une leçon globale : "Les jeunes, il ne faut pas les brider. Le plus important, c'est de les accompagner dans leur passion. Si un jeune est passionné, que ce soit dans le sport, la culture ou les études, 80% des problèmes sont déjà réglés".















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