Quand la colère sourde de l’élevage se montre place du Ralliement


Rédigé par Antoine HUMEAU - Angers, le 12/04/2013 - 06:00 / modifié le 12/04/2013 - 09:24


Près de 300 éleveurs se sont rassemblés place du Ralliement à Angers jeudi soir à l’initiative de la FNSEA, principal syndicat agricole. Une façon de faire entendre leur détresse et leur colère face à des coûts de production de plus en plus élevés et une pression de la grande distribution sur leurs prix.



Un taureau charolais, un porcelet, quelques chèvres, volailles et vaches ont investi la place du Ralliement trois heures durant jeudi soir pour symboliser la détresse des agriculteurs étranglés par la hausse de leurs coûts de production.
Un taureau charolais, un porcelet, quelques chèvres, volailles et vaches ont investi la place du Ralliement trois heures durant jeudi soir pour symboliser la détresse des agriculteurs étranglés par la hausse de leurs coûts de production.
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Pas de pneu brûlé, ni de lisier ou de gravât répandu sur la chaussée cette fois-ci. Dans le calme, environ 300 éleveurs venus de tout le département se sont réunis place du Ralliement à Angers, entre 20h30 et 23h jeudi soir. Un rassemblement destiné à sensibiliser les citoyens et consommateurs sur les difficultés que traversent les éleveurs, en Anjou et un peu partout en France.

Trois tracteurs, quelques bovins, plusieurs chèvres, un porcelet et une poignée de volailles parqués dans un enclos de ganivelles et chariots de supermarchés, voilà pour le décor planté par la FDSEA, le syndicat agricole majoritaire en Maine-et-Loire.

En France, pas moins de 85 manifestations étaient ainsi programmées. Pour la vice-présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, éleveuse de porcs à Bouillé-Ménard dans le nord-ouest du département, il s’agit là de dénoncer la pression qu'exerce, selon elle, la grande distribution sur toutes les filières : « Elle dégage des marges bien supérieures à ce qu’elle annonce », s’est-elle indignée sur le parvis du Grand théâtre, fustigeant « des pratiques mafieuses ».

Depuis quatre ans, son syndicat dénonce la Loi de modernisation de l’économie (LME) votée par le gouvernement Fillon. Une loi qui « donne les pleins pouvoirs à la grande distribution dans les négociations sur les prix », dénonce la syndicaliste.

Une nouvelle loi sur la consommation, dite loi Hamon, devrait être votée avant l’été pour remettre quelques règles dans les négociations entre fournisseurs et distributeurs, et, alléger la pression sur les producteurs (et donc les agriculteurs). Mais d’ici là, la FNSEA montre les muscles pour « obtenir des avancées dès maintenant ».

"C'est souvent le moral qui en prend un coup."

Porc, volaille, lait, viande bovine ou chèvres, toutes les filières d’élevage sont actuellement touchées. Elles sont prises en étau entre les prix de vente qui peinent à augmenter et des coûts de production qui continuent de grimper. Les intrants, le fioul du tracteur et surtout les aliments des animaux ont connu des hausses vertigineuses ces derniers mois. Ainsi, la tonne de soja a par exemple doublé en un an, passant de 280€ en septembre 2011 à 580€ un an plus tard.

Dans les exploitations de Maine-et-Loire, les crises, on connaît. Les cours de la viande bovine ont progressé depuis deux ans, tout comme ceux du porc et le prix du lait. Mais pas à hauteur des coûts de production. « La banque m’a fait des avances de trésorerie, j’ai fait des prêts court terme, raconte ainsi un éleveur de vaches laitières et allaitantes de Tiercé qui veut rester anonyme. Il y a des fournisseurs de matériel ou d’aliments qui attendent des paiements. Pour faire des économies, on met moins d’engrais, on limite les passages sur les préparations des sols, les cultures ».

Un autre, à Baracé, dans le Baugeois, limite ses achats : « J’essaye d’autoconsommer les céréales que je produis plutôt que les vendre, ce qui me permet de limiter un peu l’achat de concentrés pour les vaches, mais le pire, c’est souvent le moral, qui en prend un coup. Quand la banque envoie un courrier pour dire qu’on est arrivé à la zone rouge et qu’il faut maintenant payer les factures, c’est dur… Alors on demande un prêt court-terme ».

Et demain ? Faute d'avancée, les manifestants promettent de revenir. « On va continuer à maintenir la pression, il y aura sans doute d’autres actions localement d’ici le 23 juin », prévient Christiane Lambert. Ce jour là, le syndicat a déjà pris date pour une vaste manifestation sur le même thème à Paris, où convergeront des éleveurs venus de toute la France.




















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