Quand la montagne vous gagne...

[Chronique] L’été dialogué - épisode 1


Rédigé par François-Xavier HELBERT - Angers, le 20/07/2016 - 08:00 / modifié le 20/07/2016 - 08:31


Dire que l’été est une saison qui exhibe les corps autant qu’elle révèle les émotions serait un lieu commun. C’est un moment de l’année où l’espace du dehors prend le pas sur le for intérieur. A l’image du soleil sur la peau, l’été imprime la marque de nos souvenirs. Le dialogue les révèle alors.
Parlez-vous l’été ? Un moment où…



Quand la montagne vous gagne...
la rédaction vous conseille
... l’on se rappelle que le sens de l’effort est une clef qui conduit sur le chemin sinueux de la satisfaction du désir.

- "Regardez les enfants, il n’y a encore que quelques heures, nous déjeunions tout là-haut ! », s’exclame un père de famille assis au bord d’un lac.
- "Ah oui. On voit des gens tellement petits qu’on dirait des fourmis », rétorquent les enfants en maillot de bain avant de plonger.  

- "Vous faîtes de la randonnée ? » interroge un voisin de baignade dont les enfants jouent ensemble.
- "Oui, nous réalisons l’ascension en famille d’un de ces sommets tous les deux jours. Le reste du temps, nous visitons la région », répond le père de famille.
- "Votre ascension vous a pris combien de temps ?
- Il faut compter trois heures de montée, puis deux heures pour redescendre.
- C’est précisément cela qui m’étonne toujours »
, s’exclame le baigneur.
- "Qu’il faut moins de temps pour descendre que pour monter ? », questionne le randonneur.
- "Non, cela s’explique très bien par le sens du relief. Ce qui m’étonne, c’est l’intérêt que l’on peut trouver à gravir un sommet pour finalement revenir sur ses pas. Que d’efforts inutiles !
- Ah bien sûr… Mais ça, c’est parce que vous n’y avez jamais goûté.
- Pourtant si, subir des hauts et des bas je connais. Ma vie ressemble déjà assez à cela. Vous avouerez tout de même qu’il faut être un peu spécial pour s’infliger un tel exercice durant les vacances. Surtout en famille. Vos enfants vous suivent sans se plaindre ?
"Les difficultés de la montée sont surmontées par la promesse du sommet. La vue à 360° est une formidable récompense"

- Il faut nous imaginer heureux. Lorsque nous glissons sur les crêtes, nous éprouvons un sentiment de liberté. Aucune contrainte ne pèse sur nos épaules. Le poids de notre sac à dos se fait même plus léger. Vraiment, il faut le vivre pour le comprendre.
- Quand on est au sommet, je veux bien croire à ce bonheur que vous exprimez. Cependant, avant cela, il y a la montée, la chaleur et la douleur physique. J’imagine qu’à ce moment, vous devez être moins heureux.
- Ne croyez pas cela. Les difficultés de la montée sont surmontées par la promesse du sommet. La vue à 360° est une formidable récompense. Et même durant la montée, la vaste étendue qui s’offre à vous suffit à remplir votre cœur.

- Vous défendez bien votre choix, mais avouez quand même que les vacances ne sont pas faites pour s’ajouter des contraintes que l’on supporte déjà assez toute l’année. Parce que j’imagine en plus que vous devez vous lever tôt pour éviter la chaleur. Moi, durant l’été, j’oublie mon réveil.
- C’est vrai qu’il vaut mieux partir randonner tôt le matin pour éviter la trop forte chaleur du début d’après-midi. C’est d’ailleurs un jeu exaltant que de calculer l’heure du départ afin d’accéder au sommet avant midi. Le déjeuner en altitude porte en lui des saveurs inédites.
- Et après ?
- La baignade dans le lac n’en est que plus réjouissante après un tel effort. On ne se baigne pas de la même manière en fonction des péripéties qui nous conduisent.
- Si en plus il faut théoriser la baignade. Très peu pour moi. A travers la nage, je veux pouvoir me libérer de toute cette réflexion qui occupe mon esprit le reste de l’année.

- Et pour quelles raisons, les vacances devraient-elles s’absoudre du goût de l’effort ?
- Justement parce que les vacances marquent une pause dans les activités, pour que le corps comme l’esprit se reposent. Et puis, j’avoue vraiment ne pas comprendre l’intérêt que vous trouvez à la marche.
La marche c’est un rythme comme un autre. Il est tout à fait possible d’adapter celui-ci au tempo des vacances. Marcher ne signifie pas aller vite ou avancer sans discontinuer. Marcher, c’est se donner l’occasion de découvrir des paysages, de rencontrer d’autres gens

-La marche c’est un rythme comme un autre. Il est tout à fait possible d’adapter celui-ci au tempo des vacances. Marcher ne signifie pas aller vite ou avancer sans discontinuer. Marcher, c’est se donner l’occasion de découvrir des paysages, de rencontrer d’autres gens. Les jambes se libèrent elles aussi du trajet imprimé quotidiennement domicile-travail. En empruntant les chemins buissonniers, le temps des vacances, il redevient possible de découvrir des sentiers inédits.

- Eh bien moi, c’est à la sieste que je dédie le lâcher-prise. Le libre arbitre de mes rêves est un chemin moins fatiguant mais tout aussi sinueux, croyez-moi.
- Pourquoi choisissez-vous alors cette destination ? La montagne est un lieu prisé pour l’exercice physique…
- … Et son air pur. C’est cela que je viens apprivoiser ici. Ma femme fait une cure thermale et je l’accompagne dans cette balade de santé.
- En effet, c’est une autre manière de profiter du bien-être du coin. Et de maintenir ainsi une certaine condition physique j’imagine. Néanmoins, la cure possède aussi ses contraintes pour ne pas dire des désagréments.
- Vous voulez parler des jets d’eau froide. Je les redoute. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de formule qui permette de les éviter. Tous les forfaits intègrent cette torture. Il paraît qu’ils participent aux bienfaits de l’exercice. S’en passer reviendrait à perdre tout le bénéfice. Et je peux vous dire qu’au prix que ces petites douceurs me coûtent, je ne perds rien.

- Si je comprends bien, vous acceptez de prendre un peu sur vous dans la perspective du soulagement à venir.
- C’est vrai, mais je me réconforte à ma manière. Chaque soir, je profite allègrement de ne rien faire d’autre que déguster les quelques spécialités culinaires de la région. Pour ma part, j’ai plutôt tendance à ramener des vacances quelques kilos supplémentaires.
- Vous voyez que vous aussi, vous accepter certaines contraintes durant vos vacances.
- Vu sous cet angle, ce n’est pas complètement faux. Je dois dire que j’envie votre ascension des sommets pour une chose, tout de même. Une fois là-haut, vous êtes libéré de la barrière rocheuse qui, d’en bas, me fait face quotidiennement. Je ne pourrai vivre continuellement ici".


La montagne, c’est vrai, oblige à poser un regard vertical sur l’environnement, à la différence de la plaine, qui s’ouvre sur un lointain horizon. Mais pensez-vous que l’on voit plus de choses à l’horizontal ? Les barrières rocheuses, comme vous dites, ramènent également à l’essentiel. Elles maintiennent le regard sur certains détails qui autrement se perdraient dans une trop vaste étendue. 












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