Quand le Bioparc prend de l'altitude


Rédigé par - Angers le Samedi 8 Avril 2017 à 07:50


"Les Fantômes de l'Himalaya" ont pris leurs quartiers au Bioparc de Doué-la-Fontaine. Une nouvelle attraction, nichée dans un amphithéâtre de 1 100 places, qui devrait fasciner autant qu'impressionner les visiteurs des lieux... et ouvre ce samedi 8 avril.



Sur un hectare de terrain, "Les Fantômes de l'Himalaya" a nécessité plus de 9 mois de travaux. Crédit photo : Kryzalid film.
Sur un hectare de terrain, "Les Fantômes de l'Himalaya" a nécessité plus de 9 mois de travaux. Crédit photo : Kryzalid film.
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Est-ce une vigie, un phare ou un totem de ralliement ? Après tout, peu importe le nom qu'on lui donne : fiché au cœur du nouvel espace réservé aux panthères des neiges du Bioparc de Doué-la-Fontaine, le tronc mort d'un vieux sapin récupéré dans un château voisin campe un lieu de grimpe idéal pour les félins, en même temps qu'il se dessine nettement à l'horizon, lorsque l'on approche en voitures des carrières de falun.
 
Que les voisins et automobilistes se rassurent : si, dans les semaines et mois qui viennent, ils aperçoivent la silhouette d'une panthère des neiges confortablement installée au faîte dudit tronc, nul besoin de consulter ou de s'interroger sur l'usage de psychotropes. C'est juste que le Bioparc et son tout nouvel espace dédié sont à deux pas.
 
Il y avait eu la Grande Volière, à la fin des années 2000, puis le Sanctuaire des Okapis, en 2013. Pour cette saison 2017, les responsables du parc animalier ont décidé de mettre à profit une partie -un hectare- des terrains acquis à un pépiniériste voisin pour convoquer "Les Fantômes de l'Himalaya". Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les équipes ont vu les choses en grand : un amphithéâtre de 1 100 places au lieu de l'actuel de 200 places pour assister à la curée des charognards, un décor sculpté dans le falun, inspiré par la forme alvéolaire -très présente dans la nature- une cascade artificiel dessiné dans l'antre des panthères des neiges...  

Les cimes inhospitalières de l'Himalaya ont nourri les ambitions du directeur du Bioparc, François Gay, qui a dessiné les plans de ces paysages creusé dans la roche. Un travail initié début juillet 2016, par un grand décapage, et qui a mobilisé les énergies de l'ensemble des équipes du lieu et de nombreux partenaires voisins (les palplanches qui constituent l'enceinte de ce nouvel écrin viennent ainsi des Verchers-sur-Layon).

A quelques jours de l'ouverture au public, ça s'active sévère sur le chantier. Engins de terrassement et équipes techniques du Bioparc se croisent, pour que tout soit prêt le jour J.

En laissant sur leur gauche la Cuisine des animaux -où ils peuvent se faire une idée de la popote servie chaque jour au millier d'individus du Bioparc- le visiteur s'initie aux Fantômes de l'Himalaya par le haut. L'espace des panthères des neiges apparaît, puis celui des markhors -une chèvre sauvage aux allures de bouquetin-, avant l'entrée dans l'amphithéâtre.

"Là, nous avons imaginé une scénographie originale pour la curée des charognards", explique le responsable de la communication, de l'éducation et du management environnemental du Bioparc, Manuel Lomont. Attention ! Il ne s'agit pas de "livrer un spectacle au sens du dressage", prévient-il, "mais il est possible d'amener de l'émotion tout de même, en offrant des conditions de confort optimales à l'animal et aux spectateurs".

Avec, notamment, une recette infaillible : celle de l'imaginaire. "Le terme "fantôme" relève à la fois du gentil Casper et de la frousse", commente Manuel Lomont. "On a voulu jouer sur cette ficelle-là en sollicitant la mauvaise réputation du charognard tout en réhabilitant son utilité dans la chaîne alimentaire."

Cette réalité, scientifique, le visiteur la retrouvera au fil d'une exposition fichée sur la roche, dans le tunnel de sortie situé au bas de l'amphithéâtre et qui serpente jusqu'à l'actuelle volière européenne. 200 m de tunnels en plus creusés à forces de convictions... et d'engagements. Car comme l'ensemble des actions menées par le Bioparc, ce nouvel Everest s'accompagne d'un projet nature, et pas n'importe lequel. La taille de l'amphithéâtre permettra au Bioparc d'introduire encore plus de vautours accidentés, et "d'optimiser la reproduction des oiseaux". Pas pour la gloire des lieux, mais pour leur réintroduction progressive en Europe. Le premier vautour fauve a été relâché dans les Cévennes en 1983, 40 ont suivi depuis, dans les Pyrénées ou en Bulgarie.
 
Moins visible que le gigantisme de l'amphithéâtre, la grande volière sud-américaine ou le nouveau nichoir des panthères des neiges, cette ambition de préservation de la biodiversité n'en est pas moins la raison d'être du Bioparc. Et une bonne raison de plus de flâner entre le Camp des Girafes, la Vallée des Rhinocéros ou le Canyon des Léopards, avant de rejoindre les Fantômes de l'Himalaya. Pour terminer cette visite au sommet.

Le site internet du Bioparc




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur

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