Quand le rock angevin s'exporte au Texas

Quand le rock angevin s'exporte au Texas (3/5)


Rédigé par Sébastien MICHAUD - Angers, le Mercredi 14 Mai 2014 à 07:31


Capitale du Texas jumelée à Angers depuis 2012, Austin accueillait du 1er au 4 mai la 7e édition de son « Austin Psych Fest » (ou « Levitation »). 4 jours de concerts regroupant la crème de la scène rock psychédélique américaine et européenne. Parmi les quelque 80 groupes présents (!!!), les Angevins d’Eagles Gift et, en coulisses, une délégation de la structure Austin Angers Music. Journaliste à Chérie FM et co-animateur de l'émission Rocking Angers sur Angers Télé, Sébastien Michaud était du voyage. Toute cette semaine, il nous en raconte l'essentiel.



Le rock d’Eagles Gift joue sur les tensions et les ruptures de rythmes (photo Sébastien Michaud).
Le rock d’Eagles Gift joue sur les tensions et les ruptures de rythmes (photo Sébastien Michaud).
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Vendredi 2 mai, le matin : sur la terrasse de la maison, Chris accorde sa basse. Dans un peu plus de 8 heures, l’instant de vérité. Devant lui, la set-list du concert (cool, « Germanium » est conservée !). Stw et Romain nous rejoignent, suivis d’Hugo, affublé d’un splendide T-shirt « chatons » digne des pires calendriers de La Poste. Du psychédélique 3ème degré version Eagles Gift. S’ensuit un petit bœuf acoustique avant que l’un d’eux ne s’interroge « Et on fait quoi pour le rappel ? » Réponse des trois autres : « Y’a pas de rappel ! »

11h30 : départ pour le Carson Creek Ranch, site du festival. Un immense champ poussiéreux bordé par les eaux vertes du Colorado. A notre arrivée, sur la grande scène, les Black Angels (groupe phare d’Austin et créateurs du festival) en sont encore aux balances. Pas le temps de se poser backstage pour Eagles Gift, convié à sa première interview U.S, puis à l’enregistrement d’un morceau acoustique pour la radio KUTX Austin.

16h30 : sous la « Levitation Tent », 2ème plus grosse scène du festival, le groupe est à quelques minutes de son concert. Visages tendus et accolades de rigueur. Chris débarque en 1er. Longue intro de clavier. Martèlement de la tom basse. Les 1ères notes de guitare de Romain sur l’instrumental « Memory » plantent le décor d’un western résolument futuriste.

Le rock d’Eagles Gift joue sur les tensions et les ruptures de rythmes. Guitares cristallines ou vrombissantes, voix noyées d’échos, rockabilly aérien ou transe sonore quasi chamanique. Fermez les yeux en plein désert et vous n’aurez besoin ni de peyotl ni de mescaline… Ou alors gardez les yeux ouverts sur Stw, transpirant sang et eau sous une capuche noire, sorcier rock’n’roll à la gestuelle 220 Volts. Trip garanti. Pas de « Germanium », en revanche...

Zombies, Dandy Wharols, Black Angels...

"Si le propre des grands groupes est de proposer des chansons très différentes les unes des autres en conservant le même son, alors les Black Angels en font partie" (photo Sébastien Michaud).
"Si le propre des grands groupes est de proposer des chansons très différentes les unes des autres en conservant le même son, alors les Black Angels en font partie" (photo Sébastien Michaud).
Trente minutes de concert, pas une de plus. Les ricains ne plaisantent pas avec le timing. Peu importe. Contrat rempli. Une prestation sauvage quand elle se devait de l’être et un public convaincu. « Pas mal pour ce qui était à la base un side-project », rigole Stw, vidé, devant la loge. « On a du donner seulement une 15aine de concerts depuis nos débuts… »

La suite sera tout aussi excitante. Quelques heures plus tard, le rock joyeusement foutraque des Black Lips fera encore monter la température d’un cran. « Les Clash de 77 avec le saxo en plus ! », me lance François Jonquet, le directeur administratif du Chabada. Back to the 60’s même, avec la pop des légendaires Zombies, suivie du set très attendu des Dandy Wharols. « Si l’on est encore là à jouer dans 30 ans, ce sera nous les zombies ! », se marre gentiment leur frontman, Courtney Taylor.

Qu’il se rassure, le son de son groupe n’a pas encore pris une seule ride. Gros frisson dans le public : Anton Newcombe, de Brian Jonestown Massacre (programmé le lendemain), rejoint les Wharols pour un morceau ! Pour comprendre la symbolique d’un tel geste, regardez « Dig ! », fabuleux documentaire sorti en 2004, mettant en lumières la complexe relation amour-haine existant entre les deux groupes…

Enfin, si le propre des grands groupes est de proposer des chansons très différentes les unes des autres en conservant le même son, alors les Black Angels en font partie. Concert de très haute tenue et clap de fin sur ce 1er jour de festival.

Ils jouaient aussi hier soir au Chabada...

Mardi soir, pour leur live en terrain connu, les Eagles gift ont tout fracassé. Visiblement remis du jet lag austinien, les quatre gus ont su convaincre au-delà du raisonnable. Inutile de tartiner sur ce set. Les lignes abrasives ci-avant de notre confrère Michaud sont éloquentes. A ceci près, peut-être, que ce side project est autre chose : comme une alliance néo-beatnik où sont conviés des potes tel Maxime Dobosz, la tête pensante de San Carol présente hier. Ces aigles ressemblent à un crossover de ce qui fait de mieux actuellement à Angers, et un boys band psyché-pop.

Car non contents de mettre le feu aux amplis et de réjouir les tympans, le quatuor ne compte que du beau linge plastiquement parlant. Voyez, mesdames ET messieurs, le minois de Romain. On lui donnerait le bon dieu sans confession. Ses compères n'ont rien à lui envier. Ces mecs combinent compos proches de la perfection et physiques accortes. Bien vu. Et bien foutus. Qu'ajouter ? Si ce n'est qu'une fois de plus, hier, le public rock local a, en grande majorité, confondu messe sismique et défilé de mode. Ce qui rime avec, comme le textotait un proche cette nuit, gastéropode. Drôle mais juste.

Cyrille GUERIN









1.Posté par Clean hair le 15/05/2014 14:31 | Alerter
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Quel dommage d'avoir inséré l'encart "Ils jouaient aussi hier soir au Chabada..." qui tient plus du journal intime du fan hystérique que du journaliste rock critic objectif...
Je veux bien croire qu'il faille s’enthousiasmer mais cela reste une belle verrue au milieu d'une suite d'article plutôt captivante et bien écrite (merci Sébastien).








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