Quand les archives racontent la République en Anjou


Rédigé par Isabelle GAUDINO - Angers, le Samedi 1 Avril 2017 à 07:30


Les archives départementales de Maine-et-Loire livrent leur nouvelle exposition « Vivre la République en Anjou ». Un parcours pédagogique qui éclaire l’histoire locale des deux derniers siècles en bousculant certaines idées reçues.



Christophe Barlier, Claudine Poulet et Sylvain Lavergne, les trois enseignants associés au projet.
Christophe Barlier, Claudine Poulet et Sylvain Lavergne, les trois enseignants associés au projet.
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« L’Anjou a été une terre peu accueillante aux idées républicaines. La République a d’abord été perçue comme un élément de pagaille et de rejet ». C'est clairement dit. Et c'est Elisabeth Verry, la directrice des Archives départementales de Maine-et-Loire, qui le formule ainsi. En Anjou, l’installation des principes de la République s’est effectuée progressivement, voire douloureusement.
 
Petit rappel historique : Si la République est proclamée le 20 septembre 1792 au lendemain de la victoire de Valmy, elle ne s’imposera pas aussitôt en Anjou. En effet, sa volonté, notamment, d’imposer par la force la déchristianisation conduira à une guerre civile - les Guerres de Vendée- qui marquera très fortement le territoire angevin. Il faudra patienter jusqu’en 1848 pour la voir brièvement réapparaître, sous l'impulsion du préfet Grégoire Bordillon. 

Marianne, un symbole de l’Anjou
 
Jusque dans les années 1850, la figure de la République reste anonyme. C’est en Anjou que son nom sera dévoilé aux Français. En effet, une société secrète républicaine, la Marianne s’y établit sous Napoléon III.  En 1855, elle attaque la gendarmerie de Trélazé, vole des armes et projette d’entraîner la France dans cette révolte. Les meneurs seront dénoncés et sévèrement condamnés. Cette affaire aura une résonance nationale. Le nom de Marianne sera désormais connu par tous et associé aux valeurs républicaines.

Le Général De Gaulle en visite à Angers en mai 1965 (photo Archives Départementales de Maine-et-Loire).
Le Général De Gaulle en visite à Angers en mai 1965 (photo Archives Départementales de Maine-et-Loire).
Ce n’est qu’après la chute du second Empire en 1870 et la défaite des monarchistes en 1879, que la République finira par s’établir. Elle s’appuiera sur deux piliers : le maire et l’instituteur. A l’un revient le devoir de relayer l’action gouvernementale. A l’autre, la mission d’éduquer les jeunes générations dans l’esprit républicain. Dans ces terres de l’Ouest, « les instituteurs ont la volonté d’être prudents et neutres dans la diffusion de leurs idéaux. La laïcité est mise sous le boisseau » précise Sylvain Lavergne, professeur d’histoire géographie, l’un des trois enseignants de l’équipe éducative qui ont conçu cette exposition. « En Anjou, l’accès tardif aux valeurs de la République tient à la religion et à une forme de conservatisme social » souligne Christophe Barlier, professeur d’histoire géographie, également à l’origine de cette exposition.
 
La République à l’épreuve
 
La défaite de 1940 met fin à la troisième République en donnant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. L’Etat français de Vichy  efface tout ce qui peut incarner la République, et en premier lieu Marianne, à la fois détestée par les collaborateurs et figure emblématique de la Résistance. Dès juillet 1944, le gouvernement provisoire du Général de Gaulle en restitue principes et symboles. A Angers, Michel Debré, le premier préfet, assure ce  rétablissement. Le drapeau tricolore, la cocarde, la Marseillaise et Marianne retrouvent droit de cité.

Mais la République reste fragile. Elle résiste aux cohabitations et lorsqu’elle est menacée, comme lors des derniers attentats, les Français se mobilisent. 45 000 Angevins sont descendus dans la rue pour une marche républicaine le 11 janvier 2015, brandissant drapeaux tricolores et portraits de Marianne en larmes, autant de signes d’attachement à la République et à ses valeurs.
 
Aux Archives, de nombreux documents et objets issus de riches collections émanant de tout le département, illustrent  le parcours.  Des tablettes numériques sont mises à la disposition du public pour découvrir l’exposition en réalité augmentée. Fruit d’un an de  travail, cette rétrospective a pour objectif de donner au public scolaire une éducation citoyenne.
 
Exposition « Vivre la République en Anjou » jusqu’au 29 septembre aux Archives départementales, 106 rue de Frémur à Angers. Du lundi au vendredi de 9h à 18h sauf jours fériés. Entrée libre.

www.archives49.fr













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