Quand on l'attaque, l'empire végétal angevin contre-attaque...


Rédigé par - Angers, le 21/05/2016 - 09:49 / modifié le 22/05/2016 - 08:56


C'est une institution qui quitte le parc expo d'Angers, pour rejoindre celui de La Beaujoire, à Nantes. Le Salon du Végétal, plus grand événement professionnel dédié aux univers du végétal, changera ainsi de lieu et de date dès 2017. Une décision préparée dans le plus grand secret par son organisateur, le Bureau horticole régional (BHR), et qui a provoqué la stupéfaction puis la colère des professionnels et élus angevins, qui proposent de créer un nouvel événement lié au végétal, dès février 2017. Explications



Le Salon du Végétal avait attiré, pour sa 31 édition, près de 15 000 visiteurs professionnels, au mois de février dernier, au parc des Expositions d'Angers. Photo Jacques Moreau
Le Salon du Végétal avait attiré, pour sa 31 édition, près de 15 000 visiteurs professionnels, au mois de février dernier, au parc des Expositions d'Angers. Photo Jacques Moreau
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Sival, Salon des Vins de Loire, Salon du Végétal : au début de chaque année calendaire, le triptyque était devenu immuable du côté du parc expo d'Angers. Le charme plaçait Angers au centre de l'actualité végétale - en tout cas du point de vue des professionnels - mais il a pris ces derniers mois et heures un sérieux coup dans l'aile. Bien plus que la création du Salon VinoVision - qui réunira à Paris, au mois de février, les vins des vignoble de Loire, Bourgogne et Champagne - qui concurrencera de facto le Salon des Vins de Loire, l'annonce faite il y a quelques heures par le Bureau horticole régional, organisateur du Salon du Végétal - et basé aux Ponts-de-Cé - a mis le feu aux états majors politiques et professionnels de l'Anjou.

Alors que le dernier 31e Salon du Végétal, "new look" s'était tenu au parc des expositions du 16 au 18 février dernier, le BHR a décidé, pour 2017, de changer non seulement la date, mais également le lieu de l'événement, rendez-vous majeur du secteur, qui a réuni, malgré un contexte de crise latent, 500 exposants et quelque 15 000 acheteurs professionnels. Une édition parrainée par le présentateur de "Silence, ça pousse", Stéphane Marie et qui dessinait, comme nous l'avait indiqué Philippe Wegmann, le directeur du BHR, les contours d'un nouveau salon .

Le BHR entend organiser le Salon du Végétal au mois de juin 2017 au Parc expo de Nantes.
Le BHR entend organiser le Salon du Végétal au mois de juin 2017 au Parc expo de Nantes.
Aujourd'hui, les acteurs angevins ont effectivement l'impression d'avoir essuyé les plâtres. Ou en tout cas d'avoir été dupés par les organisateurs du Salon. Dans une adresse aux éventuels exposants puis un communiqué de presse, les responsables du BHR -injoignables ce vendredi - indiquent s'installer au parc des exposition de La Beaujoire, à Nantes, "pour répondre à un élargissement de l’offre. Le Salon du Végétal a besoin d’un parc plus grand et plus adapté", explique Serge Tsvétoukhine, commissaire général du salon. "Nantes et son parc de la Beaujoire vont permettre de développer les pôles, en intérieur et à l’extérieur, d’améliorer l’accueil des visiteurs français et étrangers, et d’organiser d’autres événements en même temps et au même endroit que le salon : congrès, colloque, salon d’enseigne". Autre annonce : le Salon du Végétal aura désormais lieu au mois de juin (du 20 au 22 juin 2017) : "Pour la distribution et la production, c’est après la pleine saison de printemps et cette période est propice pour les référencements et la préparation des saisons à venir. Les fleuristes sont plus disponibles, les fêtes majeures étant passées. Pour les collectivités et les paysagistes, le mois de juin permet des démonstrations en extérieur."

Un temps surpris, puis très vite remontés, professionnels angevins du secteur et élus locaux ont rejoint une "réunion de crise" (voir plus bas), vendredi en début d'après-midi, sous l'égide de Christophe Béchu, pour organiser la contre-attaque. "Tout ça s'est fait en cachette, dans le dos des Angevins, pour contenter les responsables du BHR, dont la plupart sont des Nantais", s'insurge un professionnel local.
"Tout ça s'est fait en cachette, dans le dos des Angevins, pour contenter les responsables du BHR, dont la plupart sont des Nantais"

Pour les Angevins, bien plus qu'une simple querelle de clochers, il s'agit là d'une véritable trahison. Et d'une ineptie. "Nantes, c'est le maraîchage. L'horticulture, c'est Angers !", avance Jean-Luc Gaignard, le directeur stratégies de Terres des Sciences, qui invite à méditer un exemple : "Le salon Hortimat était organisé à Orléans et marchait très bien. Voici une quinzaine d'années, le salon est parti à Paris-Villepinte pour se rapprocher de l'aéroport. Trois ans après, le salon n'existait plus !", illustre-t-il, moquant la volonté affichée des organisateurs de bénéficier du flux de l'aéroport Nantes-Atlantique.

Surtout, il conteste avoir été consulté, en tant que professionnel et exposant, comme le suggèrent les responsables du BHR. 

Quoiqu'il en soit, la nouvelle est un coup dur pour la filière végétale à Angers. Au-delà de la priorité affichée de l'équipe municipale, elle fédère les énergies du point de vue local. Une ambition partagée symbolisée par l'inauguration, au mois de septembre 2015, de la Maison du Végétal, co-financée par l'ensemble des collectivités locales -tous bords politiques confondus- l'Etat et l'Europe.

Réunis autour de Christophe Béchu, acteurs de la filière végétale et élus du territoire ont annoncé vouloir organiser un nouvel événement atour du végétal, en février 2017.
Réunis autour de Christophe Béchu, acteurs de la filière végétale et élus du territoire ont annoncé vouloir organiser un nouvel événement atour du végétal, en février 2017.
Reste que les acteurs -politiques et économiques- de la filière végétale angevine ne comptent pas en rester là. Au sortir de la réunion organisée vendredi midi par le maire et président de l'agglo, Christophe Béchu, les participants à cette réunion ont "déploré à l'unanimité la décision brutale et unilatérale du Bureau Horticole Régional (BHR) de délocaliser à Nantes le Salon du Végétal. Cet événement, organisé depuis 30 ans à Angers, bénéficiait du soutien de l’ensemble de la filière locale ainsi que de financements de la Communauté urbaine, du Département et de la Région". 

Et de poursuivre, dans un communiqué diffusé en début de soirée, vendredi : "Ce départ ne saurait remettre en cause l'écosystème angevin lié au végétal, ni la politique du territoire en la matière. L'identité angevine est historiquement et intimement liée au végétal. Pour mémoire, l’Anjou présente une concentration unique en Europe en termes de diversité des productions, de recherche et d’enseignements supérieurs, comme l'attestent l'inauguration du campus du végétal en 2015, l'arrivée de l’école d’ingénieurs en agro-développement international (Istom) à la rentrée 2018, ou encore la tenue du Congrès mondial de l'horticulture en 2022.
"En conséquence, les participants ont décidé à l’unanimité de travailler dès à présent à l’élaboration d’un nouvel événement professionnel en février 2017 à Angers, au cœur du territoire d'excellence horticole français."
"Nous travaillons dès à présent à l’élaboration d’un nouvel événement professionnel en février 2017 à Angers, au cœur du territoire d'excellence horticole français." 

Une contre-attaque éclair et massive, en somme, qui prend encore plus de poids lorsque l'on regarde de plus près les participants à cette réunion : aux côtés des professionnels du secteur et des chambres consulaires (CCI et Chambre d'agriculture), on retrouve bien évidemment les élus de la Ville et de la Communauté urbaine d'Angers, du Conseil départemental, de l'agglo de Saumur, mais également du Conseil régional des Pays de la Loire, en la personne de Patricia Maussion, conseillère régionale de la majorité en charge des questions agricoles. 

Largement de quoi mettre sur le tapis la question toujours prégnante de l'équilibre territorial et régional entre Angers et Nantes.

Une opposition municipale angevine à deux lames...
L'opposition municipale angevine, par les voix de Frédéric Béatse et Luc Belot, à, dans un premier temps, appeler "à mobiliser l’ensemble des acteurs angevins et tous nos réseaux pour faire revenir le Bureau Horticole Régional sur cette décision. Nous sommes disponibles pour soutenir toutes les démarches nécessaires."

Mais ça, c'était avant de découvrir le communiqué de presse rédigé au sortit de le réunion de vendredi après-midi. Depuis le ton s'est fait nettement moins consensuel. "C’est un véritable camouflet pour le Maire d’Angers et une très mauvaise nouvelle pour l’ensemble de la filière locale. C’est surtout le résultat de l’absence de vision de l’avenir de notre territoire. Le Maire avait fait du rayonnement un axe majeur de sa politique. Dans la page 31 de son programme municipal, Christophe Béchu dressait le constat suivant « Malgré ses atouts, Angers est aspirée par Nantes et n’existe pas suffisamment au-delà de ses frontières » et indiquait par conséquent vouloir « Renforcer l’identité végétale d’Angers pour valoriser ses atouts ». Après l’abandon du projet « Berges de Maine » qui constituait une formidable expression du végétal angevin, et le déménagement du Salon du végétal, force est de constater qu’il n’a pas su assurer à Angers sa place de leader du secteur.

Nous regrettons vivement ce transfert, tant sur le plan symbolique que pour ses conséquences futures. Il apporte la preuve une fois de plus qu’en matière d’attractivité et de rayonnement, les effets de manche et les déclarations d’intentions ne suffisent pas."




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur





1.Posté par barreau le 21/05/2016 15:23 | Alerter
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Les angevins payent leur gentillesse pour ne pas dire leur naïveté. Il n'y a qu'eux pour croire que Nantes est une alliée, moi je ne suis pas étonné car Nantes est une concurrente, les nantais ne roulant que pour eux.

Nous payons cher les incompétences des anciens maires d'Angers qui avaient pris l'habitude de prendre leurs ordres auprès de la région et de leur chef Ayrault à la mairie de Nantes...(rappelons nous Antonini qui voulait développer les coopérations avec le Mans et Tours et qui sou...

2.Posté par barreau le 21/05/2016 20:18 | Alerter
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lors du redécoupage des régions, l'occasion était trop belle de mettre une distance avec les nantais : les angevins n'en ont pas voulu, voilà les premiers résultats. Il faut bien comprendre que nous ne sommes plus rien, simplement une ville banlieusarde de la métropole nantaise au même rang que Saint Nazaire...








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