Quart'Ney : un bien embarrassant dossier judiciaire


Rédigé par Yves BOITEAU et Sébastien ROCHARD - Angers, le 25/10/2016 - 06:45 / modifié le 26/10/2016 - 09:39


L'association qui gère la maison du quartier Saint-Serge-Ney-Chalouère va porter plainte contre son ex-directrice. Et la Ville, se constituer partie civile dans le dossier qui s'est invité au conseil municipal lundi soir. Ex-élue régionale écologiste, Samira El Aloui est soupçonnée d'avoir réglé des dépenses personnelles avec l'argent de l'association. Elle en réfute le caractère délictuel et attaque parallèlement son ex-employeur aux prud'hommes.



Samira El Alaoui (à gauche sur la photo) a dirigé pendant 13 années la maison de quartier Ney-Saint-Serge.
Samira El Alaoui (à gauche sur la photo) a dirigé pendant 13 années la maison de quartier Ney-Saint-Serge.
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C'était une délibération sur table. Autrement dit, non prévue initialement dans le cahier soumis à l'approbation des élus. Lundi soir, le conseil municipal d'Angers a voté à l'unanimité la prise en charge partielle des frais de justice qui ne manqueront pas d'accompagner, les semaines et mois prochains, le différend opposant l'association Quart'Ney, gestionnaire de la maison de quartier du même nom, à son ex-directrice, Samira El Alaoui. 

L'affaire a déjà fait couler pas mal d'encre dans la presse locale depuis sa révélation le 7 octobre dans les colonnes du Courrier de l'Ouest jusqu'à la confirmation il y a quelques jours du dépôt d'une plainte contre l'ex-directrice de la maison Quart'Ney. En cause : des dépenses d'ordre privé que celle-ci aurait réglées sur les comptes mêmes de l'association qui l'employait. Il est question de près de 2 800€ au total, couvrant notamment une location de barnum et, selon ses dires rapportés par Ouest-France (8 octobre), des achats de "nourriture, de livres, d'abonnements à des magazines". Pas de quoi alerter le procureur de la République ? 

Le conseil d'administration de l'association Quart'Ney aurait découvert ces dépenses peu avant le départ en juin de Samira El Alaoui. Et décidé, dans un premier temps, de ne pas porter plainte afin de ne pas ébruiter l'affaire et la régler en interne. Mise à pied, l'ex-directrice aurait ainsi remboursé les sommes indûment dépensées et renoncé à sa prime de départ. Mais bien évidemment, l'information n'est pas restée confinée entre les murs de la maison de quartier. Sous la pression des salariés, elle serait remontée début juillet jusqu'à la mairie d'Angers qui a financé cette année la structure à hauteur de 185 000€ (40% de son budget). Grincements de dents et gros malaise : Samira El Alaoui n'est pas connue que dans le secteur socio-culturel. Ex-conseillère régionale EELV (jusqu'en 2015), elle est aussi une intime du conseiller municipal écologiste angevin Vincent Dulong.

Contre-attaque ?

La révélation début octobre de l'affaire dans la presse n'a pas qu'un effet amplificateur. Contre-attaquant, Samira El Alaoui dénonce les "pressions politiques" qui auraient été exercées, selon elle, sur l'association pour qu'elle quitte ses fonctions. Ce que répète aujourd'hui Me Julie Dodin, son avocate, qui a porté l'affaire devant les prud'hommes : "Le droit du travail n'a pas été appliqué et la relation s'est achevée de façon tout à fait intolérable et exceptionnelle. C'est un cas d'école." Et les faits justifiant le dépôt de plainte contre sa cliente ? "Le timing judiciaire (une première audience de conciliation doit avoir lieu prochainement devant les prud'hommes) fait qu'on ne peut pas communiquer. Nous ne voulons pas parasiter le travail de la justice mais nous sommes hyper sereins" explique l'un des membres du même cabinet d'avocat. 

Qui dit vrai ? Quelle est la vérité des faits ? Et trouveront-ils au final une caractérisation pénale ? "Il y a un besoin de clarté. Et seule la justice peut donner, à ce stade, une issue positive à cette affaire" a défendu Frédéric Béatse, l'ancien maire, pour la minorité municipale, qui a soutenu donc la délibération (en l'absence de Vincent Dulong). Sans doute le meilleur moyen de ne pas entretenir artificiellement l'idée d''un quelconque règlement de compte politique dans cette histoire, dont la résonance publique s'est révélée déjà suffisamment calamiteuse.

Après la place Saint-Léonard, c'est au délicat carrefour Rameau que la Ville entend s'attaquer.
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Saint-Léonard, Rameau... le plan "Places" se poursuit
C'était un engagement municipal : à chaque année sa rénovation d'une place. Après celle du Lycée en 2015, c'est la place Saint-Léonard qui se refait une beauté (fin des travaux prévue en avril 2017). Avant d'attaquer un gros morceau, avec l'aménagement du carrefour Rameau. Ça ne vous dit rien ? Mais si, voyons ! C'est le joyeux embrouillamini de voitures et de piétons au croisement des rues Saint-Julien, de l'Aiguillerie, Toussaint et Chaperonnière, non loin de l'entrée du parking du Ralliement ! Vous y êtes ? Eh bien à la faveur du renouvellement de canalisations hors d'âge, d'importants travaux vont être menés sur ce carrefour, de février à mi-juin 2017. "On va en profiter pour apporter un plus urbain, commercial et de cheminement piétonnier", avance le maire, Christophe Béchu.
La réalisation de la 2e ligne de tram devrait avoir "un impact positif" sur la circulation des quelque cinq lignes de bus qui empruntent ce carrefour, mais en attendant, il s'agit notamment d'élargir les trottoirs et de les daller. La minorité s'est abstenue sur le projet de réaménagement présenté lundi soir, estimant par la voix de Gilles Mahé, qu'il ne "mettait pas suffisamment en perspective" le problème plus global des flux en centre-ville.
 
Accessibilité 
Chaque organisme recevant du public a l'obligation d'élaborer un Agenda d'Accessibilité Programmée. La loi de 2005 prévoyait initialement une mise en conformité pour 2015 ; elle a finalement été repoussée à 2024. A l'heure actuelle, seuls 20 % des bâtiments de la Ville d'Angers (54 sur 279) sont considérés comme accessibles. Un devis sur l'intégralité des travaux à réaliser chiffre à 8 M€ le coût à engager pour la collectivité. L'assemblée municipale vote chaque année 1/9e de cette somme pour arriver, en 2024, à la mise aux normes de l'ensemble des bâtiments municipaux, qui nécessitent, pour chacun d'entre eux, un certificat d'un tiers extérieur confirmant une accessibilité tous handicaps.
 
Future patinoire : vers un retour à la délégation
On a déjà parlé dans ces colonnes de la construction d'une nouvelle patinoire. Mais la majorité municipale a présenté lundi en conseil municipal la manière dont elle pensait gérer l'équipement. A son ouverture en 1983, la patinoire du Haras avait été confiée à un délégataire. Un choix de délégation de service public (DSP) prolongé six fois jusqu'au début des années 2000, avant que la collectivité ne reprenne la gestion en régie municipale. C'est une nouvelle DSP qu'entend mettre en place le maire, parce "qu'un privé saura toujours mieux qu'un public faire venir des événements et vivre une tribune de 2 500 places". Dubitative -"Comment une DSP peut coûter moins cher ?" (Alain Pagano)-, la minorité s'est abstenue.
 
Angers Noyant Handball : complément "exceptionnel"
Cinq mois après avoir divisé par deux sa subvention au fonctionnement du club de hand phare d'Angers, redescendu au 3e niveau national, la Ville a corrigé le tir lundi soir. Au regard de "l'aspect tardif de notre décision" et des efforts de réorganisation du club ("partenariats", "billetterie", "économie sur la masse salariale"...), Roselyne Bienvenu a justifié l'octroi d'une aide complémentaire - un geste "exceptionnel" a répété deux fois Christophe Béchu- de 75 000€. Avec l'assentiment de la minorité qui avait critiqué la brutalité de la décision printanière de la majorité.
 









1.Posté par Depisan le 27/10/2016 13:24 | Alerter
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si la salariée a reconnu les détournements, alors la faute est qualifiée "grave", donc pas d'indemnités, mais des droits aux "Assedic"

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