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On en cause ...

Raymond Domenech… tellement impopulaire


Rédigé par Michel Barini - le 28 Mai 2010 à 15:46


À en croire les réactions qu’il déchaîne à son encontre, il serait pour l’heure l’individu le plus détesté du pays. Le sélectionneur de l’équipe de football ne laisse quasiment personne indifférent au point que chacun y va de son avis sur ses compétences. A son corps défendant, cet homme a réussi l’antithèse du plébiscite : faire l’unanimité certes… mais contre soi.



Raymond Domenech… tellement impopulaire
Déconcertant, méfiant, suspicieux voire caustique à l’occasion, Raymond Domenech ne goûte guère à l’exercice des conférences de presse et des explications. Constamment sur la défensive, il trouve sans doute dans cette pratique matière à agression et rétorque en conséquence par l’ironie ou le dégagement en touche. Sa façon à lui d’anticiper les critiques par l’offensive. Normal pour un footeux qui se doit de pratiquer l’art du contrepied. À l’évidence, cet homme est sûrement plus maladroit que véritablement cynique.

Pour autant, est-il seul responsable d’une situation qu’il n’a sciemment pas mesurée ou anticipée et pour laquelle il n’était vraisemblablement pas préparé ? Les caciques de la Fédération française n’auraient-ils pas dû trouver à l’occasion de sa reconduction - dès l’après 2008 - la parade en nommant à ses côtés un professionnel pour assurer la communication et rendre le personnage à ses prérogatives de sélectionneur et de coach. Rappelons cette fâcheuse demande en mariage formulée à l’adresse de sa compagne en pleine déconvenue de l’Euro 2008. Une navrante maladresse plus qu’une véritable provocation. D’ailleurs, il s’en excusait plus tard.

En outre, la récente nomination de Laurent Blanc à sa succession était attendue et souhaitée. En conséquence et en pleine préparation du Mondial, ces messieurs de la Fédération n’ont pas hésité à brusquer le calendrier pour satisfaire la vox populi dans son souhait de voir l’entraîneur de Bordeaux prendre les rênes de la sélection. Et qu’importe si le futur titulaire coûte deux fois plus cher que son prédécesseur, l’essentiel consistait à ramener la sérénité autour du onze national. Défenseur de Manchester United et de l’équipe de France, Patrice Evra, s’était publiquement étonné de cette précipitation.

Autre méthode pour s’attirer encore un peu plus l’ire des observateurs comme du grand public : les autorités fédérales n’ont pas trouvé mieux que d’envoyer le sélectionneur sur le plateau télé de TF1, à la Grand’messe du journal, afin d’annoncer la présélection pour le mondial sud-africain, coupant ainsi l’herbe sous le pied des journalistes et des médias qui attendaient un débat. Probablement une histoire de partenariat, d’exclusivité et de gros sous. Et pan ! Encore un coup sur la tête de l’infortunée tête de turc nationale qui se faisait vilipender derechef !

Mieux encore, avec l’initiative « ultime » prise par le 20 heures de France 2 ces derniers jours. Histoire de bien enfoncer le clou, la chaîne a sondé ses téléspectateurs avec cette question : « Faites-vous confiance à Raymond Domenech ? ». Avec bien sûr une réponse sans appel à la clé quelques jours plus tard : non à 90 %. Quel est le sens du mot « acharnement » déjà ?

Pourrait-on quand même se rappeler qu’en 98, le sélectionneur de l’équipe championne du monde, Aymé Jacquet, n’était guère en odeur de sainteté auprès des journalistes. Fort heureusement, ses détracteurs de l’époque - qui ne possédaient pas internet - ne pouvaient pas se faire entendre autant que de nos jours.

Pendant ce temps, les vrais supporters ont pris acte de la composition de l’équipe. Pour eux, l’ère des polémiques a cédé sa place au sport. Gageons que cet état d’esprit gagnera bientôt tout le monde car la bataille se jouera sur le terrain à onze contre onze. Avec un sélectionneur cantonné au banc de touche.

Michel Barini

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