Raymond Kopa, le bel adieu


Rédigé par Yves BOITEAU - Photos : Mario FOURNIER - Angers, le 08/03/2017 - 22:44 / modifié le 08/03/2017 - 23:26


Les obsèques du ballon d'or 1958 ont donné lieu à un vibrant hommage mercredi après-midi à Angers. Un adieu célébré à l'intérieur comme à l'extérieur de la cathédrale d'Angers, en présence d'une foule d'admirateurs, d'amis et de quelques-uns des derniers compagnons de l'épopée mondiale suédoise.



La sortie du cercueil derrière l'abbé Bruno Le Pivain, curé de la cathédrale d'Angers, et devant de très nombreux Angevins (photo Mario Fournier).
La sortie du cercueil derrière l'abbé Bruno Le Pivain, curé de la cathédrale d'Angers, et devant de très nombreux Angevins (photo Mario Fournier).
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Raymond Kopa s'en est allé, sa légende demeure. Même les plus jeunes des Angevins présents mercredi après-midi sur le parvis de la cathédrale peuvent désormais en témoigner.

Avant Griezmann et Pogba qu'ils admirent, avant Zidane et Platini qu'ont adulé leurs pères et parfois leurs grands-pères, un certain Raymond Kopaszewski, dit Raymond Kopa a fait vibrer, en France et ailleurs, des millions d'amoureux du ballon rond. Et ces vibrations, une foule d'anonymes a pu les ressentir une dernière fois mercredi au rythme des arrivées de grands noms du football venus lui rendre un ultime hommage. 

Particulièrement touchants, la présence et les mots de Just Fontaine, l'autre star de la Coupe du Monde en Suède en 1958 (il en termina meilleur buteur et Kopa, meilleur joueur). "C'était plus qu'un ami" dira celui qui fut aussi son coéquipier au Stade de Reims. Touchant aussi, le sourire ému du gardien corse Dominique Colonna, autre rescapé de l'aventure suédoise, venu spécialement de l'Ile de Beauté comme nombre d'amis de Raymond Kopa, qui y vivait l'essentiel de l'année.

Détonante, la délégation espagnole du Real Madrid, emmenée par le président du club lui-même, Florentino Pérez, qui n'a pas ménagé son temps pour saluer devant la presse française "un joueur qui a marqué une époque". "L'histoire du Réal de Madrid, c'est parce qu'il y a quelques années, de grands joueurs comme Raymond Kopa ont fait Madrid magique", glisse-t-il aussi au micro de L'Equipe.
"Tu as su devenir une star mais tu l'as fait dans la plus profonde et la plus parfaite humilité."  Jean-Paul Olivier

Just Fontaine, le compagnon de l'épopée suédoise de 1958 : "C'était plus qu'un ami" (photo Mario Fournier).
Just Fontaine, le compagnon de l'épopée suédoise de 1958 : "C'était plus qu'un ami" (photo Mario Fournier).
En ouverture de la cérémonie, présidée par le curé de la Cathédrale d'Angers, Bruno Le Pivain, c'est le journaliste Jean-Paul Ollivier qui retrace, sans une seule note, la carrière de Raymond Kopa. Formidable de justesse pour situer l'enfant, fils d'immigrés polonais à Noeux-les-Mines, sa "peur" lors de la remise de sa première récompense au stade de Colombes en 1949 lors de "la finale nationale du jeune footballeur", ses débuts au SCO d'Angers au sein d'une jeune équipe -"l'équipe biberon"- crainte et respectée. Puis son départ pour Reims sous la protection visionnaire d'Albert Batteux - "Raymond, si tu veux garder le ballon, garde le !"-, ses premières sélections nationales et ce surnom de "Napoléon Kopa" attribué par un journaliste britannique au lendemain d'une défaite de l'Angleterre à Colombes. Enfin la consécration sous le maillot du prestigieux Real Madrid : "Tu as su devenir une star mais tu l'as fait dans la plus profonde et la plus parfaite humilité." Vibrant !

Réussi aussi, l'hommage du Ministre des Sports Patrick Kanner, qui a salué dans l'itinéraire de Raymond Kopa, le fils de mineur, "l'idée que nous pouvons par notre travail devenir meilleur". Et dans l'itinéraire de Raymond Kopa, le fils d'immigré, une préfiguration de la France Black-Blanc-Beur de 1998 : "La Grande Histoire est faite de ces petites histoires". "Une légende qui nous quitte, un grand Monsieur qui s'en va" dira, à sa suite, William Boucher, le gendre de Raymond Kopa et père de son unique petite-fille. Avec les mots qu'il faut pour décrire derrière la star, "ce beau-père au caractère si fort""très pudique, sincère, pointilleux, protecteur" et qui, par dessus tout, "ne supportait pas la médiocrité". 

Au delà du talent et de l'élégance, cette exigence, dont l'abbé Bruno Le Pivain dira qu'elle ne rebute pas quand elle vient de celui ou celle qui se l'applique "d'abord à lui même", était l'un des traits de caractère de Raymond Kopa. Elle aura été respectée jusqu'au bout de sa cérémonie d'adieu. 












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