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Social
Refuser la misère : un acte citoyen.Rédigé par Yannick Sourisseau
- le 18 Octobre 2009 à 11:42
Pour le collectif du 17 octobre, la misère que connait aujourd’hui une frange de plus en plus importante de nos concitoyens, n’est pas une fatalité. Afin de sensibiliser l’opinion publique, mais aussi et surtout les politiques, les membres du collectif organisaient hier une lecture de témoignages dans les jardins du Mail, à Angers, dans le cadre de la journée mondiale de la misère.
Une jeune fille de l'institution Mongazon, pendant la lecture des textes.
Ils étaient dans la rue, en prison, sans travail, rejetés par la société qui les entoure et, ils s’en sont sortis et ceci grâce à une poignée de femmes et d’hommes, pas forcément des plus aisés, mobilisés pour leur venir en aide. « Le pire malheur de l’homme, ce n’est pas de manquer d’argent ou de travail, c’est de se savoir compté pour nul ! » disait l’un des responsables du collectif du 17 Octobre, du haut du kiosque du jardin du Mail, hier à Angers
Environ 250 angevins, parmi lesquels le Maire d’Angers, Jean Claude Antonini et Frédéric Beatse, adjoint, délégué aux Associations, à la Politique de la Ville, aux Quartiers et à l'Amélioration du Service Public, ont assisté à une lecture de témoignages, parfois poignants, lus par des « anciens exclus », mais aussi par des adolescents de l’institution Mongazon. Ces derniers ont interprété des textes d’auteurs, aménagés avec l’aide de leurs enseignants pour mieux souligner l’état de délabrement de notre société et sa capacité à abandonner les plus faibles sur les bords du chemin. Certains étaient émus aux larmes en lisant leur texte. Poignante aussi l’intervention de cette jeune mère de famille, exclue elle aussi de cette société qui dépense sans compter et qui l’a oublié. Elle a dit comment elle s’en sortait, avec difficulté, mais avec une rage chevillée au ventre, donnant au passage quelques leçons à tous ceux qui se plaignent avant d’avoir mal. Elle a expliqué, avec ses mots, ce qu’elle endure au quotidien, la discrimination dont elle fait l’objet parce qu’elle est d’origine maghrébine, les humiliations, tout ce que ce monde, totalement inhumain, lui jette au visage. « Je n’ai pas beaucoup d’argent, je suis retraité, mais j’en ai suffisamment pour vivre. Je ne peux pas accepter ce que j’ai pu voir » disait le photographe Albert Veillon, auteur d’une exposition personnelle intitulée « La vraie demande n’est pas entendue ». Ce dernier a accompagné plusieurs mois durant les équipes du Secours Catholique dans leurs tournées d’aide aux sans domiciles, mais aussi photographié le centre de distribution des Restos du Cœur ou encore un centre d’aide par le travail. Les photos sont en couleur pour ne pas dramatiser la situation. On y voit des SDF souriants, certains tentant de se réinsérer, malgré tout, dans cette société qui les oublie sans état d’âme. « Plusieurs d’entre-eux sont venus voir l’exposition. Ils sont très content que l’on s’intéresse à eux » disait le photographe quelque peu bouleversé par ce qu’il a pu voir au travers de son objectif. Cette exposition témoignage devrait circuler en divers lieux de la métropole angevine. Le collectif du 17 Octobre d’Angers composé des associations du Secours Catholique - AITA - ATD Quart-Monde, Fondation - St Vincent de Paul - Une Famille Un Toit, L’Abri de la Providence et la coordination SDF, a rappelé qu’il y a 22 ans déjà, le 17 octobre 1987, une plaque était déposée sur la place du Trocadéro à Paris, pour témoigner de la souffrance des plus pauvres. «Je savais plus quoi faire de ma peau » un recueil de témoignages des sans domiciles et de ceux qui ont réussi à s’en sortir, a été présenté lors de cette journée du refus de la misère, à Angers. Cet ouvrage, distribué aux élus sur place et que chacun devrait lire au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour comprendre, est parti d’entretiens réalisés par les animateurs de la coordination SDF. C’est un comédien, Thierry Charrier, très sensible à la solitude, a la souffrance et au besoin d’humanité de toutes ces personnes laissées pour compte, qui en a assuré la mise en forme. On en cause ... | Locales | Société | Culture | Economie | Environnement | Sports - Loisirs | Social | Portrait | Numérique | Services | Zoom sur ... | Billet d'humeur | video | vacances | meteo |
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