Régionales 2015 : les principales réactions


Rédigé par - Angers, le 14/12/2015 - 06:28 / modifié le 14/12/2015 - 06:28


Bruno Retailleau, Christophe Clergeau, Pascal Gannat, Sophie Bringuy, Jacques Auxiette... Voici les réactions des principaux acteurs de ces élections régionales en Pays-de-la-Loire, recueillies dimanche soir à l'Hötel de région à Nantes.



Régionales 2015 : les principales réactions
Bruno Retailleau (LR-UDI-MoDem) :
"Il y avait huit points d'écart au premier tour. Simplement, il y a eu une sorte d'interprétation qui consistait à dire que les électeurs allaient s'additionner mais c'est de moins en moins le cas, on le sent bien. La politique, ce n'est pas de l'arithmétique à droite comme à gauche, les électeurs sont libres et vont là où ils trouvent de la sincérité ou en tout cas, des projets mobilisateurs. Et donc, j'avais ce secret espoir qu'on puisse faire naître et entretenir une dynamique aussi pour le deuxième tour. En les confrontant à la réalité, je crois que les thèmes que nous avions retenus avant même les attentats -l'emploi, le chômage, les territoires abandonnés le civisme et ce qui fait qu'on est une communauté- étaient trois défis importants. J'étais encore il y a quelques jours avec une cinquantaine de maires ruraux de la Sarthe et ils ne comprenaient pas le score que le Front National avait réalisé dans leurs territoires.
Un immense merci. Une élection, une victoire, ça n'est pas un point d'arrivée, c'est un point de départ. Il y a des défis qui nous attendent, je rencontrerai le président Jacques Auxiette dès demain après-midi (ce lundi après-midi, NDLR) pour que la transition des dossiers se fasse le plus rapidement possible, je n'ai aucun doute avec lui que les choses se passeront bien. Maintenant, au boulot, très vite !"

Christophe Clergeau.
Christophe Clergeau.
Christophe Clergeau (PS, sur France Bleu Loire Ocean) :
"C'est une défaite claire avec entre 4 et 5 points de retard, que j'assume pleinement : j'ai appelé Bruno Retailleau dès que j'ai eu les éléments en ma possession pour le féliciter de sa victoire. C'est une défaite qui s'inscrit dans une tendance forte à l'échelle du pays où la mobilisation a profité d'abord aux Républicains. J'ai cependant deux éléments de satisfaction : c'est d'abord l'augmentation de la participation -il faut se réjouir de ce sursaut citoyen- et, deuxièmement, le fait que le Front National ne dirige aucune région (...).
Je ne veux pas rentrer dans des détails mais Bretagne, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, ce sont des régions beaucoup plus ancrées à gauche. Avec un peu plus de 37% des voix, je peux être battu en Pays-de-la-Loire avec un score meilleur que certains présidents de régions socialistes. C'est un score qui nous a permis de retrouver les voix de premier tour, je remercie vraiment tous les électeurs socialistes, écologistes, communistes et société civile qui nous ont fait confiance, mais la mobilisation a été en faveur de la droite.
Je ne crois pas que la fusion avec les écologistes a été contre-productive. Ville par ville, mon score souvent est plus élevé que le total des voix de gauche du 1er tour, y compris en Loire-Atlantique et près de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Je serai un homme d'opposition constructive à la Région, mais vigilant et sans concession car je continue à considérer que le projet défendu par Bruno Retailleau est un projet dangereux pour la cohésion de cette région, pour ses valeurs de solidarité, d'ouverture et de justice."

Pascal Gannat.
Pascal Gannat.
Pascal Gannat (Front National) :
"Je pensais qu'il y avait une marge de progression mais j'ignorais qu'il y aurait cette espèce de campagne collective de mobilisation qui s'est fondée sur la haine et sur le mensonge. Et qui a produit son effet de forte participation. En soit, une forte participation, c'est une bonne chose pour la démocratie sauf que là, elle repose sur des bases artificielles. Néanmoins, si on regarde notre région : nous avions 21,6% au premier tour, nous sommes à peine en dessous. Et si vous regardez toutes les régions en France, je crois que nous sommes le seul parti à avoir si peu reculé. Dans la Sarthe, nous avons progressé de 6 000 voix. Aux Herbiers, nous avons progressé de 50 voix. Ce que je veux dire par là, c'est que nous sommes satisfaits d'avoir fait une démonstration de force politique. Le vote Front National est bien un vote d'adhésion quand il est aussi stable.
Nous seront des lanceurs d'alerte à la Région. En démocratie, les lanceurs d'alerte sont souvent des gens minoritaires mais qui ont un poids énorme dans le choc en retour. Nous serons des opposants constructif mais fermes."

Sophie Bringuy sur le plateau de France 3 dimanche soir.
Sophie Bringuy sur le plateau de France 3 dimanche soir.
Sophie Bringuy (Europe Ecologie Les Verts) :
"Il n'y a pas eu de problème de report de voix, ce n'est pas une fusion ratée. La mobilisation du second tour s'est surtout faite au sein de l'électorat de droite. Pourquoi ? On va le savoir plus tard quand on analysera les résultats. En tout cas, le jour où enfin on un accord international sur le climat alors même que les régions devront être des acteurs de premier plan dans la transition écologique, avoir des élus écologistes dans une majorité, ça aurait été primordial. Je serai une élue d'opposition assidue contrairement à Yannick Favennec (conseiller régional et député de Mayenne) qu'on n'a pas beaucoup vu, et je ferai de mon mieux dans le cadre que nous accordera le futur président de Région. L'évacuation de Notre-Dame-des-Landes ?  J'irai sur place quoi qu'il arrive et je la défendrai cette Zone d'Agriculture Durable. Mes convictions ne ne changent pas en fonction du président de Région, et j'ose espérer que Bruno Retailleau saura raison garder sur le sujet car je ne voudrai pas qu'on ait un mort comme à Sivens."

Laurent Gérault.
Laurent Gérault.
Laurent Gérault (UDI) :
"Je tiens avant tout à noter le sursaut de mobilisation des électeurs. Entre 8 et 10 points, c'est considérable. Au premier tour, c'était extrêmement difficile de mener cette élection ordinaire, dans un contexte extraordinaire, entre les attentats, l'état d'urgence et la monté du Front national. Les gens ont compris ce contexte extraordinaire. Et cette mobilisation a profité, en Pays de la Loire particulièrement, à Bruno Retailleau, parce qu'il incarne l'homme efficace, avec son expérience. Il a su fédérer autour de lui et mobiliser autour de sa candidature, ce que la gauche n'a pas su faire, car elle a entretenu le flou dans son programme, bien au-delà de Notre Dame des Landes. A l'UDI, nous allons continuer à construire au sein de la majorité, avec beaucoup d'humilité et une responsabilité particulière de réussir à contrer la monté du malaise, en redonnant du sens à l'action politique."

Jacques Auxiette en discussion avec Christophe Béchu, le maire d'Angers.
Jacques Auxiette en discussion avec Christophe Béchu, le maire d'Angers.
Jacques Auxiette, président sortant du Conseil régional :
"Oui, c'est une déception. Mais lorsque cette réalité électorale s'inscrit dans un contexte national, la déception est moins forte que si nous étions l'exception. Bien évidemment, Bruno Retailleau a la majorité mais une majorité relative, ce qui me fait dire qu'elle imposera une autre manière de gouverner car personne ne peut se prétendre d'avoir la majorité absolue dans cette région. En 2010, j'avais été élu avec plus de 56% des voix, c'est pas tout à fait la même chose. Le contexte est différent mais ça veut dire que les pratiques politiques, l'organisation même de la décision doivent tenir compte de cette réalité là. Plus de 90% des propositions que j'ai faites au cours de ces dix ans ont été adoptées à l'unanimité, ça veut dire qu'on a un socle de valeurs communes qu'on est incapable de mettre en avant."



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