Renan Luce, un amoureux de la mélodie et de la rime


Rédigé par - Angers, le Samedi 19 Décembre 2009 à 22:35


Vendredi soir, Renan Luce a posé sa guitare salle Jean-Carmet, à Murs-Erigné, pour un concert riche en jongleries verbales et pirouettes visuelles. Malgré la météo hivernale des derniers jours, neige et verglas n’ont pas découragé ses fans, venus nombreux au rendez-vous.



Dans chaque chanson, il y a un peu « de mon caractère, mes états d’âmes, des choses que j’ai vécues, rencontrées ou entendues, des choses qui me touchent. Oui, il y a beaucoup de moi dans cet album. »
Dans chaque chanson, il y a un peu « de mon caractère, mes états d’âmes, des choses que j’ai vécues, rencontrées ou entendues, des choses qui me touchent. Oui, il y a beaucoup de moi dans cet album. »
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Faisant fi du froid, les spectateurs sont arrivés petits à petits, dans la salle de Murs-Erigné. Après une première partie menée avec brio par Julien Pras, as de la guitare sèche, Renan Luce, le poète guitariste, a pris le relais devant une salle comble.

Ami de la rime et de la mélodie finement travaillée, Renan le talentueux a plus d'un tour dans son sac. En complément des effets lumières, de grands rideaux en mailles de chaîne s’étendaient de part et d’autre de la scène, derrière les musiciens. Là, au gré des chansons, une animation de couleur blanche y était projetée : tantôt le titre de la chanson qui s'écrivait lentement, tantôt deux arbres qui poussaient de chaque côté, pour se rejoindre au milieu. Une touche d’originalité interactive, non sans rappeler le titre de son dernier album, Le clan des miros, sorte de clin d’œil faisant appel à la vision, en complément des textes et des mélodies des titres interprétés.

Sous ses airs de garçon timide, sur scène il est comme un poisson dans l’eau. Il s’adresse à son public, y compris aux enfants présents dans la salle lorsqu’il annonce La rue de l’oiseau lyre, ou encore quand il interprète On n’est pas à une bêtise près, bande originale du film Le Petit Nicolas.

« J’ai été agréablement surprise. Je m’attendais à quelqu’un de réservé, et en fait, pas du tout. Il est pétillant et surprenant. », s’enthousiasme Linda en fin de soirée.

« Moi, j’ai adoré la chanson sur les bêtises. C’était super bien », lance Laumane, 8 ans, qui assistait déjà à son deuxième concert de l’artiste.

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« J'embrasse les lecteurs d’Angers Mag, je leur souhaite de bonnes fêtes. J'espère les voir sur la tournée qui va se poursuivre longtemps. Ce sera un plaisir, car ce sont toujours des moments de rencontres riches. »
« J'embrasse les lecteurs d’Angers Mag, je leur souhaite de bonnes fêtes. J'espère les voir sur la tournée qui va se poursuivre longtemps. Ce sera un plaisir, car ce sont toujours des moments de rencontres riches. »
Quelques heures avant son concert en terre Angevine, Renan Luce nous avait accordé une interview.
Rencontre avec un amoureux de la mélodie et des bons mots.

Comment naît une chanson : musique et paroles ?
« Musicalement, c’est très instinctif : juste en prenant ma guitare, en cherchant des petites phrases qui se répondent les unes aux autres et qui forment une mélodie. Ou alors j’ai une idée, un bout de texte, un thème que je veux aborder et je me dis, musicalement ce serait dans ce style là que ça marcherait bien. C’est toujours un truc qui vient dans l’instant. »

« Et pour le texte, il y a deux temps. Un moment de rêverie et d’imagination, où je note un tas d’idées, des bouts de phrases dans des carnets ou au gré des rencontres, des choses que j’observe. Et après, il y a un moment plus laborieux, de travail de la structure de la chanson en elle-même : des rimes, des mots. »

Avez-vous une anecdote qui ait inspiré une chanson de ce nouvel album ?
« Le titre Chez toi parle d’un aménagement. Quelqu’un qui arrive dans un nouvel appartement. Il doit s’approprier l’âme du lieu qui a déjà été habité par la femme qu’il vient rejoindre. C’est une chanson, pour moi en tout cas, qui est directement inspiré du vécu. »

Comment vous est venu ce choix du titre de l’album : Le clan des miros ?
« Pour la chanson qui ouvre le disque et ce qu’elle raconte, ce qu’elle décrit de mon état d’esprit, mon état d’âme. Et puis, aussi parce qu’il y a ce mot clan qui est important dans ma manière de travailler. J’ai une imagination plutôt visuelle », alors le terme de miros s’est imposé de lui-même.
« L’album se finit par le titre Femmes à lunettes, comme pour faire un petit clin d’œil au titre de l’album. »

Quelles sont vos inspirations musicales ?
« Je suis très influencé, en ce moment, par toute la musique folk : les guitares acoustiques mises en avant, ce grain, un peu chaleureux, un peu rugueux aussi. C’est ça qui a guidé le premier titre de l’album, Le clan des miros, mais aussi pas mal d’autres. Le début du travail de ce disque est venu de cette envie d’aller explorer cette texture, très chaude. »

Les rythmes sont plutôt différents d’un titre à l’autre.
Pourquoi ce choix ?

« J’aime que chaque chanson ait son univers. Par exemple, La rue de l’oiseau lyre raconte l’histoire d’un enfant qui part dans une sorte de bordel imaginaire pour lui. Il tombe sur des péripéties qui vont l’empêcher de mener à bien sa quête. Pour décrire cette ambiance, j’avais envie d’une musique un peu saloon. »

« J’aime bien qu’un album soit suffisamment riche. C’est un peu comme si j’emmenais les gens faire une balade avec des dénivelés, des moments où ça se calme, où on observe, des moments où on est un peu plus acteur, que ça s’accélère, que ça se ralentisse. J’aime bien me dire que les gens vont écouter l’album en entier, dans l’ordre où je l’ai imaginé. »












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