Rentrée scolaire : chacun reprend son rythme...

la semaine de la rédaction


Rédigé par - Angers, le 06/09/2014 - 06:56 / modifié le 10/09/2014 - 10:56


C'est fait ! Depuis le début de la semaine, quelque 190 000 enfants angevins ont repris le chemin de l'école, dans le primaire ou le secondaire. Si la question des rythmes scolaires reste prégnante dans le premier degré, elle n'est pas la seule préoccupation des autorités compétentes pour cette année 2014-2015. Tour d'horizon.



Près de 90 000 enfants ont effectué leur rentrée scolaire dans le premier degré, public et privé confondus.
Près de 90 000 enfants ont effectué leur rentrée scolaire dans le premier degré, public et privé confondus.
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Au mois de juin dernier, à l'heure où le parfum des grandes vacances commençaient à sérieusement sentir bon pour les écoliers, syndicats enseignants et collectifs de parents se mobilisaient à Angers pour dénoncer l'organisation de la semaine scolaire mise en place par la toute nouvelle municipalité... et donnaient rendez-vous aux acteurs éducatifs à la rentrée scolaire pour poursuivre le mouvement.

Nous y sommes, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la contestation aperçue au mois de juin à Angers s'est fait discrète, depuis le début de la semaine. Oui, les syndicats ont avancé dans la presse une progression du "malaise enseignant", et chacun restera attentif aux premiers retours sur la semaine à 4,5 jours. Mais au regard de cette semaine de rentrée scolaire, il semble, comme l'exprime le Directeur académique des services de l'Education nationale (Dasen), Luc Launay, que "le temps des débats passionnés est passé".

Balayées, les craintes de voir de nombreux enfants des écoles publiques angevines rejoindre des établissements privés. Les chiffres le prouvent, à Angers comme ailleurs : si les effectifs de l'enseignement catholique ont augmenté, ceux du premier degré public ont également pris le même chemin.

Angers, un chantier à affiner

Ahmed El Bahri, adjoint au maire d'Angers, chargé des affaires scolaires.
Ahmed El Bahri, adjoint au maire d'Angers, chargé des affaires scolaires.
Chaque collectivité va maintenant pouvoir juger, à taille réelle, de l'efficience de la réforme scolaire. "Nous sommes désormais dans une dynamique de gouvernance", explique Ahmed El Bahri, adjoint au maire d'Angers en charge de l'éducation. "Il faut capitaliser sur les expériences, accompagner et soutenir les équipes. Surtout, et c'est une priorité, nous allons inscrire davantage les actions en lien avec la réalité du terrain". En clair, en lien avec les équipes éducatives, adapter les Temps d'Activités Périscolaires (TAP) en fonction du territoire, de l'environnement des écoles.

La Ville d'Angers, dans une forme de prolongement de l'action qui avait été menée par l'équipe précédente, a recruté près de 50 animateurs en plus, portant leur nombre à 300. De quoi répondre à une ambition portée avec force par Ahmed El Bahri : "Je suis convaincu que le dispositif peut participer à la réussite pour tous. Ce vers quoi l'on tend, à Angers, sur une année, c'est une activité sportive, culturelle et citoyenne par élève. Mais les TAP peuvent aussi bien éviter le décrochage scolaire que permettre l'excellence. Dans cette réforme, c'est la dimension d'équité qui me motive le plus", conclut l'adjoint, comme un sacerdoce.

Le privé prendra son temps

Autour du directeur diocésain Philippe Trillot (deuxième à gauche), les équipes de la DDEC travaillent à une mise en place de la semaine de 4,5 jours généralisée à l'horizon de la rentrée 2015.
Autour du directeur diocésain Philippe Trillot (deuxième à gauche), les équipes de la DDEC travaillent à une mise en place de la semaine de 4,5 jours généralisée à l'horizon de la rentrée 2015.
Pas de sacerdoce, du côté de l'enseignement catholique, mais une "réelle volonté de continuer la réflexion" autour de la réforme des rythmes scolaires, pour qu'il y ait "un mouvement plus globale à la rentrée 2015", affirme le directeur diocésain, Philippe Trillot.

Pour l'heure, 70 des 238 écoles de l'enseignement catholique ont franchi le pas, "là où les collectivités avaient mis en place des projets cohérents, avec une prise en charge de l'organisation des temps scolaires ainsi que des TAP. Ça n'a pas été possible ailleurs pour des raisons économiques", tranche Philippe Trillot.

"Partenaire loyal" et "qui compte dans le département", l'enseignement catholique -qui regroupe autour de 40 % des élèves du Maine-et-Loire- joue de fait un rôle majeur dans le système éducatif local. De quoi faire entendre sa voix. "Notre priorité, c'est de détendre les temps de l'élève. Pour ce qui concerne les temps de l'enfants (comprendre les TAP, NDLR), nous ne pourrons pas le faire ailleurs que dans le cadre de partenariats avec les collectivités", assurent les responsables diocésains, désireux "d'enlever les pollutions autour de cette question", mais attentifs à "ne pas devenir une variable d'ajustement pour pouvoir mettre en place les TAP".

Les Angevins manquent-ils d'ambition ?

Le directeur académique des services de l'Education nationale, Luc Launay.
Le directeur académique des services de l'Education nationale, Luc Launay.
Un discours qui a le mérite de la clarté, dans un contexte de profondes mutations, pour l'enseignement catholique. "Nous avons redécoupé le département en six territoires. Dans chaque bassin, nous allons mener une réflexion prospective sur l'état et l'avenir de notre institution", avance Philippe Trillot. L'enjeu : trouver des solutions, avec les collectivités, pour maintenir un maillage fort de l'enseignement catholique, "pas dans une logique de concurrence, mais dans une logique rationnelle".

Une logique qui pourrait aboutir, par exemple, à une dynamique de regroupement pédagogique, sur certaines zones du territoire, dans un contexte financier très serré. Pas un recul, mais une ambition nouvelle, comme celle affichée, à Angers, par la fusion prochaine des lycées Saint-Serge et Sainte-Marie en un seul établissement, le lycée Joseph Wrezinsky (du nom du fondateur angevin d'ATD Quart Monde), avec une internat de 250 lits pouvant accueillir tous les internes des établissements privés du centre d'Angers, au pied du tram.

L'ambition, autre mot-clé de cette rentrée, également dans les mots du directeur académique, Luc Launay. "Toutes les études montrent qu'il y a une différence d'insertion professionnelle très marquée entre les jeunes qui ont un diplôme, même de premier degré, et ceux qui n'en ont pas". Partant de ce constat, et des très bons résultats aux examens de fin d'année dans le département, Luc Launay relève "une difficulté marquée sur le territoire : celle de l'ambition des jeunes et de leurs familles sur le territoire".

En l'espèce, il s'agirait plus d'un manque d'ambition. En gros, la moyenne des élèves qui poursuivent leurs études après l'obtention d'un diplôme est inférieure de 10 % à la moyenne nationale, "alors même que les résultats aux examens sont meilleures. C'est le marqueur d'un certain déterminisme social, et l'on ne peut s'en satisfaire. Demain, nos territoires auront besoin de tous les talents."

Ça sonne comme un slogan. Mais pas seulement...

Les chiffres clés...

Premier degré : 54493 élèves* dans le public, 33 868 dans le privé.
Second degré : 36452 élèves dans le public, 32337 dans le privé

Le département compte 441 écoles publiques dans le 1er degré (maternelles et élémentaires) et 238 écoles privées.

*chiffres prévisionnels




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








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