Reportage en résidence : quand Elisa Lécuru raconte Orphée


Rédigé par Anne MELLIER - Angers, le Mardi 2 Février 2016 à 07:10


Elisa Lécuru, ancienne co-directrice du collectif angevin Platok, était en résidence fin janvier au Théâtre du Champ de Bataille à Angers. L’occasion pour elle de continuer à travailler « au plateau » sur son spectacle consacré au mythe d’Orphée, une histoire qui la fascine depuis toujours. Reportage.



Elisa Lécuru sur scène, à coté de son poste de travail
Elisa Lécuru sur scène, à coté de son poste de travail
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Assise à sa petite table de travail à l’avant de la scène, une jambe repliée contre elle, l’autre pendant dans le vide, Elisa Lécuru redresse ses lunettes rondes sur son nez, et relit quelques lignes sur son ordinateur en grignotant son déjeuner.

La jeune comédienne a passé la matinée à travailler sur son nouveau projet, un spectacle autour du mythe d’Orphée dans lequel elle évolue seule sur scène, mêlant théâtre, expression corporelle et danse contemporaine. C’est une « création au plateau », comme on dit dans le jargon du théâtre. « Une manière de créer en faisant », explique Elisa. « Je réfléchis à la mise en scène et aux dialogues, je les teste en évoluant sur scène et je construis le spectacle petit à petit. Mon corps tout entier devient un outil de création ». 

Cette méthode n’est cependant pas de tout repos, d’autant que la jeune comédienne de 32 ans se lance ici dans son premier projet en solitaire. Un projet pour lequel elle a reçu les conseils d’Alice May et de Damien Blumenfeld, d’anciens camarades de Platok, mais qu’elle conçoit entièrement, des dialogues à la mise en scène.

Son travail a commencé en décembre, lors de sa première résidence effectuée au sein du PAD (Pépinière artistique Daviers) et il se poursuivra fin février au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers (CNDC). Dans le domaine artistique, « une résidence est une sorte d’espace-temps ou l’on peut créer et travailler son spectacle », explique Elisa. Cette mise à disposition d’un endroit où travailler s’accompagne parfois d’une aide technique, comme celle d’un régisseur ici pour Elisa et se termine le plus souvent par une sortie de résidence, à savoir une représentation lors de laquelle l’artiste présente le fruit de son travail à un public plus ou moins large. 

Cette dernière est prévue le lendemain pour Elisa, mais en attendant, elle cherche, tâtonne, crée et détruit des morceaux de son œuvre, sans jamais perdre de vue le cœur de son projet : questionner le mythe d’Orphée. « Son histoire me fascine depuis très longtemps », avoue la comédienne. « A trop aimer Eurydice, à trop vouloir la posséder, il finit par la tuer, la détruire. Le spectacle est une enquête poético-symbolique autour d’Orphée ». La jeune comédienne se passionne pour le personnage : « C’est une victime coupable, envahit par le fantôme de celle qu’il aime. Sa mort le pousse à errer, et le fait descendre aux Enfers mais sur Terre »

Elisa finit par quitter son petit bureau et traverse la salle pour disparaitre derrière une porte. Lorsqu’elle réapparait sur la scène vide encadrée de rideaux noirs, c’est pour se glisser dans la peau de son personnage. Androgyne, avec ses cheveux courts et sa silhouette gracile, elle s’adresse au public, et dissèque la question qui l’obsède : « Pourquoi Eurydice a-t-elle disparu ? Est-ce uniquement à cause du geste d’Orphée, qui se retourne ? A cause de son intention de la voir, de s’assurer de sa présence ?"

Elisa évolue sur scène, sans autre support que son corps, ses gestes, les lumières et un peu de musique parfois. Par moment, elle hésite sur les mots à choisir, la gestuelle à esquisser, mais ne quitte pas son double rôle, celui de comédienne et de créatrice. Au fil du jeu, la question trouve ses réponses et le spectacle prend corps, soulignant le rôle d’Orphée. Son titre est provisoire, et sonne comme un dialogue à mettre dans la bouche d’Orphée : "I will make you hurt".












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