Retraites, 2200 manifestants et comme un fond de dépit

2200 personnes ont manifesté à Angers mardi contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Une modeste mobilisation, supérieure cependant à ce qui était attendu. L'occasion surtout pour nombre de fonctionnaires et salariés angevins d'exprimer dès cette rentrée amertume et déception à l'égard du pouvoir en place.



Retraites, 2200 manifestants et comme un fond de dépit
On leur avait promis un "flop". En réunissant plus de 2000 personnes - 2200 selon les syndicats et la police - dans les rues d'Angers mardi, CGT, Force Ouvrière, Solidaires et FSU ont pu finalement afficher une relative satisfaction d'ensemble au terme de leur défilé.

"C'est la preuve que la mobilisation engagée depuis plusieurs mois contre cette réforme des retraites paye" voulait voir Pascal Bouvier, le patron départemental de la CGT. Des quatre instigatrices de la journée d'action, l'organisation syndicale est sans doute la plus à même de se réjouir. Car de façon assez nette (plus de 50% ?), ce sont bien ses adhérents et militants qui ont donné un peu d'étoffe à un cortège étiré et bien calme pour ne pas dire résigné.

Comme si, à écouter les uns et les autres, en cette rentrée syndicale, le devoir militant l'avait emporté sur l'enthousiasme. "On a changé de gouvernement, mais on n'a pas changé de recette, tranche André, un militant de Sud, employé chez Orange. On veut donc alléger la durée de cotisation mais surtout ne pas toucher au capital et aux actionnaires."

Taxer les pauvres en épargnant les riches en somme ? Patrice, 53 ans, employé chez Renault, ne voit pas autrement la logique gouvernementale qui guide ce projet de réforme des retraites. Et affiche son dépit. "Quand j'ai été embauché, on nous annonçait 37 ans et demi de cotisations, maintenant c'est 42 ans et demi. Mais parallèlement, on nous pousse à partir en pré-retraite Ils n'ont qu'un seul but, c'est de baisser les pensions."

Lui aussi pense que l'argent existe "et qu'il faut aller taxer le capital", mais dit-il "les responsables politiques n'ont pas les c... de le faire". Il parle de l'amertume qui gagne les rangs syndicaux : "On vient parce qu'on est militant mais dans les boîtes, les gens ne nous écoutent plus. Ils préfèrent les urnes à la rue pour dire leur colère."

Des ex-Technicolor dans le cortège

Et les jeunes ? Comment expliquer leur si faible nombre hier dans le cortège alors que la réforme les concerne tout autant ? "Parce que la retraite, c'est loin pour eux, tout simplement" estime Patrice.

Pour Marie-France, la retraite, c'est bientôt en revanche. A 60 ans, elle achèvera dans deux ans une carrière partagée entre fonction publique et secteur privé. D'où la pancarte qu'elle a confectionné pour sensibiliser les regards autour de la question des polypensionnés. "Comme je n'ai pas fait les durées de cotisation de référence, ce sera une pension entre 20 et 30% de moins pour moi. Et comme je suis une femme, c'est la double peine parce que mon salaire est déjà moins élevé."

Quelques rangs devant, des ex-salariées de Thomson-Technicolor défilent discrètement derrière leur ancienne leader syndicale, Odile Coquereau. "Pour elles, ce n'est pas tant la retraite qui est un soucis que leur reclassement" indique celle-ci.

Le 16 novembre prochain, les contrats de sécurisation professionnelle qui garantissent aux licenciés de Technicolor le maintien de leur salaire arriveront à leur terme. Au delà, pour ceux qui n'ont pas retrouvé un travail, ce sera la bascule vers le chômage de longue durée. Une perspective qu'ils craignent certainement bien plus aujourd'hui que les incertitudes autour des pensions retraites.


Mercredi 11 Septembre 2013
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