"Revaloriser les produits agricoles est urgent !"

La Tribune du Lundi #LaTribuneduLundi


Rédigé par Sylvain PIET, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs 49 - Angers, le 20/07/2015 - 07:57 / modifié le 07/09/2015 - 18:44


Contribuer au débat public sur le territoire angevin et, à notre niveau, participer à l'indispensable vie des idées, c'est l'objet de [La Tribune du Lundi]. Alors que les agriculteurs viennent de manifester une nouvelle fois leur colère et leur ras-le-bol sous les fenêtres de la Préfecture de Maine-et-Loire, nous donnons cette semaine la parole à l'un d'eux. Sylvain Piet, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs 49 responsable d'une exploitation caprine, insiste notamment sur la nécessaire revalorisation des produits agricoles.



Jeudi dernier, les agriculteurs réunis sous l'égide de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont manifesté boulevard du Roi-René, devant les grilles de la Préfecture du Maine-et-Loire. Leur cible ? La grande distribution, coupable, selon eux, de ne pas partager ses marges. credit photo « L’Anjou agricole »
Jeudi dernier, les agriculteurs réunis sous l'égide de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont manifesté boulevard du Roi-René, devant les grilles de la Préfecture du Maine-et-Loire. Leur cible ? La grande distribution, coupable, selon eux, de ne pas partager ses marges. credit photo « L’Anjou agricole »
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De mémoire d’agriculteurs, nous n’avions jamais vu une crise aussi globale sur toutes les filières. Si la viande de porc, avec la concurrence étrangère, la viande bovine et le lait sont les filières qui souffrent le plus –en Maine-et-Loire, il y a une dominante d’exploitations bovin-lait et bovin-viande- les producteurs de volailles ou de céréales ne sont pas épargnés. La situation de plus en plus d’agriculteurs commence à être très critique : nous vendons nos produits à perte ou pour trouver un équilibre qui ne nous permet pas de vivre décemment, et encore moins d’investir.
 
Nous sommes une profession libérale et habituellement, nous sortons dans la rue pour dénoncer l’incohérence de décisions qui nous sont imposées, par exemple concernant la Politique agricole commune (PAC) ou les mesures environnementales, mais sortir uniquement sur la thématique des prix, toutes filières confondus… c’est très nouveau.
 
Cette situation s’explique par deux facteurs : la fluctuation de marchés devenus mondiaux d’une part, et que nous sommes prêts à accepter, si elle va dans les deux sens et qu’elle n’est pas plafonnée. Aujourd’hui, ça n’est pas le cas : les transformateurs et les grandes surfaces prennent les marges, font du volume, mais sans rémunérer le produit, avec notamment, sur certains marchés, un problème de monopole.

D’autre part, si les mesures existantes étaient mises en application, elles redresseraient certaines choses, même si elles ne feraient pas tout. Je pense notamment à une loi qui stipule qu’on ne peut pas vendre à perte : c’est vrai pour tout le monde… sauf pour les agriculteurs !
"Que les grandes surfaces et les transformateurs n’augmentent pas le prix au consommateur, ça ne me dérange pas du tout, mais qu’ils réduisent leurs marges ! Notre slogan est clair : Partagez vos marges !"

Dans le Maine-et-Loire, peu d’exploitations  mettent pour le moment la clé sous la porte : c’est surtout dû au fait qu’un agriculteur est capable de faire le dos rond pendant très longtemps, contrairement à une entreprise qui peut partir en liquidation assez rapidement. Mais on est à l’aube de très sérieux problèmes. En Bretagne, quelques 300 exploitations de porc ont cessé leur activité. Et souvent, le vent vient de l’ouest : quand les Bretons vont mal, ça se répercute automatiquement chez nous. D’ailleurs, nous y sommes : beaucoup d’agriculteurs vont avoir énormément de difficultés à se relever d’une crise comme celle-ci.

Sylvain Piet est le secrétaire général des JA 49
Sylvain Piet est le secrétaire général des JA 49
Dans ces conditions, et dans une crise qui est française –et pas européenne- il faut accepter de revaloriser les productions agricoles. Que les grandes surfaces et les transformateurs n’augmentent pas le prix au consommateur, ça ne me dérange pas du tout, mais qu’ils réduisent leurs marges ! Notre slogan est clair : Partagez vos marges !
 
Le message au consommateur est aussi assez simple : achetez français ! Un agriculteur, c’est 7 emplois induits. On a un vrai potentiel, à l’heure actuelle, dans les exploitations parce que l’on a beaucoup augmenté le volume de production par personne : il est très courant de voir des gens travailler 50, 60, 70 heures sur leur exploitation. L’objectif, si demain les rémunérations sont convenables, c’est de prendre des salariés ! A un moment où le chômage est important, c’est quelque chose de bienvenu, non ?

Plus avant, nous souhaitons simplement vivre de notre métier, sans être dépendant des autres. Pour le moment, sans les aides de la Politique agricole commune (PAC), c’est impossible d’y parvenir. A l’heure où l’on nous demande de faire de plus en plus d’efforts, où l’agriculture s’est adaptée à de nouvelles normes et où les exploitants sont prêts à en faire encore plus, il faut se rendre à l’évidence que tout ça a un coût : celui du produit !"









1.Posté par bareau le 20/07/2015 13:01 | Alerter
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Avec la fin des aides européennes directes à la production, la suppression depuis le 1er avril dernier des quotas laitiers et l'inondation du marché français par du lait polonais et allemand que les Russes ne peuvent plus acheter, c'est tout un pseudo modèle agro-productiviste fondé sur la course au toujours plus gros, au toujours plus grand qui s'effondre avec l'effondrement des prix lié à la surproduction, phénomène économique aussi indiscutable que la loi de la gravité renforcé par le cont...

2.Posté par FLEURY le 29/07/2015 02:29 | Alerter
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Acheter français ! Oui, mais quelle qualité ? Pour défendre quel type de production agricole ? Celle du toujours plus ? Le modèle productiviste agro alimentaire est en crise parce qu'il mène dans le mur, et toutes les manifestations n'y feront rien. Pourquoi certains paysans qui produisent moins mais mieux vivent-ils de leur travail ? Pourquoi les circuits courts alimentaires rémunèrent-ils les producteurs ? Pourquoi près de 11% de viticulteurs sont-ils passés au bio ? Plutôt que vous acharne...

3.Posté par Froidure le 01/10/2015 13:58 | Alerter
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