Riccardo Del Fra, musicien et compositeur pour le cinéma


Rédigé par - Angers, le 28/01/2010 - 23:19 / modifié le 31/01/2010 - 16:39


En ouverture de l'édition 2010 du festival Premiers Plans, il déclarait : « Qui aime le cinéma aime la vie ! » Rencontre avec un artiste passionné de musique et de cinéma, membre du jury longs métrages cette année.



Riccardo Del Fra
Riccardo Del Fra
Contrebassiste et compositeur de jazz italien
Après avoir étudié la contrebasse au conservatoire de Rome, il est rapidement sollicité pour des enregistrements de musiques de films, comme La cité des femmes, de Fellini. En 1979, il rencontre le trompettiste américain, Chet Baker, avec qui il fait de nombreuses tournées, à travers le monde. Installé à Paris, depuis une trentaine d’années, il dirige aujourd’hui le département jazz et musiques improvisées du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Depuis une quinzaine d’années, il compose des musiques pour le cinéma. « C’est quelque chose que j’aime particulièrement faire, surtout avec Lucas » (ndlr : Belvaux), notamment dans Rapt, sortie en salle à l’automne dernier. « Pour moi, ce n’est pas une frustration d’être au service des intentions d’un réalisateur, c’est plutôt un challenge de créer un personnage qui maintient le fil à travers le temps du film. (…) Pour lui donner une identité sonore. »

Importance de la rencontre avec le public
« Lors d’un atelier d’été, j’ai rencontré Claude-Eric Poiroux et son équipe. J’ai vu comment l’organisation est impeccable, quel amour l’équipe a pour le cinéma. C’est important de garder cette efficacité, avec autant d’invités de qualité, autant d’ouverture d’esprit et de différences de point de vue, et en même temps garder ce côté humain. » Il accepte donc sans hésiter de rejoindre le jury 2010.

Etre transporté, oublier le reste et ressortir de la salle, différent
Se qualifiant d’assez bon public, il n’a pas d’a priori stylistique ou autre. « J’aime beaucoup découvrir ! (…) Je suis un homme normal, qui entre dans une salle, et qui a envie qu’on lui raconte une histoire », ce qui n’est pas un exercice si simple qu’il peut en avoir l’air. « Parfois, il y a des maladresses dans les premiers films, parfois il y a aussi du génie, des idées extraordinaires, innovatrices. (…) J’aime être transporté, oublier le reste, rentrer dans l’histoire et ressortir de la salle, différent. (…) La forme m’importe beaucoup : à quel moment telle chose arrive, à quel moment le film bascule. »

A voir, l’Armée des ombres et le Cercle rouge, de Jean-Pierre Melville
« J’adore Melville, particulièrement l’Armée des ombres et le Cercle rouge. J’adore également les films de Bertrand Tavernier, et je recommande tout particulièrement Dans la brume électrique. »

Une œuvre hybride en projet
« Je suis sur des projets, qui ne sont pas exclusivement jazz, ni cinéma. En ce moment, je suis en train d’écrire une nouvelle œuvre, dans laquelle j’aimerais intégrer plusieurs langages. Une musique savante, écrite, et l’inclusion de solistes aptes à l’improvisation, en peu de note. » Parallèlement, il poursuit des concerts en tant que contrebassiste.


















Angers Mag