Rythmes scolaires, pourquoi l'enseignement privé préfère attendre

Dossier : le casse-tête des rythmes scolaires (4/6)


Rédigé par - Angers, le 16/06/2014 - 07:39 / modifié le 18/08/2014 - 21:44


Un casse-tête, les rythmes scolaires ? Après la révélation des nouvelles organisations horaires choisies pour ses écoles publiques par la ville d'Angers, Angers-Mag fait le point sur ce dossier. En le remettant en perspective et en donnant la parole à certains de ses acteurs. Aujourd'hui, zoom sur l'enseignement privé dont la très grande majorité des écoles n’appliquera pas la réforme à la rentrée 2014. Pas par « opposition de principe », assure la direction diocésaine, mais par « manque de lisibilité ». Eléments d’appréciation.



Luc Trottier est le responsable du 1er degré à la Direction diocésaine de l'enseignement catholique (DDEC).
Luc Trottier est le responsable du 1er degré à la Direction diocésaine de l'enseignement catholique (DDEC).
la rédaction vous conseille
La carte du département est affichée en grand, à quelques pas du bureau de Luc Trottier, responsable du 1er degré à la Direction diocésaine de l’enseignement catholique du Maine-et-Loire (DDEC 49).
Nous sommes à la mi-mai. En vert, figurent les écoles sous contrat d’association qui pourraient adopter la semaine de 4,5 jours à la rentrée prochaine. En rouge, celles qui n’y passeront pas.

Au fil des mois et des discussions engagées à travers le département, les points rouges ont peu à peu manger les points verts. « Les 238 écoles ont engagé leur réflexion depuis longtemps », commente Luc Trottier. « A la mi-janvier, 40 % d’entre elles envisageaient de s’engager dans la nouvelle organisation de la semaine scolaire. Elles étaient moins de 25 % à la mi-mars, et encore beaucoup moins aujourd’hui », complète le monsieur 1er degré de la DDEC.

Au mois de février dernier, la décision unanime (hormis Bellefontaine, voir par ailleurs) des conseils d’établissements des écoles privées angevines de conserver la semaine à 4 jours a beaucoup fait causer, campagne municipale oblige. Pour ou contre, laïcard ou non, la position de l’enseignement catholique a de fait un impact sur la vie des communes, mais si rien ne le contraint, dans la loi, à adopter le décret Peillon.

Des doutes sur l'intérêt de l'enfant

Mais qu’a donc cette réforme de si repoussant qui braque à ce point les écoles privées, celles-là même qui s’étaient levées comme un seul homme en 2008 pour dénoncer le passage de la semaine scolaire de 4,5 à 4 jours, sous l’ère Darcos ?

« Nous sommes 100 % favorables à l’intuition de la réforme », tranche Luc Trottier. « D’ailleurs, sur la question des 9 demi-journées, vous trouverez très peu d’opposants, au sein de la communauté éducative. Ce que nous recherchons, c’est la cohérence territoriale… mais pas à n’importe quel prix ».

C’est donc la question financière qui ferait tiquer à ce point les écoles privées ? « Elle est loin d’être anodine, mais ce n’est pas notre point d’entrée. Le prix sur lequel nous ne transigeons pas, c’est le profit que peut en tirer l’élève. Et de ce point de vue, nous avons de nombreux doutes, notamment sur la régularité dans les rythmes », explique Luc Trottier, qui rappelle que la quasi-totalité des établissements privés du Maine-et-Loire ont été associés aux réflexions cette année, avec les collectivités, les associations et les représentants des écoles publiques. « Ca a donné des choses extrêmement intéressantes sur le fond, notamment au sein de nombreuses collectivités dans les Mauges. Nous avons avancé très loin, à travers des projets éducatifs de territoire. Mais beaucoup de choses se sont bloquées au moment où on a sorti la calculette », image Luc Trottier, qui milite, comme le SNUipp (si, si !) pour « la mise en place d’un grand service qui traiterait des questions périscolaires ».

Urgent... de poursuivre la réflexion

La barrière de la calculatrice, donc, mais aussi celle du recrutement. « Des collectivités ne sont pas en capacité de trouver le nombre d’animateurs suffisant pour assurer leur projet éducatif ».

Reste que la question financière est encore plus prégnante pour les élèves du privé… et cristallisent les attentions. « Les chiffres qui tournent pour évaluer le coût de cette réforme avoisinent les 300 €/an et par enfant. Une fois déduit les différentes aides, cela reviendrait pour nous à augmenter les frais de scolarité de 80 %. Ca n’est pas concevable que l’on puisse le porter », affirme Luc Trottier. Selon lui, « il y donc urgence à poursuivre la réflexion », avec une orientation claire, pour l’enseignement catholique, celle qui mène « vers l’adoption d’un nouveau rythme scolaire ».

« Nous présenterons des possibles », conclut Luc Trottier, qui prendra aussi à « ne pas réveiller la guerre scolaire. Je sens depuis quelques mois une certaine crispation avec les services académiques et les élus… » C’est sans doute une des raisons pour lesquelles la direction diocésaine a fait passer un courrier aux chefs d’établissements leur indiquant de « ne pas inscrire de nouvel élève sur le motif des rythmes scolaires ».
D’abord, apaiser. Puis ensuite trancher.

Le cas Bellefontaine

A Angers, l’école privée Bellefontaine a signé pour la rentrée 2013 une convention à titre exceptionnel d’un an : « Pour nous, un terrain d’expérimentation pour évaluer les apports d’un tel dispositif », évoque Luc Trottier. Un dispositif travaillé en lien avec les services municipaux et les moyens du fonds d’amorçage, mais dans lequel le chef d’établissement restait le référent. Une enquête a été menée au printemps, qui, « au bout de 6 mois, ne nous dit que très peu de choses, même s’il en ressort globalement une fatigue pour les élèves et un avis très mesuré de la part d’un nombre conséquent de parents et d’enseignants ". Une expérience sans lendemain ? A ce jour, la décision n’est pas encore prise…




Journaliste Animateur du blog " Des mots à la marge " En savoir plus sur cet auteur








Angers Mag















Angers Mag : RT @IncroyableSCO: Angers SCO à la pêche aux points face aux Merlus du @FCLorient ce soir (20h) à Jean-Bouin ! #SCOFCL #VibrezSCO https://t…
Samedi 3 Décembre - 12:56
Angers Mag : ChroniK'Ô Noir - #18 : "Plateau", de Franck Bouysse: Chaque mois, la journaliste Martine... https://t.co/V0soKdy4ie https://t.co/07YeiZrSfq
Samedi 3 Décembre - 09:00
Angers Mag : Report'Cité : portez la plume, s'il vous plaît !*: Un an et demi après son lancement, le... https://t.co/Qf1FyGW1iJ https://t.co/P8YYlZPYdm
Vendredi 2 Décembre - 19:06
Angers Mag : #musique De Macao à Pergolèse,la riche actualité de l'ensemble Amarillis @Angers https://t.co/hAW8WkdOUw
Vendredi 2 Décembre - 10:46


cookieassistant.com