SCO d’Angers : la Ville trop confiante ?


Rédigé par Yannick Sourisseau - Angers, le 16/02/2011 - 21:52 / modifié le 17/02/2011 - 21:30


Comment le président d’un club professionnel comme Willy Bernard a-t-il pu tromper autant de monde ? Les financeurs publics, comme la Ville d’Angers, n’ont semble-t-il pas pu voir le vent venir, le prévenu ayant, par des faux en écriture, réussi à abuser tous ceux qui lui avait fait confiance. C’est tout au moins ce qu’affirme ce soir la Ville d’Angers, par la voix de ses avocats.



Michel Houdbine, à droite, en compagnie des deux avocats, maitres Rouiller et Le Lavandier
Michel Houdbine, à droite, en compagnie des deux avocats, maitres Rouiller et Le Lavandier
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Pourquoi la Ville d’Angers ne s’est-elle pas inquiétée de la santé financière du SCO, avant d’attribuer des subventions ? C’est la question que se posent aujourd’hui les angevins. « Tout simplement parce que les bilans que l’on nous fournissait chaque année pour permettre l’attribution d’une aide financière de la ville ne laissait transparaitre aucune anomalie. Tout semblait normal », déclarait ce soir Maitre Rouiller et Le Lavandier, les avocats chargé de défendre les intérêts de la ville et par la même occasion de tous les angevins. « En plus ces bilans étaient validés par la DNCG (Direction Nationale de Contrôle de Gestion), l’autorité de tutelle du club. Pour nous c’était une garantie et nous ne pouvions qu’avoir confiance », renchérit Michel Houdbine, l’adjoint au Maire d’Angers en charge des sports, un peu tendu.

Et pour cause, le président du Club par ailleurs gérant de la société Next Génération, principal sponsor du club, est passé maitre dans l’art de l’abus de bien sociaux, le faux et l’usage de faux. Faisant l’objet de sept chefs d’accusation, le président aurait prélevé des fonds pour alimenter plusieurs sociétés dont il était le gérant, dont une offshore, antidatant les documents comptables pour que personne, et surtout les bailleurs de fonds ne s’aperçoivent de ses malversations.

Et pourtant des anomalies ont été constatées, par les deux commissaires aux comptes ayant travaillé sur la comptabilité de la société Angers SCO. En deux ans, cinq alertes ont été transmises au Parquet sans qu’aucun bailleur de fonds en ait eu connaissance. Le premier commissaire aurait même démissionné. Impensable penserait le premier quidam venu. « Il s’agit d’une société privé dans laquelle un financeur public ne peut s’immiscer. Les commissaires aux comptes ne sont pas tenus de nous transmettre leur rapport. De même nous n’avions aucun contact avec l’expert comptable du club, aucun texte ne l’oblige », précisent les avocats. Ce sont donc les seuls bilans comptables, au demeurant normaux, qui permettait à la ville d’attribuer ses aides.

Tout était donc basé sur la confiance et sur le fait que ces comptes étaient normalement surveillés et visés par la DNCG, le gendarme financier de la Fédération Française de Football. C’est donc une véritable surprise pour les financeurs publics qui dans le cas de la mise en examen du président ont désormais accès à un épais dossier de près de 4000 pages. Pour Michel Houdbine, tout semblait cohérent et rien ne permettait de refuser une aide conséquente au club d’Angers.

Pour l’instant, suite à sa mise en examen, le président Bernard n’est plus autorisé a géré la société Angers Sco, ni a pénétrer sur le stade Jean Bouin ou au centre d’entrainement, dans l’attente de son jugement prévu pour le 8 Avril. La subvention qui n’était pas intégralement versée au club est gelée. Il reste environ 30% à verser. Quand aux attributions périodiques permettant de financer la carte Partenaire, « elles seront poursuivies jusqu'à la fin de la saison afin que les angevins, dont ont sait qu’ils aiment le football, puissent continuer à aller voir les matchs », confirme Michel Houdbine.

Pour ce dernier l’affaire est technique afin de préparer la défense de la ville, laquelle s’est portée partie civile. « Au prochain conseil municipal, elle sera plus politique », déclare l’adjoint, lequel ne se fait pas de doute sur les attaques dont il fera l’objet, notamment de la part de l’opposition.

Voir le courrier adressé au Maire par la minorité au Conseil Municipal


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Yannick Sourisseau
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