Salon du Végétal : "Nos entreprises doivent continuer à s'adapter"


Rédigé par - Angers, le 15/02/2016 - 08:49 / modifié le 15/02/2016 - 08:49


Evénement phare d'une filière régionale horticole malmenée ces dernières années, le Salon du Végétal déclinera sa 31e édition du 16 au 18 février au Parc Expo d'Angers. Quelle est sa raison d'être ? A quels grands enjeux ses organisateurs doivent-ils répondre aujourd'hui ? Questions à Philippe Wegmann, directeur du Bureau horticole régional qui porte l'organisation.



Salon du Végétal : "Nos entreprises doivent continuer à s'adapter"
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Quelle est la vocation du Bureau Horticole Régional ?

"Il a été créé il y a 32 ans à l'initiative de producteurs de la région, essentiellement des horticulteurs et des pépiniéristes, qui souhaitaient bénéficier d'interventions techniques et de suivi de culture. Via le Bureau Horticole Régional, ils se sont ainsi partagés le recrutement d'ingénieurs. C'était et cela reste sa première vocation. Nous travaillons aussi sur l'accompagnement économique en terme de gestion, de finances et un peu, de stratégie. Un troisième volet porte sur la communication : le BHR aide les entreprises à prévoir et à réaliser leur communication, et gère aussi certaines campagnes pour des produits comme le Poinsettia. Et le quatrième volet, c'est la création d'événements dont le plus important est le Salon du Végétal."

Quelle est la raison d'être de ce salon ? A t-elle évoluée depuis ses origines ?

"Pour moi, elle est exactement la même : c'est de mettre en avant la production régionale, la production française et des intervenants du marché qu'ils soient distributeurs (jardineries, magasins, grandes surfaces, libres-services...), paysagistes, collectivités locales et fleuristes... Bref, c'est de créer du maillage et de la relation commerciale."
"Les moyens de communication électronique permettent tous les échanges commerciaux et de flux, mais ne remplacent pas le contact humain."
Avec l'accélération des échanges, est-ce que ce biais événementiel reste aussi important qu'avant pour les acteurs du marché ?

"Les relations ont beaucoup évolué et l'utilisation du salon aussi. Autant il y a quelques années, les utilisateurs venaient carrément avec un bon de commande et achetaient sur le salon. Ils avaient pris leur décision et réfléchi avant, on était presque sur une logique de vente directe. Aujourd'hui, la vocation essentielle, c'est de présenter des nouveautés, de faire le point et d'avoir un contact physique et convivial avec ses clients. Les moyens de communication électronique permettent tous les échanges commerciaux et de flux, mais ne remplacent pas le contact humain. Le salon cherche à montrer autre chose et amener le client vers des innovations."

Est-ce que le profil de vos exposants à évolué lui-aussi ? 

"Oui, il a suivi l'évolution des entreprises. Laquelle s'est accélérée ces dernières années sous forme de regroupements, les plus petits ayant tendance à disparaître. Pour pouvoir travailler avec des distributeurs de jardinerie, livrer sur un périmètre géographique suffisamment important, il faut atteindre une taille critique. Les indépendants se regroupent souvent sous une cellule commerciale de mise en marché. De fait, on connait une légère baisse du nombre d'exposants."

Votre périmètre géographique de recrutement d'exposants s'est donc agrandi ?

"Oui. Mais nous restons la première zone de production horticole française. Maintenant, d'autres zones sont présentes inévitablement parce que si on n'a pas une dimension nationale on n'intéresse pas forcément les acheteurs : c'est donc une nécessite et même si ces zones peuvent être considérées comme concurrentes, ce sont des collègues de marché qui permettent de toucher nos clients. Il y a aussi un ancrage européen avec des pôles espagnol, néerlandais, belge etc... La France reste le troisième marché européen après la Grande-Bretagne et l'Allemagne."

Dans quel état d'esprit êtes-vous avant cette 31e édition ?

"Un état d'esprit positif mais sans aveuglement. On est sur un marché de masse, important, très météo-dépendant qui a souffert en 2013 et 2014, s'est plutôt bien porté en 2015 avec une nuance sur les produits de pépinières : arbustes et arbres d'alignement marchent moins bien. Ca traduit une évolution de la consommation et c'est aussi une nécessité pour nos entreprises de faire du marketing, et d'étudier l'adaptation de leurs gammes. C'est aussi la raison d'être du thème de l'année : "Le jardin en ville". Sous toutes ses formes - un balcon, une terrasse, une cour, un square...- c'est un marché énorme. Mais si on n'a jamais autant parlé du besoin de végétal en ville, on s'aperçoit que le marché se tasse."
"Le consommateur qui faisait son jardin quoi qu'il advienne, par tout temps et sous la pluie, est en train de disparaître.

Comment composer avec ce paradoxe précisément. Les gens sont conscients de la nécessité de se mettre au vert, mais ne savent pas comme s'y prendre ?

"Tout le travail est de continuer à les séduire. Le consommateur qui faisait son jardin quoi qu'il advienne, par tout temps et sous la pluie, est en train de disparaître. Aujourd'hui, l'achat est beaucoup plus impulsif."

En quelques exemples, comment allez vous faire vivre le thème du salon au Parc des Expositions ?

"On a incité les exposants à mettre en avant sur leurs stands et dans leurs offres des produits qui sont adaptés au jardinage en ville, dans des pots, des bacs plutôt qu'en pleine terre. Pour les fournisseurs, idem : on leur a conseillé de ne pas proposer des substrats trop tourbeux pour avoir une meilleure rétention d'eau. Et puis, nous proposerons des petites conférences qui permettent d'aborder différentes thématiques, ainsi qu'une soirée spéciale avec une table-ronde mercredi soir qui réunira des représentants de toute la filière."

Faire évoluer les productions, très bien. Mais pour affirmer la présence du jardin en ville, n'y a t-il pas nécessité de travailler aussi sur l'éducatif ? 

"Sans doute. Il y a de très belles initiatives sur Angers, je pense à tout ce que fait Terre des Sciences. On a aussi une opportunité avec les Temps d'animation péri-scolaire de toucher les enfants. Enfin, on a la chance sur Angers d'avoir un très beau parc, Terra Botanica. Même s'il a été critiqué, nous, les professionnels, on est très content et nous avons confiance en la nouvelle direction du parc pour qu'il trouve encore mieux sa vocation."






 




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